‹ Traité des maladies vénériennesChapitre 45 sur 76 · MALADIES DES DÉPENDANCES DE LA PEAU. -- ONYXIS · texte numérisé non relu

MALADIES DES DÉPENDANCES DE LA PEAU. -- ONYXIS

Valopécie est partielle^ qu'elle a lieu au début de la diathèse^ la gué-^ rison en général est complète, c'est-à-dire qu'on peut voir repousser les cheveux. Pour arriver à cet heureux résultat, on a inventé une foule •de lotions, de pommades, qui, selon moi, n'ont aucune influence. Je le répète, c'est au mercure qu'il faut s^adresser.

§ 3. — Onyxis.

La matrice de Tongle subit quelquefois, sous l'influence du virus syphilitique, des altérations qu'on a rapportées à une inflammation plus ou moins aiguë. Il y a souvent aussi ulcération, mais dans beaucoup de cas on ne constate qu'une sécrétion viciée de la matrice de l'ongle; quelquefois, mais plus rarement, il y a chute de l'ongle sans altération appréciable de la peau.

L'inflammation ulcérative de la matrice de l'ongle est précédée par un gonflement peu douloureux autour, mais principalement vers la racine de l'ongle. Le peau se colore alternativement en rouge cuivré et en rouge violacé. Cette partie du tégument, qui semble d'abord se ramollir, se creuse d'une ulcération à fond grisâtre, baveuse, sur laquelle est répandu un liquide sanieux qui a une odeur fétide et toute particulière. D'autres fois, au contraire, le bourrelet, qui s'est arrondi et replié sàr lui-même, se prolonge de chaque côté de l'ongle et en est séparé par du pus que Ton fait sourdre de tous les côtés en exerçant une pression sur la peau ainsi tuméfiée. Ce pus est souvent mêlé à du sang noirâtre. Il y a alors de vives douleurs. M. Cazenave dit avoir observé plusieurs fois l'insomnie dans de pareils cas. Il est rare d'ailleurs que la peau ne finisse pas par s'ulcérer : dans ce cas, la plaie, plus étendue, laisse plus largement à découvert la racine de l'ongle. Quelle que soit la marche de cette inflammation, le pus, qui baigne sans cesse et la matrice et l'ongle, décolle complètement celui-ci, qui, par sa chute, laisse k découvert la matrice, laquelle peut ne pas être ulcérée, et, dans ce cas, l'ongle ne tarde pas à se reproduire, pour peu que la maladie marche vers sa guérison ; ou bien, la matrice est ulcérée, fongueuse, entourée d'un bourrelet saillant, ulcéré lui-même dans presque toute son étendue, et alors l'ongle ne se reproduit pas ; Tulcération syphilitique est remplacée par une cicatrice froncée et quelques petites plaques cornées tout à fait informes. Cette variété de l'onyxis, qui a été bien décrite par Delpech, est rare; elle atteint les orteils et les doigts, mais plus souvent les doigts; elle complique des symptômes plus ou moins graves de la syphilis.

En général, l'inflammation de la matrice de l'ongle ne va pn^jj

rulçération. Dans ce cas^ la peau reste intacte. Il y a quelquefois des douleurs assez vives sousTongle lui-même^ mais pas de gonflement de la peau, pas de suintement purulent. La sécrétion de la matière cornée est viciée, et Tongle peut présenter une foule d'altérations diverses, a Tantôt, piqueté dans plusieurs points, il devient seulement grisâtre, sec et cassant à son extrémité libre ; tantôt, indépendamment de ses altérations, il s'épaissit dans les deux tiers de son étendue ; il devient opaque, chagriné, sa surface exfoliée est rugueuse, inégale; et, chose remarquable, il y a ordinairement une ligne de démarcation bien tranchée qui sépare cette partie malade de la partie saine, représentée habituellement par une surface qui commence un peu au delà de la lunule, surface où l'ongle conserve son éclat, son poli, sa couleur. Dans quelques cas, cependant, l'altération de structure est générale, et l'ongle est converti en une production cornée sèche, gris&tre, chagrinée, très-friable. Cette forme, qui était bien connue des anciens, est, je le répète, très-commune; il est môme rare qu'une syphilis existe depuis longtemps sans que les ongles du malade soient plus ou moins altérés. Elle est toujours secondaire. C'est quelquefois le seul symptôme qui traduise une syphilis consécutive ^. »

Voici une observation d'ulcération de la matrice de l'ongle ; elle se rapporte au sujet qui a fourni le dessin de la planche V.

Le nommé Feutrier (Auguste), âgé de vingt-trois ans, profession de cuisinier, tempérament lymphatique, constitution détériorée. Entré le 13 septembre 1851, salle 9, lit n*> 13.

1850 (septembre). — Chaude-pissc qui a duré cinq semaines, sans aucune complicalion. Entièrement guéri par le copahu.

1850 (octobre). — Bubon traité par M. Puche, qui a transmis les renseignements suivants : 1° deux adénites indolentes, T un ganglion cervical à gauche. Est sorti non guéri le 1" novembre, après avoir pris 100 grammes de bromure de potassium.

1851 (mars). — Chaude-pisse qui a duré dix jours; elle fournissait un muco-pus pou abondant, complètement tari sous Tinfluence d'injections d'extrait de Saturne.

1851 (juin). — Bubon inguinal droit, douloureux, traité par lesantiphlogisliques. A ce moment, aucune ulcération sur le gland ou à l'anus. Cinq semaines avant le bubon, douleurs péri-arliculaires trèsintenses.

1851 (juillet). — Ulcération a l'anus. A partir de ce moment, le malade commence à prendre des pilules ordonnées par un médecin de la

* Cazenave, Traité des syphilides, p. 429.

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