MATIÈRE COLORANTE DU CURCUMA
jaune persistant, par une ébuUition prolongée. L'ammoniaque colore en bleu pur magnifique les solutions alcooliques de rosocyanine, cette coloration n'est pas stable, et au bout de quelque temps elle a fait place à un gris salei Les acides la ramènent au rose. L^eau de chaux ou de baryte donne des précipités bleus. C'est pour rappeler ces alternatives de coloration que M. Schlumbei^er donne à ce corps le nom de roséocyanine ou rosocyanine. Il ne contient pas d'acide borique. Les relationsdecompositîonsqui relient la curcumine, la roséocyanine et la pseudocurcumine ne sont pas connues, pas plus que la véritable composition de la curcumine.
Il est possible que les phénomènes de coloration offerts par la curcumine, qui passe au rouge et au bleu, puis de nouveau au jaune, sous Tinfluence d'agents peu énergiques, aient quelque rapport avec ce que l'on observe à l'époque de la floraison. On peut se demander, par exemple, si la roséocyanine de M. Schlumberger ne représente pas la matière colorante rouge des fleurs ou cyanine, étudiée par MM. Premy et Gloëz, qui, comme elle, vire au bleu par les alcalis. '
Si cette opinion probable devait se confirmer par une étude comparative plus détaillée, on aurait là un excellent moyeq de préparer en grand la matière colorante rouge des fleurs, si difficile à obtenir directement.
Applications. — Le curcuma est très-riche en matière colorante, mais la grande fugacité des teintes jaunes, qu'il est susceptible de donner, en limite beaucoup l'emploi. On s'en sert pour.colqrer le bois, le papier, le beurre, les pommades. Les Indiens en font usage pour colorer leur riz, et aussi pour se teindre la peau.
Les chimistes préparent leur papier de curcuma, en immergeant du papier dans une solution alcoolique- Ce papier est destiné à la recherche des alcalis ou de l'acide boriquCk
Les Chinois se servent du kiang-hoang, pour teindre la
soie en jaune. C'est la teinture la moins chère, mais aussi la plus fugace« A cet effet, on verse de l'eau bouillante sur le curcuma en poudre, on agite, on laisse reposer, puis on décante. C'est dans ce bain, acidulé avec du jus de citron, que Ton manœuvre la soie.
La matière colorante du curcuma se fixe directement sur soie, sur laine et sur coton, et il suffit à cet effet de passer le tissu dans une décoction bouillante de cette racine.
En imprimant une solution alcoolique ou acétique de curcumine, et en vaporisant on fixe également la couleur.
On peut aussi imprimer une solution légèrement alcalinisée. M. Persoz a obtenu de bons résultats, en imprimant une émulsion préparée avec du carbonate de soude et une solution de curcumine dans l'huile tournante. Après dessiccation on passe en acide.
Si Ton fixe sur soie, par voie d'impression, des mordants d'alumine et de fer, et si l'on passe dans un bain de bois rouge et de curcuma, les parties mordancées se chargeront de rouge et de noir formés par la brésiline, et les fonds se teindront en jaune de curcuma (1).