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Après les saignées générales , lorsque la fièvre et l’inflammation sont beaucoup moins vives, et que le Rhumatisme devient fixe, les saignées locales faites au-dessus de la partie affectée par le moyen des scarifications, ou par l'application des sangsues , sont géné- ralement très-avantageuses. C’est ce qui a été d'abord reconnu par Baillou , et ensuite par Sydenham , Boerhaave , Cullen , etc.
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Le soulagement singulier que procurent ces saignées locales , dépend bien moins de l'évacuation du sang , que du déplacement qu'elles occasionnent d’une partie du sang qui fait l'engorgement rhumatique , et surtout de la détente qu'elles opèrent en modifiant la sensibilité dans la partie affectée.
En effet , suivant qu'Hoffmann l'a observé, les scarifications , même les plus profondes, faites au-dessus de la partie affectée de Rhumatisme , après qu'on y a appliqué des ventouses, n’évacuent que fort peu de sang.
Il est essentiel d'observer , que dans le Rhumatisme (même chronique }, si, à raison de la foiblesse du malade, l’on n'a fait précéder qu'imparfaitement les évacuations de sang , et autres générales qui pouvoient être indiquées ( de sorte qu'on n'ait pas dissipé par ces moyens la disposition au renouvelle-
ment de la fluxion inflammatoire }, une sai-
gnée locale assez forte , opérée par l'application des sangsues, peut déterminer dans la partie affectée une aggravation considérable et permanente des effcis du Rhumatisme.
J'en ai vu des exemples.
Après les évacuations de sang, lorsqu'elles ont été indiquées, on peut opérer des révulsions utiles dans la fluxion du Rhumatisme aigu, par-le moyen des-purgatifs et des diaphorétiques. Ces évacuans révulsifs sont d'autant plus souvent bien placés, qu'il est rare que le Rhumatisme aigu soit simplement inflammatoire.
Les purgatifs conviennent principalement dans le Rhumatisme aigu des sujets, chez lesquels la bile ou la pituite abondent et sont en mouvernent.
Dans ces sujets, il faut peu saigner ; mais on doit s'occuper de dissiper la plénitude de ces humeurs bilieuses ou pituiteuses, qui peut aggraver ou renouveler la fluxion rhumatique. Je suppose toujours que ces humeurs ne déterminent point une fièvre putride des premières voies, qui formeroit une véritable complication dans ce Rhumatisme aigu.
Le petit-lait pris en assez grande quantité, est utile dans ces cas pour tenir le ventre libre. Des purgatifs salins, ou autres modérément actifs, sont alors bien placés.
fais il ne faut pas les répéter, ni en porter les doses au point d'exciter des évacuations qui ruinent les forces, ou qui détournent la crise par les sueurs que la natnre peut affecter. |
Dans les premiers temps et dans l’état du Rhumatisme aigu, on ne doit employer que des diaphorétiques et des diurétiques trèsdoux pour faire révulsion. L'infusion de fleurs de sureau nitrée est alors une des boissons les plus convenables. :
Les diaphorétiques et les purgatifs qu'on oppose à la fluxion aiguë rhumatique , surtout lorsqu'elle porte sur des siéges bien déterminés, doivent être réglés dans les divers états de cette fluxion, quant à l’ordre de Icur succession et aux proportions de leur activité, d’après les indications que présentent la constitution particulière de chaque malade , ainsi que le siége et la dominance respective des élémens sensibles de chaque affection rhumatique.
He on à
Quand on a insisté suffisamment sur les évacuations révulsives de la fluxion rhuma-
tique, et que celte fluxion est presque en
Cut fixée ou circonscrite dans les parties affectées , il faut tâcher de résoudre l’engorgement qu'elle a formé dans ces parties, non-seulement par l'application des sangsues, comme il a été dit; mais encore par des résolutifs efficaces, tant externes qu'’internes. Pour opérer cette résolution, il peut être fort utile d'appliquer des vésicatoires audessus des parties principalement affectées; mais il faut les faire précéder d'une évacuation de sang suffisante, et attendre, pour les appliquer, que la fréquence et la dureté du pouls soient notablement diminuées.
Tissot dit qu'il ne faut jamais employer les vésicatoires, tant que la maladie est accompagnée d'un pouls dur. Pringle a remarqué que si l'on fait trop tôt usage des vésicatoires et des linimens volatils, ils occasionnent souvent des douleurs et des inflammations plus violentes. | D'ailleurs le vésicatoire est ct plus utile, que le Rhumatisme est plus fixé dans la partie au-dessus de laquelle on applique ce remède. Dans ce cas, et avec les circonstances susdites, le vésicatoire peut être regardé comme spécifique. L'inflammation qu'il produit à l'extérieur, et ses autres
528 T'RYAUPME effets, font une révulsion puissante et comme immédiate, de l'inflammation jointe à l’état rhumatique des fibres de la partie affectée.
Les rubéfians agissent d’une manière analogue, en excitant une inflammation à la peau, qui procure la résolution de l'inflammation rhumatique. Ainsi Tralles rapporte, qu’à la suite de suppressions répétées de la transpiration, il fut pris à l'épaule gauche d'un Rhumatisme très-chaud et très-douloureux, qui s'étendit aux muscles pectoraux, et causa une fausse pleurésie ; qu'après une forte saignée, il se fit appliquer sur l'endroit souffrant, un sinapisme actif, qui y détermina bientôt un érysipele qui le guérit.