‹ Traité des matières colorantes (volume 3)Chapitre 55 sur 124 · ROIS ROUGE OU BOIS DE BRÉSIL · texte numérisé non relu

ROIS ROUGE OU BOIS DE BRÉSIL

acétique anhydre (anhydride de Gerhardt), j’ai obtenu un dérivé insoluble dans l’eau et cristallisant dans l’alcool en aiguilles cl’un jaune très-clair. Ce dérivé, dont l’étude m’occupe en ce moment, me permettra de fixer définitivement le poids moléculaire de la brésiline. Attaquable pai l’acide acétique anhydre et donnant un acétate, la brésiline se comporte comme un alcool, et probablement comme un alcool polyatomique. Comme on pouvait le prévoir, par analogie avec ce qui se passe pour l’hématine, la brésiline chauffée avec de l’ammoniaque à 100°, en vase clos, à l’abri de l’air, donne un composé amidé incolore, très- altérable au contact de l’air et fonctionnant comme une véritable base (1).

La formule de M. Bolley rapproche la brésiline de l’hématine du bois de Campêche. Elle n’en différerait que par les éléments de l’alcool phénique ou du phénol.

Brésiline C22H20O7

Hématine C16Hu06

Difi'érence C6H60 phénol.

Ce rapprochement explique l’analogie des deux matières colorantes, analogie qui est assez grande pour que certains auteurs aient cru pouvoir admettre l’identité. Cette identité n’existe pas en pratique, et n’a pas été confirmée par les recherches chimiques récentes. On comprend ainsi pourquoi l'hématine oxydée par l’acide nitrique ne fournit que de l'acide oxalique, tandis que la brésiline donne, en même temps, de l'acide trinitro-phénique ou picrique.

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