Cachou albumine clair
MATIÈRES ASTRINGEI^TES DIVERSES
MATIERES ASTRINGENTES DIVERSES
Noix de galle^ — Excroissance anormale , produite par la piqûre d'un insecte {Cynips Gallœ tinctoriœ^ genre hyménoptère) sur les feuilles et les jeunes pousses du chêne et surtout du Quercus infectoria. Cet arbrisseau croît aux Indes, en Perse, en Syrie et dans le Levant. La noix développée renferme une cavité centrale où se trouve logée la larve de Tinsecte ; car, en piquant l'épiderme du végétal, la femelle du cynips y a déposé un œuf. La récolte se fait généralement avant que Tanimal ait consommé, pour son entretien, une partie de la couche interne de son enveloppe, et avant qu'il l'ait percée pour s'envoler sous forme de mouche.
Les premières, plus denses que les autres, sont connues sous le nom de noix de galle noire, verte, vraie ; les secondes, sous celui de galles blanches ou fausses.
Fig. 16.
Fig. 18.
Fig. 19.
Les noix de galle se présentent sous forme de boules sphériques ou ovoïdes, plus ou moins grosses, depuis la
grosseur d'un pois, jusqu'à 1 à 2 centimètres de diamètre, à surface lisse, munie de saillies caniques de dimensions variables.
Les principales espèces sont :
1° Les galles d'Alep ou de Turquie (Alep, Smyrne, Mésopotamie, Asie et Indes orientales).
Diamètre : 1 à 2 centimètres.
Variétés : Noires. — Noir-grisâtre, efflorescences blanches, pesantes.
Vertes, — Vert- jaunâtre, efflorescences blanches. Blanches. — Blanc-verdâtre, piquées et ridées. 2** Galles de Morée. Grosseur d'une noisette, brunes, irrégulières, creuses.
3° Galles de Smyrne (noires, vertes et blanches). Moins estimées que celles d'Alep.
4'' Galles marmorines. Petites, rondes, couleur gris de fer ; assez unies à la surface.
5** Galles d'Istrie. Très-petites, légères, jaune pâle. 6** Galles de France. Boules très-légères, rondes, unies, jaune pâle.
7** Gallons du Piémont; knoppernou knobben. Excroissances irrégulières, développées sur le gland du Quercus pediinculatay à la suite de la piqûre du cynips quercus calycis. Dans ce cas le gland cesse de se développer, et se trouve comme enveloppé d'une production informe, anguleuse, jaune-brun, qui semble même envahir la cupule.
Fjg. 20. "^ Au centre se trouve une larve.
Les pays de production sont : la Hongrie, la Dalmatie, TEsclavonie, la Styrie, la Croatie, l'Aatolie, le Piémont.
8** Galles de Chine. Masses arrondies, îrrégulières, munies de pointes coniques allongées et courbées j creuses. Gros-
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seur d'une noisette. Elles se forment sur une espèce de sumac, et sont recherchées en raison de leur richesse en talinin.
9* Gallons du Levant. Avelanède. Vallonnée (fig. 21).
Cupules du fruit du Quercus œgilops. Ces cupules, munies de grandes et épaisses écailles, se séparent facilement du fruit, à la suite d'une fermentation et d'une dessiccation qu'on leur fait subir en tas.
Pays de production : Archipel grec, Asie Mineure, Levant, Italie, sud de la France.
10° Divi-Divi ou Libi-Divi (fig. 22). Gousses aplaties de S à 6 centimètres"! de long, contournées en S, brun-rouge, un
Fig. 21.
Fig. 22.
peu rugueuses, portées par un arbuste de l'Amérique du Sud, le Cœsalpinia coriaria. Elles renferment un tannin, immédiatement au-dessous de l'épiderme.
ir Myrobolan» Fruit du TermimUia Chebula (Indefc orientales). Viennent par Calcutta. Longueur de 3 centimètres; couleur gris foncé^ ridées^ dures^ luisantes ; saveur amère et astringenteé
12** Sumac. Ce produit, fréquemment employé comme substance colorantô astringente, si'obtient en broyant les feuilles et les tiges de plusieUl^ Târiétés de Sumacs {Bhus
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Elles servent aussi pour robtention de certains noirs vapeur sur soie, associées au campèche et au nitrosulfate de fer.
V encre noire à écrire est une véritable matière colorante, ou plutôt une couleur toute faite, offrant des qualités physiques spéciales qui la rendent apte à être fixée sur papier avi moyen de la plume.
On a proposé un grand nombre de recettes, pour la préparation des encres noires à écrire. Nous ne dirons quelques mots que de celle à base de tannin et d'oxyde de fer.
La matière colorante noire ou bleutée, doit être en suspension dans le liquide, et dans un grand état de division, grâce auquel elle n'ait pas de tendance trop prononcée à se déposer.
Le tannin donne avec les sels ferriques un précipité noir bleuté, en flocons gélatineux, mais la séparation du tannate de fer est trop rapide, et les flocons trop denses. On arrive à de meilleurs résultats, en ajoutant le sulfate ferreux à une décoction de noix de galle ; dans ce cas, le liquide ne se colore et le précipité ne se forme que par suite d'une oxydation au contact de l'air. Ce dernier reste plus divisé. Certaines encres, très-pâles au début, se foncent beaucoup sur le papier. Cet effet se produit lorsque l'oxydation de la couleur n'est pas complète.
L'addition d'une certaine quantité de gomme empêche la précipitation trop rapide de la matière colorante et peut être favorable, quoiqu'au delà de certaines limites, elle rende l'encre trop visqueuse, en l'empêchant de se détacher facilement de la plume. Un des défauts de l'encre ordinaire est la facilité avec laquelle elle moisit. On évite cette altération par l'introduction de certains composés métalliques (sublimé) vénéneux.
Les bois de teinture en poudre ne sont pas directement utilisables dans l'impression des toiles ; delà, la nécessité d'ex-
traire préalablement la matière colorante par un lessivage du bois, et la concentration du liquide aqueux. Cette industrie date du premier tiers de ce siècle. La concentration à feu nu du liquide provenant du lessivage (petites eaux) ne permettant pas d'aller au delà de certaines limites, sous peine d'une destruction totale du principe colorant, et altérant, même dans ces limites, la pureté et la richesse des nuances, on eut recours à la vapeur. Cette modification, tout en reculant le terme possible de l'évaporation, ne permet pas de chasser toute Teau et d'arriver à un extrait sec de bonne qualité.
On n'obtient ce dernier résultat que par la concentration dans le vide, et à une température relativement basse.
On trouve, dans le commerce, des extraits de divers bois colorants (cuba, fuàtel, quercitron, épine-vinette, bois rouges, campêche, noix de galle, etc.), secs ou liquides, marquant divers degrés, 10 à 20* Baume.
La fabrication des derniers ne diffère pas essentiellement de celle des extraits secs, on s'arrête seulement à une phase moins avancée de la concentration, aussi peut-on remplacer à la rigueur, mais avec désavantage quant à la conservation de la couleur, les évaporateurs dans le vide par des appareils à air libre.
La première opération est purement mécanique ; le bois est réduit en une poudre grossière, au moyen de machines spéciales, qui l'attaquent et le déchirent perpendiculairement à la direction des fibres. De cette manière, les cellules qui contiennent la matière colorante sont à peu près toutes déchirées et accessibles à l'eau.
La pulvérisation du bois est une opération assez dispendieuse, à cause de la grande quantité de force motrice qu'elle consomme ; ainsi préparés, les copeaux peuvent être immédiatement soumis au lessivage, ou subir une fermentation oxydante préalable, qui augmente la solubilité de la
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Mohr se sert d'ua mélange de parties égales d'éther et d'alcool et évapore la solution à sec.
Le tannin se présente sous forme d'une poudre blanche ou jaunâtre, amorphe, inodore, de saveur astringente.
Il est très-soluble dans Teau, moins soluble dans Talcool, et peu soluble dans Téther.^
Le tannin fond sous l'influence de la chaleur, et commence à se décomposer h 210'', en donnant de Tacide carbonique, un sublimé d'acide pyrogallique et un résidu brun d'acide gallhumiqua.
Ses solutions aqueuses sont précipitées par beaucoup d'acides et de sels minéraux, qui agissent en diminuant sa solubilité. Elles précipitent par la gélatine ; un morceau de peau fraîche leur enlève peu à peu le tannin en se combinant avec lui. L'émétique donne un précipité blanc, les sels ferriques précipitent en bleu très-foncé. Les sels ferreux ne donnent de précipité qu'à la longue et au contact de l'air, par suite d'une oxydation. Le tannin précipite encore, en blanc, l'acétate de plomb, les sels à alcaloïdes végétaux; les sels d'argent précipitent en brun. Les solutions alcalines brunissent assez rapidement à l'air.
D'après Strecker, le tannin est un glucoside représenté par la formule C^m^^O*^
Il se dédouble, en effet, sous diverses influences en acide gallique et glucose
C«H"0"-|- 4H«0 = 3(C'H«0») + CWW
Tannin. Ae. gallique. Sucre.
Cette réaction s'effectue : i"" aous l'influence d'un ferment (quand on abandonne à elles-mêmes les noix de galle grossièrement pilées et humectées, ou les décoctions de noix de galle) ; 2^ par l'ébulUtion du tannin avec l'adde sulfurique étendu, ou une lessive alcaline.
V acide gallique se trouve tout formé dans les noix de
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galle, et les autres principes astringents eités plas haut. On l'obtient artificiellement, en décomposant parla potasse l 'acide diiodosaiycilique.
L'acide gallique se présente sous forme de longues aiguilles blanches, soyeuses, solubles dans 100 parties d'eau froide et 3 parties d'eau chaude, soluble dans l'alcool et l'éther.
Composition : (?H«0»H*0.
Sous l'influence de la chaleur, à 210% il se décompose en acide carbonique et acide pyrogalliqae
ou, si la température est plus élevée, en eau,, acide carbonique et acide gallhumique brun.
CWO'= C0« -|-H*0 +C«H*0«.
L^acide sulfurique concentré le dissout en le déshydratant et le convertit en un acide rouge, l'acide rufigallique C^H^O*.
Vadde pyragallique se sublime scms forme de paillées blanches, lorsqu'on cl^juafffe à 210* de l'acide galli<ïuie' ou même l'extrait sec de noix de galle. Il est remarquable par la rapidité avec laquelle il absorbe l'oxygène^ en solution alcaline, et se convertit en corps bruiïs nlmiques.
Comme la qualité d'une noix de galle ou d'un principe astringent dépend de ïa propoTtîon de ïannift qu'il renferme, il est important de pouvoir doser rapidement ce corps.
Fehling a proposé l'emploi d'une solution titrée de gélatine, contenant iOgram. par litre. Par un essai préalable on fixe rigoureusement le poids de tannin précipité par un centimètre cube de ce Equîde. En opérant ensuite sur 1 gram. de produit astringent, préalaMcment épuisfé par
eSO TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.
l'eau, on pourra, d'après le volume de solution gélatineuse nécessaire pour précipiter le liquide astringent, calculer la teneur en tannin. Il est bon d'opérer sur tine liqueur légèrement acidulée, elle s'éclaircit beaucoup mieux. La solution de gélatine peut être remplacée par une solution d'émétique ou de sulfate de cinchonine.
Mittenzwei dose le tannin en déterminant le volume d'oxygène absorbé, en présence d'un alcali. 1 gram. de tannin absorbe 175 centimètres cubes d'oxygène. Cette méthode fournît en môme temps l'acide gallique ; 0,700 gram. d'acide gallique absorbent 17S centimètres cubes d'oxygène. Dans ce cas, on détermine l'absorption totale produite par le mélange des deux corps, et l'absorption résultant de l'acide gaUique seul, après qu'on a enlevé le tannin par un morceau de peau.
D'après Stenhouse, le tannin des gallons du Levant ou avelanèdes ne fournit pas d'acide gallique par l'ébuUition avec l'acide sulfurique étendu, mais il se dédouble en sucre et en un corps rouge-brun peu soluble dans l'alcool.
Le tannin du divi-divi ne semble pas non plus identique avec celui des galles. Cette remarque s'applique aussi au principe astringent du myrobolan.
Quant au sumac, il contient réellement de l'acide gallotannique (5 à 16 p. 100), ainsi que de l'acide gallique.
USAGSS DES MATIÈRES ASTRINGENTES ET EMPLOI DANS LA TEINTURE ET L'IMPRESSION .
La noix de galle est employée en nature, à l'extraction du tannin, dans la maroquinerie, pour préparer l'encre, et enfin dans une foule d'opérations de teinture.
Le tannin pur du commerce est lui-même usité dans quelques procédés de fixation des matières colorantes, surtout des matières colorantes anilîques (Voir fixation des couleurs d'aniline) ; il sert en photographie. .