‹ Traité des maladies mentalesChapitre 161 sur 306 · DES MALADIES MENTALES. — CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

DES MALADIES MENTALES. — CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

mentales. Mais il est facile de comprendre que l’étude des phénomènes ne peut se faire à ce point de vue exclusif; que l’on veuille seulement se rappeler les éléments de la classification que j’ai adoptée.

Si, dans les diverses folies héréditaires, par exemple, le désordre mental est tantôt l’exagération des anomalies que révèle de longue main l’exercice des facultés intellectuelles chez les individus prédisposés, tantôt la représentation d’un état fixe irrémédiable de dégénérescence intellectuelle, physique et morale, il n’en est pas de même dans les folies par intoxication. Dans ces sortes de vésanie on observe que les désordres de la pensée sont corrélatifs aux désorganisations lentes et graduées que l’ingestion des alcooliques et autres agents toxiques déterminent dans les divers organes de l’économie et dans le cerveau en particulier. L’hystérie, l’épilepsie, riiypochondrie, névroses éminemment transformables, produisent de leur côté des vésanies dont les prodromes se confondent avec les troubles suscités dans les fonctions nerveuses par ces névroses elles-mêmes. Dans les folies hystérique, épileptique, hypochondriaque, les prodromes, ainsi que les phénomènes qui constituent le développement et la terminaison, diffèrent de ce que l’on peut obsèrver dans les affections cérébrales idiopathiques proprement dites, dans la paralysie générale, par exemple. Cette dernière phrénopathie elle-même n’a rien de commun, dans sa période initiale, dans sa marche et surtout dans sa terminaison, avec d’autres folies que nous rangeons dans la catégorie dés affections cérébrales sympathiques. Dans ces situations diverses l’invasion de la folie peut être plus ou moins prompte, quoique, en règle générale, il soit vrai de dire que cette maladie n’éclate pas sans que des signes précurseurs l’aient annoncée.

La difficulté de coordonner tous ces phénomènes sous une forme qui en serait l’expression générale, invariable, fixe, immuable, augmente encore lorsqu’on sait qu’il est un élément qui domine ces situations diversès, modifie leur évolution, précipite leurs mouvements pathologiques : je veux parler de l’influence héi’éditaire. Néanmoins, si l’étude de la pathologie spéciale peut seule préciser la diversité des phénomènes que l’on rema:rque dans chaque variété particulière de folie, il est incontestable qu’il existe un ensemble de symptômes propres à l’aliénation considérée dans la plus haute acception de cette maladie, et qui en constituent la pathologie gé^ nérale. Ce que j’ai dit de la sensibilité chez les aliénés, des hallucinations, des symptômes fournis par les fonctions intellectuelles et affectives, intérieures ou assimilatrices, et de tout ce qui se rattache, en un mot, à la symptomatologie de la folie, met cette proposition hors de toute conteste.

Je vais procéder de la même manière en notant très succinctement ce

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