USU TUANSFOKMATIONS DANS LE DÉLIRE DES ALIÉNÉS
J’ai déjà eu occasion d’étudier le côté psychologique de la question, à propos des tendances qui se développent dans telle ou telle variété d’aliénation, et qui doivent se rattacher à la maladie principale dont elles forment les symptômes essentiels. (Voyez Lésion et perversion des sentiments; délire des actes ^ p. 400 et suiv.)
J’ajouterai maintenant, dans l’intérêt de la classification que j’ai adoptée et pour l’intelligence des transformations dans l’état délirant des aliénés, que ces derniers phénomènes se rapportent d’une manière naturelle, d’une part à la variété de la folie, et de l’autre à l’évolution prévue des faits pathologiques qui caractérisent la marche et le développement de toute aliénation.
J’ai déjà fait entrevoir en maintes occasions que les caractères naturels de chaque variété de folie se reconnaissaient aux lésions spéciales de l’état physiologique intellectuel et moral des individus appartenant à cette variété. J’ai démontré en outre que la transition de la dépression à l’excitation, et réciproquement, était un phénomène qui se reliait d’une manière intime à la nature des maladies nerveuses.
La conclusion bien légitime à “déduire des faits d’alternance, d’intermittence et de rémittence, est que ces situations ne pouvant survenir sans modification préalable de l’état organique, il est de toute évidence que les changements dans la nature des idées, des actes et des sentiments chez les aliénés, seront en rapport avec ces mêmes modifications. Ceci nous explique pourquoi dans une circonstance le délire èst triste, pourquoi dans une autre il est gai;, expansif. Les troubles sensoriaux extrêmes dans la période d’excitation ne peuvent créer qu’un désordre général des idées, et le délire systématique, partiel, exclusif sur un point, '^état monomaniaque en un mot, n’a chance de s’organiser que dans la période de sédation, où l’aliéné est plus libre de faire appel à l’élément passionnel qui domine ses sentiments, plus capable de coordonner ses idées, de les relier aux impressions réelles ou imaginaires qu’il éprouve, mais que, dans tous les cas, il interprète d’une manière fausse et illogique.
D’un autre côté, l’observation rigoureuse des faits démontre que l’évolution des phénomènes pathologiques dans les maladies nerveuses comportant un mouvement et une oscillation perpétuelles, il est de toute impossibilité que le délire reste perpétuellement fixé à telle ou telle idée .monomaniaque , et emporte, tant est grande la solidarité de toutes les fonctions cérébrales, la compromission permanente, exclusive, de telle faculté de l’intelligence, à l’exclusion des autres, qui continueraient à fonctionner d’une manière normale. Sans doute il existe des faits inouïs de fixité dans les mêmes idées, de stade en apparence immobile et im-