‹ Traite ́des maladies goutteusesChapitre 28 sur 116 · TRACE DIE · texte numérisé non relu

TRACE DIE

leur jeunesse, ont éprouvé à la suite de l'abus des plaisirs vénériens, quelque forte af: fection des testicules, sont disposés à avoir dans la vieillesse les testicules engorgés et douloureux par l'effet de l'humeur arthritique qui s’y dépose.

C'est d'une manière analogue que des efforts extraordinaires, qui affoiblissent une partie externe, y déterminent la Goutte dont elle étoit auparavant exempte. Ainsi, Murray à vu une sciatique nerveuse extrémement douloureuse, qui fut changée toutà-coup en une douleur aux épaules, après.

un eflort où les bras avoient été élevés fort haut.

L'infirmité relative d’un viscère est aggravée par toutes les causes d’un affoiblissement général du système, dont le viscère doit ressentir particulièrement les effets, comme sont des hémorrhagies , et autres évacuations violentes , des passions tristes qui sont fortes et durables, des remèdes évacüans ou autres très-actifs qui causent une chute soudaine des forces.

DES MALADIES GOUTTEUSES. x71

La Goutte est d'autant plus facilement déterminée sur un viscère, qui souffre une infirmité relative, lorsqu'il y a un empêchement permanent de la déposition de l'humeur goutteuse sur Îles parties voisines des articulations, comme aussi quand il ÿ a une excitation constante de la force propre de ces parties, qui y $outient une transpiration active. |

Le premier cas est celui de la Goutte que Liger appelle remontée par elle-méme. C'est celle qu'il dit avoir lieu chez les vieux goutteux, qui ont essuyé un grand normbre d'accès de Goutte, et dont les articulations ayant leurs vaisseaux obstrués, ne peuvent plus recevoir l'humeur goutteuse.

Le second cas est celui où l’on pourroit dire avec Musgrave, que la Goutte anomale nait de ce que la force des extrémités surpasse la force d'équilibre ( isorropen ) des parties internes.

Ainsi Baglivi a observé qu'il arrive souvent que lorsque lés paroxysmes de la Goutte ont duré fort Jong-temps, si le ma- Jade fortifie ses pieds par l'exercice, de ma-

nière qu'ils ne soient plus aussi disposés à recevoir la Goutte; la matière goutteuse peut se jeter sur des viscères, et y produire des stagnations funestes.

de rapporte ici un fait remarquable qu'a vu Liger (1). Un goutteux étant persuadé que sa Goutte étoit causée par le froid aux pieds auquel il étoit très-sujet, fit usage, pendant un hiver, d'une boule d'étain pleine d'eau chaude, où il appuyoit les pieds pendant la nuit. Ii fut ensuite exempt de l’attaque de Gouite qu'il avoit coutume d’avoir au mois de février. Mais il fut pris d'un engorgement du fond de la bouche, qui fut tel, qu'au mois de mars suivant il ne. pouvoit plus rien avaler qu'avec des efforts extrêmes, et des convulsions de longue durée,

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Lorsque la Goutte d'un viscère , et celle des articulations ont succédé l’une à l’autre par plusieurs reprises alternatives, l’habitu de établit entre ces divers organes une sympathie qui dispose de plus en plus ce viscère à devenir un siége de la Goutte.

(1) Traité de la Goutte, p. 260-1.

C'est ainsi que, suivant l'observation de Sydenham , dans les vicux goutteux les reprises foibles de Gouùtte aux articulations, sont alternatives avec un mal-être extrême , des douleurs de ventre , de la tendance à la diarrhée , et ces alternatives subsistent chez ces vieux goutteux jusqu'à la mort.

J'ai dit ci-dessus (1) comment les mouvemens de la Goutte portent la matière goutteuse qui est contenue dans le sang, sur les organes qui sont attenans aux os , et votsins des articulations , par une sorte de sécrétion que détermine l'affinité qu'ont avec l'humeur goutteuse les sucs nourriciers de ces organes, qui sont plus chargés des parties terrestres que ne sont les autres humeurs.

Mais lorsque les causes déterminantes de la Goutte interne ont lieu dans ses différentes espèces , cette attraction , ou sorte de sécrétion de l'humeur goutteuse est suspendue , ou ne se fait plus aussi complétement dans les parties attenantes aux os. Cette humeur excrémentilielle est alors déterminée à se séparer du sang dans le viscère , que son

(1) Livre #, n.° xix.

154 TRAITÉ infirmité relative ( qui altère particulièrement sa fonction de transpiration , et le mouvement tonique de ses fibres ) rapproche ‘le plus de la condition habituelle des partiès environnantes des articulations goutteuses. Hu

C'est par la congeslion de cette humeur goutteuse qu'ont été produits les tabercules pleins de matière plâtreuse, qu'on a trouvés souvent dans le foie à Ia suite d’une Goutte remontée par elle-même ( Liger ) dans le poumon, à la suite d’un asthme goutteux , etc.

La Goutte des viscères qui est consécutive de la Goutte des articulations , étant de deux sortes, dont l’une est déterminée par l’application de divers agens externes qui repoussent la Goutte des articulations, et l’autre l’est par une autre maladic du viscère affecté, les causes particulières qui produisent l’une et l’autre sorte de Goutte interne doivent être considérées séparément. j

Premièrement , la cause de la première sorte de cette Goutte, où l'on dit communément que la Goutte est répercutée sur un viscère , est sensiblement une interception

violenté de la fluxion qui portoit la Goutte aux articulations. Cette interception est alors suivie d’une fluxion d'humeurs goutteuses sur ce viscère , et d'une production sympathique des affections locales que cette fluxion y détermine.

Cette interception de la Goutte externe a lieu lorsque des articulations souffrantes de la Goutte, ou des ulcères qu'entretient l'humeur goutteuse, souffrent l'application , 1.° de l'air froid , ou de topiques fortifians , astringens, actuellement froids; application qui fait que ces parties résistent à la fluxion de l'humeur goutteuse : 2.° de topiques narcotiques, qui, en faisant cesser le sentiment d'irritation locale ,; empêchent l'attraction suffisante de l'humeur de Goutte sur les articulations.

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