‹ Traité des maladies mentaleChapitre 64 sur 500 · MÉTHODE A SUIVRE DANS L'ÉTUDE DE LA FOLIE · texte numérisé non relu

MÉTHODE A SUIVRE DANS L'ÉTUDE DE LA FOLIE

de laisser entrevoir qu'elle offre une difficulté plus grande en ce sens qu'il ne s'agit pas seulement de tenir compte des changements pathologiques qui s'opèrent dans les fonctions corporelles, mais qu'il faut encore faire la part des changements non moins importants qui se passent dans la sphère des facultés intellectuelles et affectives.

3° Lorsqu'une cause déterminée a produit une lésion dans l'organisme, une perturbation dans nos fonctions, et que cette lésion et cette perturbation se sont révélées par des symptômes, le rôle du médecin ne fait que commencer lorsqu'il a constaté ces faits. Il se trouve en présence d'une maladie qui a son mode d'évolution , de développement, de déclin ou de terminaison. Il assiste à une succession non interrompue de troubles de l'ordre intellectuel, moral et physique qui constituent la maladie, et de symptômes qui la signalent.

L'affection se montre alors comme une entité pathologique spéciale avec ses caractères typiques. Tantôt le type est continu; dans d'autres circonstances, périodique ou intermittent ; enfin il peut être rémittent. Ces phénomènes s'observent dans le cours et la marche des maladies en général, y compris l'aliénation, qu'il ne faut en aucune façon distraire du cadre nosologique. La folie a pareillement sa marche aiguë ou chronique, et il existe une foule de circonstances qui modifient son cours ou le compliquent, qui rendent son délire général ou partiel, qui tantôt livrent le malade à l'exaltation et tantôt le plongent dans la dépression. Elle peut se terminer d'une manière heureuse ou fatale, et la théorie des crises lui est parfaitement applicable .

k° Quoique, dans un grand nombre de cas, la folie ne soit que la transformation d'une maladie ordinaire telle que la fièvre typhoïde, la méningite, etc., ou d'une névrose telle que l'hystérie, l'épilepsie ou l'hypochondrie, elle n'en existe pas moins avec un type qui lui est propre et qu'il est important de ne pas confondre avec un autre. En d'autres, le diagnostic de la folie est assis sur une base aussi solide que celle de toute autre affection de l'organisme, et son pronostic suscite les mêmes espérances et réveille les mêmes craintes. En outre, cette maladie a sa place incontestée dans le cadre nosologique, puisqu'il est possible de la guérir et de la prévenir, et que, dans le cas de terminaison fatale, elle se révèle encore par des lésions appréciables à nos sens.

La pathologie générale de la folie est renfermée dans le plan que nous venons de tracer. Nous aurons à nous occuper de Yctioloyic de cette affection et de sa syrnptomatologie. L' invasion de la maladie, su marche, les caractères divers qu'elle revêt, ses terminaisons, seront exposés par nous de manière que les médecins puissent se faire une idée des types prin-

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