‹ Traité des maladies mentaleChapitre 121 sur 500 · ÉTI0L0GIE. — AFFECTIONS UTÉRINES · texte numérisé non relu

ÉTI0L0GIE. — AFFECTIONS UTÉRINES

du service médical, constate une occlusion complète de l'utérus. La muqueuse qui recouvre l'orifice utérin est parfaitement lisse et unie ; une légère dépression correspondant à l'ouverture fermée indique seule sa place; du reste, il n'y a actuellement ni engorgement, ni ulcération. « Il est probable, dit M. le docteur Azam, que cette malade a été atteinte d'ulcérations granuleuses, non-seulement de l'orifice, mais des parois delà cavité du col. L epithélium détruit, rien ne s'est plus opposé au contact parfait des bourgeons végétants. L'occlusion a pu se faire, seulement elle a dû être favorisée par certaines circonstances particulières : par exemple, l'absence de sécrétions utérines pendant un temps plus ou moins long. Sans ces circonstances, cette lésion serait beaucoup plus fréquente, car les ulcérations de la cavité du col sont loin d'être rares.» (Mémoire cité, p. 28.)

M. le docteur Azam rapporte ensuite le résumé de vingt-neuf autres faits empruntés aux registres de l'asile depuis 18^3. La cause de la plupart de ces maladies mentales qui avaient presque toutes invariablement le caractère de la lypémanie a été constatée pour plusieurs par l'autopsie. Les dégénérescences cancéreuses prédominent dans ce répertoire nécrologique. Viennent ensuite les hypertrophies de l'utérus, les ulcérations et engorgements du col, les polypes, l'induration et les kystes des ovaires. L'auteur est ensuite amené à des conclusions que ma propre expérience me dispose à accepter, car s'il ne m'a pas toujours été facile de faire la part des affections primitives ou consécutives de l'utérus, je crois pouvoir assurer que les maladies primitives de cet organe ont été, dans la plupart des cas qu'il m'a été donné d'observer, les causes de l'aliénation mentale (1 ).

(1) La difficulté de saisir ces rapports se comprend facilement, vu que, dans nos asiles, la plupart des malades qui nous sont amenés sont déjà dans un état chronique d'aliénation. Je ne saurais cependant attribuer qu'aux cancers utérins, si fréquents à Rouen, la lypémanie de quelques femmes dans notre établissement. J'ai rencontré, chez deux nymphomanes, des affections ovariques (induration et hypertrophie énorme) qu'il me paraissait difficile de ne pas considérer comme les causes de cette hideuse maladie. L'une de ces femmes était jeune encore et vierge; l'autre était une femme de soixante ans, mariée, et dont la maladie mentale ne datait que de six mois, époque à laquelle elle ressentit de profondes douleurs dans le bassin. On sait aussi que des affections psoriques des grandes lèvres peuvent amener une irritabilité avec prédominance de phénomènes erotiques.

Dans la pratique civile, il est peut-être plus facile d'établir ces rapports. J'ai eu occasion de soigner et de guérir une jeune femme mariée, chez laquelle les singuliers déplacements de l'utérus (antéversion dans certains cas, rétroversion dans d'autres) coïncidaient avec un engorgement douloureux du col, des llueurs blanches très abondantes et avec un tempérament hystérique, l'ne névrose des plus protéiformes et des plus bizarres, avec phénomènes hystériques et cataleptiques, accompagnés tantôt d'anesthésie et tantôt d'byperesthésie, disparut complètement, grâce à un traitement particulièrement dirigé contre l'affection utérine.

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