‹ Traité des matières colorantes (volume 2)Chapitre 81 sur 110 · ALOÈS · texte numérisé non relu

ALOÈS

que à 36* Baume dans lequel on a mis 1 kilogramme d'aloès en gros morceaux. Quand Teffervescence s'est calmée, on peut employer le liquide, renfermant alors de Tacide aloétiqùe, en l'étendant de son volume d'eau. Si Ton veut, au contraire, obtenir de l'acide chrysammique, au lieu d'eau on ajoute 1 kilogramme d'acide nitrique, et l'on chauffe tant qu'il se dégage un gaz ; le liquide est versé dans l'eau. - L'acide se sépare en flocons, on lave par décantation ' et enfin sur un filtre, jusqu'à ce que l'eau prenne une teinte pourpre. On obtient 40 à 80 grammes de produit, sous forme d'écaillés d'un beau jaune doré. Dans cette réaction, il se forme en même temps de l'acide oxalique et de l'acide picrique.

L'acide chrysammique est à peine soluble dans l'eau froide, qu'il colore néanmoins en beau pourpre, il se dissout facilement dans l'alcool et l'éther. Les chrysammates, même ceux à base d'alcali , sont peu ou point solubles. Cristallisés , ils ont un reflet doré verdâtre. ' L'acide chrysammique fait explosion par la chaleur ; l'acide sulfurique le décompose avec un dégagement abondant de gaz et production d'un corps violet, que l'ammoniaque dédouble en une substance bleue insoluble^, et en un produit bleu soluble.

Les sulfures alcalins transforment Tacide chrysammique, en présence de la potasse, en un corps bleu qui cristallise, -par le refroidissement de la solution potassique, en belles aiguilles, rouges par réflexion, et bleues par transparence (hydrochrysamide), insolubles dans l'eau et, l'alcool. Le protochlorure d'étain produit un effet analogue, il en est de même du sulfhydrate d'ammoniaque.

L'ammoniaque donne, avec l'acide chrysammique, deux -amides. L'une, la chrysamide C'^H^(AzO*)*AzO, cristallise en aiguilles brun rougeâtre, à reflets vert métallique; l'autre, l'acide chrysamidique C^H*(AzO^)^AzO*, est d'un vert olive foncé. Nous voyons, d'après cela, que l'aloès est riche

curcuma pousse à Tétat sauvage, aux Indes orientales, en Chine (Kiang-hoang), à Madagascar, aux îles Barbades. On

le cultive avec succès à Tabago, Java, Batavia, etc. Le produit du Bengale est le plus estimé.

On apprécie la richesse du produit par un essai de teinture, soit avec de la soie, soit avec de la laine.

D'après Tencyclopédie japonaise, il existe une autre variété de curcuma, appelée Yo-Kin, dont les fleurs sont blan- .ches ; la racine, grosse comme le doigt et longue d'un pouce, a des raies transversales comme celles du ventre d'une cigale. Elle est très-estimée en Chine.

La racine du curcuma renferme, d'après Vogel et Pelletier , 1* du ligneux, 2' une fécule amylacée, 3" de la matière colorante jaune. J'y ai constaté également une grande quantité de produits pectiques.

Elle cède très-difficilement son principe colorant à l'eau. L'alcool, l'éther, les huiles grasses et essentielles, s'en emparent facilement.

La solution alcoolique de curcuma précipite en rouge par le sel d'^étain, en rouge marron par l'acétate de plomb, en jaune rougeâtre par les sels de mercure. Les sels de fer la colorent en brun.

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