THEIIBLEMEISÏ DES MAINS, FAIBLESSE DES EXTRÉMITÉS
SOUS le nom de delirium trem&is fut le précurseur de troubles excessi* veraent graves dans le système nerveux. Bien loin de modifier ses habitudes, cet ivrogne ne fit que s’y plonger d’une manière de plus en plus funeste. Irrégulier dans tous ses repas, son dégoût pour les aliments augmenta dans la proportion toujours croissante de ses libations.
Un tremblement particulier des mains vint à se manitèster chaque matin à son réveil. Ce tremblement se renouvelait dans le jour après le moindre eftbrt. Le malade fut le premier à s’apercevoir que ses forces ne répondaient plus aux exigences d’un travail soutenu, et, tout en se plaignant de ce qu’il appelait X affaiblissement de ses nerfs^ il ne concevait d’autre remède que celui de doses croissantes d’alcool ; l’excitation factice qui en fut le résultat, lui sembla d’un bon augure, et le remède était d’autant plus fréquemment renouvelé, que notre ivrogne y trouvait la satisfaction de son funeste penchant.
Plus tard, il fut sujet à un trouble nerveux d’une nature spéciale ; il lui semblait par moments qu’un voile s’étendait devant ses yeux. Ce phénomène avait lieu tous les matins, et se renouvelait pendant le jour à la moindre contention de l’organe de la vue. 11 éprouvait ‘en même temps un certain tremblement de la langue, et c’était surtout au moment du réveil que l’hésitation dans la parole était appréciable. Le sommeil commença aussi à se troubler; les nuits devinrent agitées, et les rêves elfrayants se succédèrent sans relâche. Il ne s’endormait plus sans ressentir des fourmillements sous la peau des extrémités inférieures, ainsi que des tiraillements et des mouvements convulsifs dans les mollets. Bientôt ces mêmes phénomènes se présentèrent pendant le jour, et leur persistance jetait le malade dans des troubles inexprimables. Il se rendait parfaitement compte de la nature de ses impressions, en se plaignant de sentir des fourmis ou d’autres animaux remonter des extrémités inférieures vers les bras et les mains, et redescendre dans la direction du tronc; aussi lorsque, sous l’influence d’un redoublement d’énergie, il se livrait à une marche forcée, les tremblements des mains et . la faiblesse des extrémités inférieui’es semblaient momentanément disparaître.
Cependant le malade ne tarda pas à s’inquiéter de cet ensemble de symptômes fâcheux. Avait-il marché dans la journé plus qu’à l’ordinaire, ses genoux s’èntre-choquaient lorsqu’il sè tenait debout, et quand arrivait le soir, la faiblesse était bien plus grande encore. Ses doigts ne pouvaient plus alors serrer les objets que sa main saisissait. Cette diminution dans les forces de la motilité fit de rapides progrès et s’étendit aux muscles de la région lombaire. 11 en fut réduit à ne plus pouvoir se tenir ni debout ni assis, et la position hoiûzontale devint sa seule ressource.