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MORDANTS POUR NOIRS, VIOLETS ET LILAS

La base des noirs, violets et lilas, obtenus avec les matières colorantes de la garance est l’hydrate de peroxyde de fer ou un sel basique insoluble de fer. Nous avons déjà rencontré ce corps fonctionnant comme couleur par lui-même dans la préparation des nuances chamois, rouilles et nankin. Mais la quantité d'hydrate de fer nécessaire pour donner, avec la garance, l’effet maximum, n’est pas suffisante pour constituer une couleur sur tissu.

De même que pour l’alumine, plusieurs moyens se présentent à l’esprit pour fixer sur tissu du peroxyde de fer hydraté.

Tels sont :

1° L'emploi de sels de peroxyde de fer basiques qui cèdent une partie de leur oxyde à la fibre, par suite d'une attraction de porosité ;

2° Les sels de peroxyde neutres exigeant le déplacement de l’oxyde par double décomposition opérée par l’ammoniaque , les alcalis caustiques ou carbonatés et certains sels alcalins

GARANCE

(phosphates, arséniates, etc.), dont l’acide forme avec le peroxyde de fer des composés insolubles ;

3° Les sels de peroxyde qui se décomposent spontanément en acide volatil et en base ;

4° Les sels de protoxyde de fer qui exigeront toujours en même temps que le déplacement de l’oxyde, une oxydation simultanée ou consécutive ;

o° Enfin les dissolutions alcalines de peroxyde de fer.

Parmi tous ces moyens, l’expérience et la pratique ont consacré l’usage de l’acétate ferreux ou du pyrolignite de fer.

Ces préparations, imprimées et exposées dans une atmosphère humide et chaude, ne tardent pas à s’altérer en perdant leur acide acétique et en fixant en même temps de l’oxygène. De sorte que le résultat final est le dépôt, sur la toile, d’hydrate ferrique ou d’un sous-acétate ferrique insoluble.

M. H. Schlumberger a montré que l’on peut obtenir de bons résultats avec diverses dissolutions acéto- ferrugineuses, obtenues soit :

1° Par double décomposition opérée entre l’acétate de plomb et le sulfate de fer ;

2° Par l’acide acétique et le fer ;

3° Par le vinaigre de Bourgogne et le fer ;

4° Par le fer et l’acide pyroligneux épuré ;

o° Par le fer et l’acide pyroligneux épuré et en faisant bouillir pendant S minutes (pyrolignite débouilli) ;

6° Par le fer et l’acide pyroligneux brut ;

7° Par le sulfate ferreux et le pyrolignite de plomb.

Il suffit, pour la bonne réussite, que la dissolution soit à l’état de protoxyde, lorsqu’on la porte sur la toile.

L’action oxydante de l’air sur les mordants de fer, avant leur application sur la toile, doit toujours être évitée le plus possible.

Les mordants suroxydés ne se combinent plus avec la toile et s’en détachent en grande partie ou même complète-

ment pendant le bousage. Cet effet est-surtout à craindre pendant l’impression à la planche, où, souvent, une petite portion de couleur reste exposée sur une large surface au contact de l’air.

Durant l’impression au rouleau, cette action est peu sensible. La nature de l’épaississant a une influence bien marquée sur la fixation de l’oxyde de fer. Toutes choses égales d’ailleurs, l’amidon fixe plus d’oxyde que la gomme d’amidon, et celle-ci plus que la gomme du Sénégal.

L’état de viscosité du mordant épaissi n’a pas une moindre action sur la réussite. Il faut donc donner à chaque couleur le degré de viscosité que réclame le genre de dessin et d'impression.

Nous avons déjà vu,t.I,p.246 et 247; comment on obtient ces deux préparations. Généralement on emploie le pyrolignite de- fer épuré, obtenu avec de l’acide pyroligneux séparé, par une distillation, de la plus grande partie des substances goudronneuses, et marquant 10° Baumé.

Voici quelques exemples de mordants pour violet : l’épaississant employé est le léiocomme.

Violet 8.

Eau bouillante 48 litres.

Pyrolignite à 10° Baumé.. . 6 —

Léiocomme 36 kilogrammes

Essence de térébenthine.. . 373 grammes.

Violet 10.

2 parties violet 32

Violet 32.

48 litres.

1 1/2 litre.

30 kilogrammes.

373 grammes.

Violet 12 .

4 parties violet 32

Violet 16.

8 parties violet

GARANCE

^Violet 20.

1 partie violet 32

Violet 22.

14 parties violet. 32.

Violet 24.

16 parties violet 32

Noir.

Pyrolignite de fer à 10o

Amidon grillé

Eau

Quercitron à 18°

Campêclie à 17°

Huile d'olive

32 litres.

10 kilogrammes.

24 litres.

1/4 litre.

Autrefois on ajoutait au mordant pour noir, destiné à l’impression à la planche, un sel de cuivre, notamment l’acétate qui peut avoir pour but de favoriser et de hâter la combinaison de l’oxyde de fer avec la toile.

M. H. Schlumberger (1) ayant observé que l’arsénite de cuivre et de chaux (15 grammes de chaque pour un litre de mordant) favorise la combinaison de l'oxyde de fer avec la toile, d’une manière toute particulière, on avait pris l’habitude d’ajouter aux mordants pour violet, ce qu’on appelait la dissolution de cuivre pour violet, préparée avec :

Eau de chaux 68 litres. 1 Faire bouillir et lais-

Arsenic blanc 11/2 livre.? ser déposer avant de

Sulfate de cuivre 1 1/2 livre. ) s’en servir.

Voici, comme exemple, un mordant violet renfermant la dissolution de cuivre.

(1) Bulletins de la Soc. indust. de Mulhouse, t. XIII, p. 408. II. 15

Dissolution de cuivre 3 pots.

Pyrolignite de fer à 14° 1/2 pot .

Eau 4 pots.

Vinaigre à 2° 2 pots.

Amidon grillé 9 à 10 livres.

De nos jours on a presque partout renoncé à l’emploi de cette dissolution, qui ne paraît pas être aussi indispensable au succès du violet qu’on le pensait autrefois.

Cette action utile des sels de cuivre, dans les mordants pour violet, a principalement lieu avec les dissolutions ferriques pures, et surtout avec les mordants épaissis à la gomme du Sénégal. Avec d’autres épaississants et d’autres dissolutions ferrugineuses, comme le pyrolignite de fer, l’avantage résultant de l’emploi du cuivre est très-faible.

Hyposulfite de fer (1). — Ce sel peut servir, d’après les expériences de M. E. Kopp, pourmordancer les tissus, mais le bas prix du pyrolignite de fer rendra toujours ce dernier plus avantageux en pratique.

L’hyposulfite ferreux, exposé au contact de l’air, se convertit peu à peu en sulfate ferreux, puis, enfin, en sous-sulfate ferrique insoluble.

La lenteur de cette oxydation permet une fixation trèsintime à la fibre, sans que celle-ci soit sensiblement affaiblie.

On le prépare, soit par l’action de l’acide sulfureux sur le protosulfure de fer délayé dans l’eau, soit parla décomposition du sulfate ferreux au moyen de l’iiyposulfite de chaux. On peut aussi simplement mélanger de l’hyposulfite de soude à une solution de sulfate ferreux.

M. Persoz (2) a encore proposé l’emploi d’une solution ammoniacale depyrophosphate ferrique. Il suffitdel’imprimer et de dessécher lentement le tissu pour obtenir, en bain de

(1) Bull, de la Soc. ind. de Mulh., t. XXVIII, p. 444.

(2) Traité de l’impression des tissus, t. II, p. 101 .

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garance, les teintes violettes les plus pures. Des toiles -ainsi mordancées se teignent encore dans un bain de garance épuisé où ne se teindraient plus des tissus mordancés à la manière ordinaire.

MORDANTS FUCES.

Le mordant puce résulte du mélange du mordant pour rouge et de celui pour violet. En variant les proportions respectives de ces deux agents, on modifie la teinte [intermédiaire, d’une foule de flacons.

En appelant mordant Z la préparation pour rouge suivante :

Alun 10 kilogrammes

Acétate de plomb 10 —

Eau 20 litres

et mordant puce la préparation pour rouge suivante :

Alun

Pyrolignite de plomb

Eau

Cristaux de soude. . .

On obtient des puces en prenant :

Mordant Z

Pyrolignite de fer à 10°

Extrait quercitron à 20°

Amidon blanc

Léiocomme

Huile tournante

Mordant puce

. 12 litres.

16 litres.

Pyrolignite de fer à 10°

Extrait de quercitron à 20°..,

. 3/4 litre.

1/2 litre.

Amidon blanc

. 3 kilogr.

4 kilogr.

Léiocomme

375 gram. 5

00 grammei

Huile tournante

144 kilogrammes

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