FOLIES HYSTÉRIQUE, ÉPILEPTIQUE, HYPOCHONDRIAQUE
les transformations pathologiques qui s’opèrent chez elles. L’exaltation la plus grande peut, dans la folie hystérique, succéder à la plus profonde prostration. Des hallucinations et des sensations bizarres, des délires extravagants, des transitions rapides d’un état nerveux à un autré, des rémissions extraordinaires avec retour apparent de la raison, dans quelques circonstances, des penchants au suicide, à l’incendie, à toutes sortes d’actes de mauvaise nature, dans d’autres phases de la maladie ; enfin, des terminaisons déplorables où la nature humaine se montre sous son aspect le plus dégradant, forment les caractères principaux des transformations d’une névrose qu’un auteur allemand a assez justement dénommée nevropathia psychica sexualis. Il est à remarquer que, dans cette variété de folie, les phénomènes ordinaires que l’on rencontre dans l’hystérie proprement dite disparaissent. Rarement observe-t-on l’extase, la catalepsie, les aneshésies et paraplégies diverses, et tout le cortège, en un mot, des phénomènes nerveux qui accompagnent ordinairement l’hystérie. La folie hystérique est une névrose transformée, dans l’acception la plus rigoureuse de ce mot; mais les symptômes de cette vésanie sont tellement caractéristiques, que l’on nous saura gré d’en avoir fait une forme spéciale qui nous permettra d’assigner leur place naturelle à des malades qui, au point de vue de la pathologie générale, et de la médecine légale des aliénés surtout, ne trouvaient pas leur classement dans le cadre ordinaire des affections mentales.
Deuxième classe. — Folie épileptique. — La fureur que déterminent, dans quelques circonstances, les accès épileptiques, la nature des hallucinations chez ces malades, l’instantanéité des actes agressifs auxquels ils se livrent, l’exaltation du sentiment religieux dans certains cas, font de la folie épileptique une des affections les plus graves et les plus dangereuses du cadre nosologique des maladies mentales. La folie épileptique emprunte aussi à la névrose, d’où elle dérive, sês caractères de périodicité, d’acuité et de rémission, et la terminaison en est ordinairement fatale.
Troisième classe. — Folie Hypochondriaqüe. — La transformation de cette névrose nous met en présence des délires les plus significatifs qu’il soit donné d’observer. On connaît assez les tourments de cette classe si nombreuse de malades désignés sous le nom d’hypôchondriaques. Je n’examine pas ici les théories touchant le siège de l’hypochondrie ; il me suffit de savoir que les craintes les plus variées à propos des intérêts de leur santé tourmentent le plus ordinairement ces malheuréux malades, et que le point de départ de leurs anxiétés et de leurs préoccupations douloureuses est loin d’avoir son siège exclusif dans V imagination. On sait que chez eux l’imagination est prompte à transformer en idée déli-