‹ Traité des maladies mentalesChapitre 303 sur 306 · CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA DÉMENCE · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA DÉMENCE

cerveau qui a atteint les individus avant l’âge fatal assigné à la continuité et aux progrès de nos aptitudes intellectuelles.

Nous avons vu, dans la description des diverses formes de la folie, qu’il en était quelques-unes où la terminaison par la démence s’opérait plus facilement que dans d’autres. Les affections cérébrales idiopathiques sont dans le premier cas, et il est impossible de concevoir la permanence ou l’intégrité de la raison avec des lésions qui affectent la substance corticale et qui amènent des désordres plus ou moins graves dans l’organe de la pensée. La conservation plus ou moins normale de l’intelligence avec des désordres cérébraux intenses a reçu son explication dans diverses parties de cet ouvrage; je n’y reviendrai pas (1).

On peut m’objecter maintenant que la démence, étant une forme terminative, ne doit pasjfaire un genre à part, et ne peut être que le complément descriptif de chaque variété d’aliénation considérée dans son étude isolée. J’avouerai que c’est là une des raisons qui m’ont décidé à ne pas donner à la description de la démence l’importance que j’ai attachée aux autres variétés de folie dont il a été traité dans cet ouvrage.

D’un autre côté, cependant, il est incontestable que tant au point de vue pathologique qu’au point de vue médico-légal, l’état intellectuel et affectif des déments demande une description à part. Les mœurs, les habitudes, les tendances, les manifestations délirantes de ces aliénés, l’état de la sensibilité générale chez eux, ainsi que la marche et la terminaison de leurs maladies incidentes, se rattachent tantôt à des affections primitives dont le caractère ne s’efface jamais complètement , tantôt à des affections consécutives qui, elles aussi, ont leur cachet significatif propre. Tous ces phénomènes forment néanmoins un tout pathologique d’une nature spéciale et distincte qui mériterait une description particulière.

Les soins dont ces sortes d’aliénés doivent être l’objet ont aussi une importance telle, que mon intention primitive était d’en parler d’une manière spéciale dans cette seconde partie, mais j’ai réfléchi que c’est surtout dans les asiles d’aliénés que ces malades viennent finir leur existence. Conséquemment, tout ce qui se rapporte à leur traitement tient, en grande partie au moins, à l’organisation intime des établissements consacrés à la folie, et les médecins de la vie pratique, pour lesquels est écrit cet ouvrage, ne trouveraient dans ce qu’il me reste à dire sur ce sujet qu’un intérêt secondaire. Le cadre que je me suis imposé aurait en outre subi une augmentation trop considérable.

(1) Voyez : Des principales lésions du cerveau chez les aliénés, et des objections faites à la valeur des lésions cérébrales, p. 508 et suivantes de cet ouvrage.

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