CONCLUSION
l’organisme (1). Seulement il est impossible de ne pas regarder l’état de folie comme opposé à la libre manifestation de nos facultés intellectuelles et affectives; aussi l’aliéné est-il considéré comme irresponsable en ses actes.
Que le point de départ de la folie soit physique ou moral, l’aliéné n’en est pas moins un malade, et le soin de son traitement nous appartient au même titre que le privilège d’interpréter l’action des influences qui font éclater la folie et de signaler les symptômes qui caractérisent cette affection.
C’est sur cette double connaissance, partage exclusif des médecins, que sont basées l’étiologie et la symptomatologie des maladies mentales. Je suis entré, à ce propos, dans tous les détails que peut comporter un traité élémentaire.
L’interprétation physiologico-psychologique du phénomène, cause m’a anàené à une classification nouvelle des maladies mentales. L’étude de la pathologie générale de cés affections m’a déterminé à ranger la manie et la mélancolie et les diverses monomanies dans la classe des symptômes appartenant à la folie prise dans son acception la plus universelle. Il est vrai d’ajouter que certains délires, certains actes malfaisants, certains instincts maladifs, se produisent dans telle variété plutôt que dans telle autre, et à telle phase de la maladie plutôt qu’à telle autre.
Nous allons maintenant aborder l’étude de la pathologie spéciale, sans plus avoir à nous préoccuper d’une foule d’entités psychologiques abstraites, qui jusqu’ici avaient été considérées comme des genres spéciaux d’aliénation, tandis qu’en réalité oii ne pouvait les regarder que comme des symptômes de cette maladie.
Un des principaux avantages de la méthode sera d’éclairer notre marche ultérieure, de rendre nos descriptions claires, concises, catégoriques, conformes, en un mot, au sujet qui sera renfermé de toute nécessité dans ses limites naturelles.
. La Classification que j’ai adoptée, et qui est le fruit de cette méthode, nous amènera à ne plus confondre les genres ou les variétés de la folie; elle nous permettra de reconnaître à des caractères certains, immuables, les individus qui appartiennent à telle ou telle variété de la maladie, et d’asseoir conséquemment le diagnostic, le pronostic et le traitement sur une base plus rationnelle et plus médicale.
(l) C’est dans l'introduction de l’ouvrage dè M. le docteur Cerise, Des fondions el des maladies nerveuses (Paris, 1842), que cette influence réciproque est tracée de main de maître.