CONCLUSIONS THÉRAPEUTIQUES
raies à ce qu’il m’est impossible de dire de spécial sur une foule d’autres médicaments, tels que la digitale, le musc, le castoréum, le quinquina, le camphre, qui tous ont eu leurs preneurs et leurs détracteurs dans le traitement de la folie.
Les conclusions que je vais poser sont sans doute déjà formulées dans l’esprit de mes lecteurs. Us se sont accoutumés à ne pas regarder la folie comme une maladie unique qui guérit au moyen de tel ou tel spécifique.
Le délire de l’aliénation étant l’expression symptomatique de désordres corporels variés, de troubles caractéristiques de l’innervation, de lésions cérébrales idiopathiques dans certaines circonstances, de troubles cérébraux sympathiques dans d’autres, il est de toute évidence que le médecin ne devra prescrire un traitement que lorsque tous les termes du problème étiologique auront été élucidés par lui.
En basant sa thérapeutique sur une idée théorique exclusive, le praticien court risque de se laisser entraîner par un empirisme aveugle, et de ne s’adresser qu’aux symptômes de l’aliénation, au lieu d’attaquer le mal à sa source. Le traitement des hallucinations nous en offre un exemple.
Quelques médecins, ayant expérimenté l’influence des narcotiques sur les fonctions cérébrales, ont pu créer, pour ainsi dire à volonté, les modifications les’ plus inattendues dans les fonctions du système nerveux, et déterminer les hallucinations les plus variées. Le datura, la belladone, la jusquiame, etc., produisent, on le sait, des vertiges, des troubles de la vue, de l’agitation, du délire, et chacun a pu essayer ces effets sur luimême. En examinant ces résultats, il était naturel d’arriver à la conception homœopathique de guérir par le procédé de l’intoxication les troubles sensoriqux maladifs.
Mais si la thérapeutique avait généralement une base aussi futile, l’étude approfondie des symptômes dans les maladies serait chose oiseuse et inutile, et les nombreuses considérations dans lesquelles je suis entré pour rattacher en particulier les hallucinations à leur véritable origine seraient un tribut stérile levé sur le temps et la patience des lecteurs.
rante-deux ans, d’un tempérament nerveux, et qui avait été, dans sa jeunesse, en proie à une affection convulsive.
Mandragore. — Cette solanée est presque tombée en désuétude dans la thérapeutique des modernes. Les anciens la conseillaient beaucoup dans la mélancolie. M. Michéâ paraît en avoir retiré un bon effet dans des cas de dépression mélancolique avec hallucinations. Il administre la poudre de racine fraîche en donnant 5 centigrammes par jour, et il n’a pas craint d’aller jusqu’à 4 décigrammes dans un jour. Le travail de M. le docteur Michéa contient une revue clinique très intéressante des malades chez lesquels la médication stupéfiante a eu un résultat favorable, et de ceux chez lesquels son action a été sans résultat.