SECTION QUATRIÈME
Je ne pense pas qu'un auteur, sous prétexte de morale, ait à se jusifier aujourd'hui d'enseigner les moyens préservatifs de la vérole. Il doit, au contraire, demander l'indulgence du lecteur pour le peu qu'il a à apprendre dans son livre. De quoi s'agit-il, en effet? d'éviter un empoisonnement. Eh bien! si nous résumons sincèrement toute notre science, et cela sans amour-propre, elle n'a qu'un conseil certain à donner, celui d'éviter la source du poison. On comprend l'impossibilité de suivre toujours un pareil conseil. Il a donc été cherché d'autres conseils moins sûrement efficaces, mais moins difficiles à suivre, et il a été institué une prophylaxie privée et une prophylaxie publique.
Pour ce qui est de la prophylaxie, en général, on peut dire que la sottise, le talent, le dévouement pur et le charlatanisme ont lutté d'effort. On a trouvé quelques pratiques bonnes à suivre, quelques précautions ridicules et inutiles, et des moyens dangereux. Je m'arrêterai seulement aux pratiques qui ont quelque utilité; je ne ferai que mentionner les autres, et encore je me permettrai d'en passer quelques-unes sous silence, car je n'écris pas une satire.