‹ Traité des maladies et épidémies des armées [electronic resource]Chapitre 8 sur 127 · AGES · texte numérisé non relu

AGES

POPULATION CIVILE

Décès sur 1000.

ARMÉE ANGLAISE

Décès sur 1000 .

De 20 à

De 25 à

De 30 à

De 35 à

Faut-il voir dans cette action différente de l'âge en France et en Angleterre une question de race, comme le veut Boudin (3) ? Non certes, car en France, dans la population civile, la mortalité croît avec l'âge (de vingt à quarante ans) comme en Angleterre, et, s'il

(1) Statistique méd. de l'armée, 1866, p. 145.

(2) L. Laveran, mém. cité.

<?>) Etudes statistiques et médicales sur les armées étrangères, par Boudin (Rec. mém. de méd. militaire, janvier 1867).

s'agissait d'une influence de race, elle devrait se faire sentir dans la population civile comme sur l'armée. Les différences dans les modes de recrutement et dans l'organisation des armées anglaise et française fournissent une explication bien plus naturelle.

« L'armée anglaise, recrutée par des engagés volontaires d'âges dif- j férents entrant dans la vie militaire successivement et à toutes les époques de l'année, adoptant enfin la profession militaire comme un ] état définitif, subit la loi de la déchéance organique et de déclin des forces de la vie suivant une progression qui croît comme le nombre des années... Si nos jeunes rec'rues ont à souffrir d'une mortalité exceptionnelle dans les premiers temps de leur incorporation, c'est qu'encore accessibles aux maladies de la deuxième enfance, suivant la judicieuse observation de Michel Lévy, ils rencontrent au milieu des agglomérations humaines auxquelles ils viennent se mêler, les germes de toutes les contagions (1). »

Ce qui prouve qu'il y a là une question de recrutement et d'organisation militaire, non une question de race, c'est qu'en France les corps recrutés comme l'est l'armée anglaise ont comme elle aussi une mortalité qui croît avec l'âge (garde de Paris).

En Angleterre, dit M. Ély (2), l'opération du recrutement se fait avec plus de soin qu'en France, c'est une opération toute médicale; par suite, la mortalité est moindre dans la première année de service que dans l'armée française; le soldat anglais reste sous les drapeaux, il fait de la vie militaire sa carrière, tandis que le soldat français doit •se rengager s'il veut rester dans l'armée, et subir au moment du rengagement une visite médicale sévère.

Quoi qu'il en soit, il est constant que clans l'armée française la mortalité la plus forte porte sur les premières années de service; il est à craindre, par conséquent, que la loi nouvelle de recrutement, en augmentant dans une très-forte proportion le nombre des jeunes soldats, n'accroisse le nombre des décès; pour prévenir ce fâcheux résultat, il faudra redoubler de vigilance et s'occuper avec soin de l'hygiène des casernes.

Armes. Grades. — La mortalité par armes est influencée par deux facteurs : sélection plus ou moins parfaite au moment du recrutement;—bien-être plus grand qui résulte de la solde plus élevée dont jouissent certains corps.

Les corps spéciaux qui sont recrutés avec grand soin : gendarmerie

(1) L. Laveran, Recherches sur les causes de la mortalité de V armée servant à

l'intérieur, loc. cit. .

(2) L Armée anglaise à l'intérieur et dans les possessions britanniques (liée.

mém. de méd. militaire, septembre 1869).

de la Seine, gendarmerie mobile, gardes républicains, sapeurs-pompiers, et qui toucbent une solde plus élevée que le reste de l'armée, sont ceux qui présentent la mortalité la plus faible : 0.67 sur 1000 {Statistique médicale pour 1872).

L'infanterie légère est mieux recrutée que l'infanterie de ligne; le

.commandant de recrutement qui assiste aux conseils de révision

me manque pas de placer dans les chasseurs à pied tous les hommes

'vigoureusement constitués, bien taillés pour la marche et la course; aussi, toutes autres circonstances égales d'ailleurs, la mortalité dans

l l'infanterie légère est de 7.51, tandis qu'elle s'élève à 9.21 dans l'infanterie de ligne (statistique pour 1872). Autrefois c'était la garde

'impériale qui présentait le chiffre de décès le plus faible, pour les

.'motifs énoncés ci-dessus.

Le tableau suivant donne le détail de la mortalité par armes dans Tannée française pour les deux dernières années dont nous possédons

!la statistique (1869-1872).

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