COORDINATION DES PHÉNOMÈNES PATHOLOGIQUES
de leur état pathologique sont les mêmes (1). La coordination générale des phénomènes pathologiques qui résultent des transmissions héréditaires nous amènera non-seulement à donner aux êtres désignés sous les noms ÿ’imhéciles^ A'idiots et de crétins la place qui leur convient parmi les êtres dégénérés dont les affections doivent être étudiées jusque dans les conditions intimes de la vie fœtale, mais elle aura encore une autre conséquence. Elle nous permettra de classer une foule d’autres variétés maladives dont les caractères, on ne peut plus complexes, se déduisent et de l’hérédité et des maladies de l’enfance, sans compter les influences physiques ou morales du monde extérieur qui s’opposent au développement normal de l’espèce et qui la font dégénérer.
§ I«'. — Coordination des phénomènes pathologiques appartenant aux diverses classes de folies héréditaires. Diagnostic différentiel.
Diagnostic des diverses variétés dé folies héréditaires | caractères spéciaiix. — Toüsles aliénés appartenant àüx divërsès vàriétés dès folies héréditàires së reconnaissent à des signes qui impliquent un élément de dégénérescence dans V espèce éminemment transmissible par génération
(1) Dans le nouvel ouvrage de M. le docteur Moreau, de Tours {Psychologie morbide, etc,), cette idée est poussée jusque dans ses dernières limites. Voici comment s’exprime te savant observateur : « Dans la forme, dans leurs caractères sensibles, l’idiotie et la folié diffèrent si prbfondéinent entre elles, que l’on sè persuadera difficilement que Ces deux iriaiàdiës puissent avoir la mèmè origine, dépendre des mêmes Causes. Excès de vitalité, èxagérationi perturbation des fonctions intellectuelles et motrices, d’une part; de l’autre, amoindrissement quelquefois presque complet de ces mêmes forces, de cette vitalité.... Comment des effets aussi divers découleraient-ils d’une même source ? La difficulté n’est qu’apparente. La variété des effets n’impljque pas de différence dans la nature de là caüsë ; ellè tient à cé qüè jétte cause exerce sott action à des êpoquès différentes du dévëlôppement physique et moral de l’être humain qu’ëllè modifie. Avant la naissance, sur le fœtus, la cause pathogéniquo peut aller Jusqu’à arrêter plus ou moins révolution des facultés dont l’ensemble constitue ce que l’on a appelé la vie de relation. On conçoit que son influence diminue à mesure qu’elle s’exerce à une époque éloignée de la naissance, et que ses effets se rapprochent davantage delà folie proprement dite. »
<( Ainsi donc, en présence dès faits que nous révèle l’hérédité, de la quantité vrâimènt prodigieuse d’états nervèux dé toute sorte que l’on observe chez les ascendants des idiots et des imbéciles, aussi bien que dans le lignage des aliénés et des épileptiques, il est . impossible, malgré la différence des caractères symptomatologiques, de ne pas admettre qu’idiots et imbéciles , aliénés et épileptiques, naissent et se développent sous les mêmes influences, comme effets d’une même cause, comme les rameaux d’un mêmq tronc. » (Moreau, ouvr. cit-, p. 53.)
J’ajouterai seulemient que là spécificité de cës diverses causes est telle, qu’il résulte, pour les rameaux de ce même tronc, des caractères pathologiques divers. Ce sont ces caractères qui nous permettent précisément de classer les différentes variétés maladives selon la diversité des causes.