INTOXICATION MERCURIELLE.— AFFECTIONS CANCÉREUSES
treintes. Chez des malades soumis à notre observation, les phénomènes se sont dissipés dans l’espace de deux mois. » (Delasiauve, ouvr. ciï,, p. 621.)
Paralysie suite de l’intoxication par le mercure; maladies spéciales du cerveau ; affections cancéreuses. — Le diagnostic différentiel de la périencéphalite ordinaire et de la paralysie suite de l’intoxication mercurielle, chez les doreurs sur métaux, par exemple, se déduit aussi des commémoratifs et de certains signes pathognomoniques importants. La fétidité de l’haleine et la salivation sont, chez les paralysés mercuriels, des symptômes irrécusables. L’erreur a plusieurs fois été commise à propos d’afFections cancéreuses du cerveau, mais il est impossible qu’une erreur pareille compromette les jours du malade, voué dans l’un et l’autre cas à la mort la plus certaine.
Dans le numéro des Annales médico-psyckologiques de juillet 1858, MM. les docteurs Aubanel et Sauze citent une affection de cancer du cervelet qui simula, à s’y méprendre, une paralysie générale arrivée au troisième degré, c’est-à-dire que le malade présenta une très grande difficulté dans l’articulation des sons, et un fades propre aux déments arrivés à cette période. L’honorable et savant médecin en chef de l’asile des aliénés de Marseille croit que « c’est surtout dans la marche de la maladie et dans l’apparition successive des divers symptômes, plutôt que dans ces symptômes eux-mêmes qui ont entre eux de si grandes analogies, qu’il faut chercher les éléments du diagnostic. Ainsi dans le cancer de l’encéphale, les désordres de l’intelligence, quels qu’ils soient, délire ou affaiblissement des facultés, apparaissent plus tardivement. Le malade accuse depuis longtemps des maux de tête ; il a souvent des convulsions épileptiformes; il peut même avoir déjà un commencement de paralysie, et cependant l’intelligence demeure saine, la mémoire est conservée. Dans la paralysie générale, au contraire, déjà à cette période l’intelligence est plus ou moins altérée, les sentiments affectifs du malade sont pervertis, ainsi que son caractère. Il y a déjà un certain affaiblissement des facultés, une certaine lenteur dans les opérations intellectuelles, quand on n’observe pas un délire bien caractérisé. » {Cancer du cervelet ayant simulé une paralysie générale; analogie de ces deux affections ; caractères différentiels, par MM. Aubanel et Sauze.)
Délire des grandeurs ; caraetères différentiels cbez les malades de diverses catégories. — Après ce que j’ai dit avec tant de détails circonstanciés sur le délire des grandeurs de certains aliénés au type de folie héréditaire, ainsi que des manifestations délirantes du même genre que l’on voit dans quelques transformations de l’hypochondrie {délire systématisé), il est presque inutile d’insister sur le caractère différentiel de ces