‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 108 sur 124 · MATIÈRES COLORANTES JAUNES DES FLEURS · texte numérisé non relu

MATIÈRES COLORANTES JAUNES DES FLEURS

Xanthine et xanthèine.

MM. Fremy et Cloëz ont étudié les matières colorantes jaunes des fleurs, en général, et ont reconnu que les pétales renferment deux principes jaunes, l’un soluble dans l’eau (xanthèine), l’autre insoluble (xanthine). Le grand soleil ou ( helianthus annuus) se prête le mieux à l’extraction de la xanthine. On épuise la fleur par l’alcool bouillant. Le

principe jaune se dépose par refroidissement, en mélange avec de la graisse, dont on le débarrasse par saponification. Le savon étant décomposé par un acide, on traite l’acide gras coloré en jaune, par de l’alcool froid ; la xanthine reste comme résidu. Elle est soluble dans l’alcool, l’cther, incristallisable et résineuse. Cette substance pourrait être identique avec la curcumine, ou plutôt la pseudo-curcumine de M. Schlumberger.

La xanthéine , principe très-soluble dans l’eau, se trouve principalement dans les pétales des dahlias jaunes; on épuise celles-ci par l’alcool, on évapore à sec, on reprend par l’eau, on évapore à sec et on reprend par l’alcool absolu. La dissolution étendue d’eau est précipitée par l’acétate de plomb. Le précipité, mis en suspension dans l’eau, est décomposé par l’acide sulfurique, on filtre et on évapore. Elle est soluble dans l’eau, l’alcool, l’éther. Les alcalis la colorent en brun très-foncé, que les acides ramènent au jaune. Elle forme des laques colorées avec la plupart des oxydes métalliques, et peut teindre les tissus en tons jaunes assez vifs.

On ne sait rien du reste sur les propriétés chimiques, la composition et la constitution intime deces deux produits, que nous ne pouvons, par conséquent, pas rapprocher de l’une ou de l’autre des matières colorantes jaunes végétales.

M. Ed. Schwartz a fait des essais de teinture dans le but d’apprécier la richesse de certaines fleurs ou feuilles, en matière colorante jaune, susceptible de se fixer aux mordants d’alumime. Il a opéré avec les fleurs de pomme de terre, les fleurs et les feuilles de tilleul, les feuilles d’aune, de peuplier, de marronier d’Inde, de chêne.

Toutes ces substances contiennent bien moins de parties colorantes que la gaude ou le quercitron. Au point de vue de la solidité, les nuances se rapprochent de celles du quercitron.

Les teintes les plus pures et les plus riches ont été fournies

MATIÈRE COLORANTE DE LA RACINE DE CAROTTE. 491

par les feuilles de marronnier et les fleurs de pommes de terre. La couleur donnée par les feuilles de noyer tire sur l’orangé.

Il existe, dans presque tous les pays de l’Europe, un assezgrand nombre de plantes, dont les fleurs sont assez riches en matières colorantes jaunes, et que l’on emploie à la teinture en olive(l). Telle est, par exemple, la sauge {salvia colorons).

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