SYMPTÔMES MALADIFS DANS LA PREMIÈRE ENFANCE
tudes intellectuelles pour certaines choses, tandis qu'en règle générale! ils sont lents, paresseux, rétifs et indisciplinés.
A peine sorti du collège, où il avait fait d'assez médiocres études et oi il s'était seulement signalé par une grande paresse, une indolence inouïe la disposition à s'isoler et à émettre des jugements faux et des apprécia tions erronées ou mensongères, le jeune Aimé se livra de bonne heure il tout le dévergondage de ses passions. Une grande fortune, une indépen' dance absolue, lui permirent malheureusement de satisfaire ses mauvaise tendances. Il se prit à voyager, ou plutôt à se déplacer d'un endroit dan! un autre, sans autre mobile que de satisfaire la soif inquiète de vagabon-' dage qui s'empare si souvent des malades de cette catégorie.
On l'avait depuis assez longtemps perdu de vue, lorsque ses conci-i toyens assistèrent avec la plus grande surprise à son entrée triomphanti dans sa ville natale. Aimé P était en habit de général, orné de décorations de son choix et traîné dans une voiture à quatre chevaux. Icj commence la série des folies don-quichottiennes de notre malade, et j'er épargnerai la fastidieuse nomenclature au lecteur. C'est à Paris, c'est ei i Allemagne, qu'il put commettre impunément ses plus nombreuses excen-i tricités. L'autorité dut s'emparer de sa personne alors qu'un jour, assistant au théâtre, il força le public à quitter la place en le menaçant de faire fei des pistolets qu'il tenait à chaque main. Au lieu de nous arrêter à ces faite qui se produisaient chez lui d'une manière périodique, et qui sont à pei près les mêmes chez tous les aliénés de cette catégorie, il importe bie plus d'insister sur le caractère général de ces actes et d'étudier leur relation avec les différentes compromissions des facultés intellectuelles et avec les troubles des fonctions organiques chez ces sortes de malades.
La nature des actes délirants des aliénés de cette catégorie est évidemment en rapport avec la disposition particulière et la prédominance de leurs idées maladives. Car, bien qu'on ait pu dire qu'il?; raisonnent (puisqu'on lésa appelés maniaques raisonnants), il n'en est pas moins vrai d'affirmer que le système de leurs idées délirantes spéciales est assez complexe. Les uns ont des idées d'ambition et d'orgueil, et se croient appelés à de grandes destinées : ce sont des systématisateurs intrépides qui ne 1 reculent devant aucune conséquence absurde pour faire prévaloir leur 1 folie. Les autres sont poussés par leurs tendances mauvaises à l'accomplissement des actes les plus extravagants ou les plus monstrueux [moral insanity). Ceux-ci réagissent fortement, et contre les affections de famille, et contre les devoirs sociaux, en raison de prétendus dénis de justice qui ne sont que l'excuse de leurs haines maladives [délirants par persécution!).