I10IS ROUGE OU BOIS DE BRÉSIL
peroxyde de fer hydraté, ou en un mélange des deux, nous verrons apparaître des nuances rappelant, jusqu’à un certain point, celles de la garance ou plutôt de la cochenille. A savoir : des rouges et des roses avec l’alumine, un violet grisâtre ou un noir avec l’oxyde de fer, et une espèce de puce avec le mélange des deux, un rouge avec le bioxyde d’étain. Le noir n’a rien de remarquable, le violet est laid. Les rouges et les roses ont assez d’éclat et de vivacité, mais ils se ternissent rapidement, et finissent par disparaître sous l’influence de la lumière.
Avec l’oxyde de chrome hydraté, on obtient une nuance olive.
Ces couleurs sont remarquables par leur peu de solidité et leur sensibilité aux réactifs. Elles ne supportent pas le savonnage. Les alcalis font immédiatement virer les rouges de Brésil au bleu violacé ; les acides le ramènent au jaune.
La teinture du calicot n’utilise guère la matière colorante du bois rouge, si ce n’est en mélange avec la garancine, ou pour colorer les mordants pendant l’impression. L’usage des extraits rouges, dans ce dernier cas, est fondé sur le peu de stabilité des laques formées. La brésiline disparaît, en effet, entièrement pendant le bousage et le garançage, après avoir rempli son but, celui de permettre à l’ouvrier imprimeur de suivre son travail.
Les décoctions et les extraits servent fréquemment, dans l’impression des couleurs vapeurs, pour produire des rouges. Outre l’épaississant et la matière colorante, on fait entrer dans ces préparations : 1° de l’acétate d’alumine, 2° du chlorure stannique et de l’acide oxalique, 3° des sels de cuivre (acétate) destinés à provoquer et à bâter l’ox) dation pendant le vaporisage. Ces couleurs vapeurs renferment donc, à l'état de dissolution, les éléments de la laque rouge, dont le vaporisage déterminera la précipitation en présence de la fibre, et partant l’adhérence.
Exemples de rouges, de roses vapeur et d’application au bois, sur calicot.
Rouge foncé au rouleau, vapeur.
9 litres sainte-marthe à 3°.
1 — graine de Perse, à 8°.
1 1U,50 mordant rouge.
Ikil,o00 amidon.
0®r, 125 nitrate de cuivre, cà 50°.
Rose vapeur, sur tissu mordancé.
2lil,50 sainte-marthe, à 3°.
51U,50 eau.
6 livres gomme.
360 grammes dissolution pour rose.
50 grammes nitrate de cuivre, à 55°.
La dissolution d'étain pour rose se prépare avec
12 kilogrammes acide azotique, à 36° Baumé.
3kil,250 eau.
Ikil,2o0 sel ammoniac.
2kil,500 bichlorure d’étain.
lkil,500 étain anglais.
Rouge d’application.
5 kilogrammes sainte-marthe, à 3° (y cuire).
0kil,250 gomme adragante (ajouter).
600 grammes bichlorure d’étain, à 50°.
180 — sel pour rose en farine.
150 — nitrate de cuivre, à 50".
2bll,100 dissolution d’étain pour rose.
La couleur d’application n’a besoin, pour se fixer, que du repos et ne comporte pas le vaporisage.
Rose d’application :
1 kilogramme rouge précédent.
ikll,500 eau de gomme adragante.
ROIS r.OUGE OU BOIS DE BBÉSIL. 3 11
M. Échantillon de rouge vapeur lima.
Dans ces couleurs le mordant est mixte (stannico-aluminique), ou seulement composé d’oxyde d’alumine, ou d’oxyde detain. L’oxyde d’étain donne à la couleur une nuance un peu plus marquée que l’alumine.
La teinture de la laine avec les bois rouges sc fait en mordançant préalablement la fibre à l’étain ou à l’alumine.
Sur 10 kilog. de laine, on prend 1 kilog crème de tartre et 2 litres de dissolution pour rouge, on y passe la laine au bouillon pendant une heure.
Cette dissolution d’étain pour rouge se prépare avec 8 litres eau, 400 grammes sel marin, lkil,250 étain et 8 litres d’acide nitrique.
Le bain d’alun se compose, pour 10 kilog. de laine de 2 kilog. alun et 20 grammes d’acide sulfurique. On y laisse la laine une heure au bouillon. Pour les couleurs vapeur, sur laine et soie, et même pour la teinture, les bois ont été en grande partie remplacés par les nouvelles couleurs, au moins en ce qui touche les rouges. Ils entrent plus souvent dans la constitution des nuances puces, bois, etc. et sont alors associés à l'orseille et à d’autres matières colorantes.
La teinture des laines en consomme aussi d’assez fortes proportions.
Essai des bois rouges et des extraits.
Le meilleur mode d’essai est fondé sur les procédés de teinture ou d’impression.
Pour essayer un bois ou un extrait par teinture, on opère avec 10 grammes de bois pour un échantillon mordancé en bandes de 25 centimètres carrés, semblable à ceux qui servent pour la garancine, 1/4 litre d’eau. On teint au bainmarie, dans un bocal en verre, en remuant, pendant une demi-heure. L’échantillon lavé à l’eau est passé dans un bain de son à 80°, lavé à l’eau froide et séché. La comparaison avec le type donnera la richesse et la beauté. Pour les extraits on opère de même, en prenant un poids convenable. L’extrait à 10° Baumé vaut environ S fois le bois.
On peut aussi préparer une couleur :
20 grammes d’extrait.
mordant d’alumine, d’eau.
de gomme pilée.
Passer au tamis, après dissolution de la gomme. Imprimer sur calicot, au rouleau, ou sur mousseline à la planche plate, sécher, vaporiser et laver.
Cet essai doit toujours se faire comparativement avec un extrait type.
Analyse de la couleur sur tissu.
Rien n’est plus facile que de reconnaître un rouge au bois, fixé sur tissu.
Ils sont, comme les rouges de garance et de cochenille, décolorés par le chlore et l’acide hypochloreux et laissent, à l’incinération, un résidu composé d’alumine ou d’oxyde d'étain, suivant l’espèce de mordant employé. Ils passent au savon bouillant, ce qui les distingue des rouges garancés. Par
BOIS DE CAMPÈCHE
l'immersion successive en acide chlorhydrique et en chaux, ils donnent un violet passant au savon. L’acide sulfurique concentré fait virer les bois au rouge-cerise vif, tandis que la cochenille donne un jaune orangé.
Bibliographie. — Annales de chimie, lr' série, XII, 221 ; XX, 387 ; VI, 17. — Chevreul, Mémoire sur le bois de Brésil, LXVI, 225. — Dingler, XVII, 2e série, 323; XIX, 283. — Bulletins de la Société d'encouragement, XXe année, 328; LI 1 Ie année, 580. — Dingler’s Polytechnisches Journal, XXV, 80 ; LII, 146; LIV,373 ; XCIII, Il 1 et 1 10.
BOIS DE CAMPÈCHE
Les nuances fournies par le bois de Gampêche, sur tissus mordancés, sont assez éloignées de celles des bois rouges ; mais l’analogie de composition que nous avons fait ressortir plus haut, entre les matières colorantes, nous conduit à les étudier simultanément.
Le bois de Gampêche ou bois d’Inde, bois noir, bois bleu, nous arrive sous forme de grosses bûches dépouillées, du poids de 200 kilogrammes environ ; d’une couleur rouge brun à l’extérieur, moins foncée dans les parties internes, préservées du contact de l’air. Elles sont très-dures, susceptibles d’un beau poli, et offrent de larges crevasses. La saveur est sucrée et astringente; ce bois colore la salive en rouge.
L’ hematoxylon campechianum , dont le tronc fournit cette matière colorante si utile aux teinturiers, est un arbre épineux, de la famille des légumineuses. Il croît dans toutes les parties de l’Amérique méridionale et aux Antilles. La baie de Campêche au Mexique lui a donné son nom.
Le campêche fut introduit en Europe peu de temps après la découverte de l’Amérique.
Les diverses variétés se distinguent par les noms des localités qui les fournissent. Ce sont :
1° Le campêche coupe d’Espagne ; 2° le campêche coupe
Anglaise provenant de la Jamaïque ; 3° le campêche coupe de Saint-Domingue et d’Haïti. Il paraît plus oxydé que la première espèce ; 4° campêche d'Honduras ; 5° le campêche de la Martinique ; 6° le campêche de la Guadeloupe. Ces deux dernières espèces sont moins riches et moins estimées que les autres (I).
On doit à M. Chevreul (1810) et à M. Erdmann la connaissance des propriétés et de la composition de la matière colorante du bois de Campêche. Comme pour le bois de Brésil, elle existe dans les décoctions aqueuses sous trois formes, 1° à l’état oxydé, 2° à l’état eolorable; elle est alors désignée sous le nom d’hématine ou d’hématoxyline, 3° à l’état de glucoside. Lapartie oxydée se produit par l’altération du bois au contact de l’air ; c’est à elle que les décoctions doivent leur teinte foncée. Cette oxydation peut, du reste, être plus ou moins avancée. Ainsi, dans les extraits liquides concentrés, le sel marin précipite une substance résineuse presque noire; tandis qu’avec la décoction, le précipité est rougebrique clair et cristallin.
Le pouvoir colorant du boisest très-notablement augmenté, à la suite d’une espèce de fermentation qu’on lui fait subir, quelquefois, en l ’étalant en pondre humectée, en couches de ! mètre à lm,50 d’épaisseur, sur le plancher dallé d’une chambre.
Il faut avoir soin de renouveler fréquemment les surfaces et d’établir un courant d’air actif, afin d’éviter une trop forte élévation de température.
Les modifications éprouvées dans ces conditions se portent. surtout sur les substances étrangères qui accompagnent l’hématine ; aussi une poudre ainsi fermentée ne salit-elle plus autant les blancs d’un tissu mordancé. 11 est probable que dans cette circonstance les glucosides colorants sont saponifiés: de là l’augmentation du pouvoir colorant.
(1) Girai'din, t. If, p. 51o.
COIS CE CAMPÈCHE
M. Chevreul a retiré, pour la première fois, l’hématine cristallisée, en épuisant par l’alcool un extrait aqueux sec de bois de Campêclie. M. Erdmann traite le bois de Gampêcbe, ou encore l’extrait aqueux mélangé à beaucoup de sable quartzeux, par de l’éther.
La solution évaporée à consistance de sirop épais, est mélangée à de l’eau, et abandonnée à elle-même. L’hématine ou hématoxyline cristallise au bout de quelques jours.
On trouve souvent au fond des tonneaux, où l’on conserve de l’extrait liquide de campêche, l’hématine cristallisée en houppes magnifiques. Ces cristaux prismatiques ont un éclat brun métallique à la surface, tandis que l’intérieur est jaune clair.
Propriétés de l'hématine ou hématoxyline. — Les cristaux sont jaune clair, brillants, transparents; leur poudre est blanc jaunâtre. Ils appartiennent au système tétragonal; saveur sucrée comme celle du bois de réglisse. Elle ne se dissout que lentement et en petite quantité dans l’eau froide; beaucoup mieux dans l’alcool, l’éther et l’eau bouillante.
Les cristaux prismatiques contiennent 15,1 pour 100 d’eau.
Lorsqu’on laisse refroidir, dans un flacon bouché, une solution d’hématine saturée à chaud, celle-ci dépose, au bout d’un temps assez long, des cristaux grenus, non déterminables, renfermant seulement fi, G pour 100 d’eau.
Ces deux formes correspondent à deux états d’hydratation distincts. La formule de l’hématine sèche est, d’après les analyses de M. Erdmann, C16Hu06. L’hématine prismatique renferme 3 molécules d’eau, et celle en cristaux grenus n’en contient qu’une molécule. Une partie de l’eau de cristallisation s’échappe à 100°; pour dégager les dernières traces, il convient de chauffer plus fortement. Sous l’influence de la chaleur, l’hématine fond dans son eau de cristallisation, puis se décompose en laissant un abondant résidu de charbon.
316 TRAITÉ R liS MATIÈRES • COLORANTES.
Elle n’est nullement volatile.
L’hématine pure, exempte de produits d’oxydation et à l’abri de l’air ou de l’oxygène, fonctionne comme un acide faible et donne avec les bases des combinaisons incolores. Celles-ci ont une grande tendance à absorber l’oxygène et à se colorer. Ainsi avec l’eau de baryte on obtient un précipité blanc, mais qui bleuit rapidement à l’air, et finit par prendre une teinte rouge-brun.
Il est beaucoup plus difficile de préparer une combinaison blanche avec les alcalis. L’affinité de l’hématine pour l’oxygène est tellement exaltée par la présence de la potasse ou de la soude, et il est si difficile de disposer d’hématine complètement désoxydée, que l’addition de ces corps à une liqueur hématique provoque immédiatement une teinte violacée, qui fonce rapidement à l’air.
On atteindra cependant ce résultat, en utilisant la propriété que possèdent les hématates alcalins d’être très-peu solubles dans une eau chargée de sel marin.
Si l’on sature une solution froide de campêche ou d’hématine avec du sel marin, et si l’on ajoute peu à peu de la soude caustique, les premières parties du précipité seront colorées, parce qu’elles entraînent la substance oxydée. En filtrant rapidement et en continuant l’addition d’alcali, on verra apparaître un dépôt presque blanc, comme avec la baryte; mais l'accès de l’air le colore rapidement.
L’acétate de plomb, neutre ou basique, précipite 1 hématine en blanc bleuâtre. Le précipité s’oxyde rapidement et se colore.
Les sels oxydants, tels que sels d’argent, d’or, de cuivre, donnent des dépôts qui s’altèrent rapidement. Dans les deux premiers cas le métal devient libre.
Le sel d’étain donne un précipité rose inaltérable. L’alun colore en rouge clair les solutions d’hématine, mais sans donner de précipité. L’alun de fer fournit au bout de quelque temps un léger précipité noirâtre.
BOIS IIE CAM PECHE
Les acides minéraux étendus sont sans action. L’acide nitrique attaque vivement l’hématine avec formation d’acide, oxalique. Le chlore la change en une substance brune non cristallisable. L’acide chromique et le bichromate sont instantanément réduits, avec production d’unelaque noire assez intense, qui a trouvé des applications dans l’impression des tissus.
Les caractères assignés par M. Chevreul à une décoction de campêche se rapportent à des mélanges de matière colorable (hématine) et de matière colorée (hématéine).
Sous l'influence des acides minéraux ou organiques étendus une semblable décoction vire au jaune ; avec les mêmes acides concentrés elle passe au rouge.
L’acide sulfhydrique la décolore en formant avec la substance oxydée une combinaison incolore.
Les acides sulfureux et carbonique la font virer au jaune.
Alcalis, — coloration rouge, puis violacée.
Baryte et chaux, oxydes métalliques hydratés — précipités bleus.
Les sels basiques agissent comme les bases.
Les sels acides agissent comme les acides.
L’aluminate de soude donne un abondant précipité bleu violacé, insoluble dansun excès d’alcali. Ce caractère est tellement sensible, qu’il permet de déceler la présence du campêche dans un mélange, avec la plus grande facilité (1).
L’hydrate de protoxyde d’étain s’unit à la matière colorante, à la manière des alcalis, en donnant une laque violacée. Le protochlorure d’étain donne un précipité violet.
L’hydrate stannique fonctionne comme acide et fait virer au rouge.
Alun, coloration d’abord jaune, puis rouge. Sels de fer, précipité noir bleuâtre.
(1) E. Mathieu Plessy, But/, de la Soc. industrielle de Mulhouse , t. XX\ II, p. 403.
Sels de cuivre, précipité bleu.
— de zinc, — pourpre foncé.
Sublimé corrosif, — • orange.
Chlorure d’antimoine, précipité cramoisi.
Nitrate de bismuth, — violet magnifique.
L’hémati ne traitée par l’ammoniaque caustique donne un liquide violet. Si l’on chauffe celui-ci en vase clos, à 100°, pendant quelques heures, il se décolore presque entièrement, par suite d’une réduction provoquée par l’ammoniaque. Le liquide se prend en masse, par le dépôt d’une substance blanche floconneuse, soluble dans les acides en jaune clair et précipitable par les alcalis en blanc. Ce corps, qui renferme les éléments de l’hématine et de l’ammoniaque, fonctionne comme une base organique. Dès qu’il reçoit le contact de l’air, il bleuit rapidement. Je n’ai pu le dessécher pour en faire une analyse. Tout ce que j’ai pu constater, c’est qu'il renferme de l’azote combiné, sous une autre forme qu’à I état de sel ammoniacal.
L’hématine chauffée à 140° avec de l’acide acétique anhydre donne un dérivé acétique coloré en brun clair, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool. 11 se dépose par l’évaporation d’une solution alcoolique, sous forme d’une masse amorphe résinoïde, très-fusible.
L’analyse de ce dérivé permettra de fixer la véritable formule de l’hématine.
M. Erdmann donne le nom d’hématéine au produit qui prend naissance lorsque l’hématine absorbe l’oxygène, en présence des alcalis.
En agitant pendant quelque temps, au contact de l’air, à une douce chaleur, une solution saturée d’hématine dans l’ammoniaque, le liquide prend une coloration rouge-cerise foncé et dépose des cristaux grenus d’hématéate d’ammoniaque. Celui-ci, décomposé par l’acide acétique, donne un précipité volumineux brun-rouge, devenant vert foncé à l’éclat métallique, par la dessiccation. La poudre est rouge ;
BOIS I)E CAIMPÈCHE.
l’hématéine est très-peu soluble dansl’eau froide, plus soluble à l’ébullition, soluble dans l’alcool, peu soluble dans l’éther.
Sa composition est représentée par la formule C16H1206. Elle ne diffère donc de l’hématine que par deux atomes d’hydrogène en moins et se forme d’après l’équation
C16H1406 -f O = C16Hl206 4- H20.
Les alcalis et l’ammoniaque dissolvent l’hématéine en bleu ou en pourpre. Le liquide devient brun à l’air, par suite d’une oxydation plus avancée.
L’hématéate d’ammoniaque est une poudre noire violacée, formée de prismes microscopiques, à quatre faces, transparents.
Il est soluble en pourpre dans l’eau, en rouge-brun dans l’alcool.
Il perd son ammoniaque par la dessiccation à 1 00° , ou dans le vide, au-dessus de l’acide sulfurique.
Ce sel précipite la plupart des solutions métalliques. Le dépôt est coloré.
Sulfate de cuivre, précipité bleu violacé.
Protochlorure d’étain, — violet.
Alun de fer, — noir.
Le nitrate d’argent est réduit.
L'hématéine n’est donc qu’un premier terme de l’oxydation de l’hématine. Celle-ci peut aller plus loin et fournir des composés noirs ulmiques, comme cela arrive avec les solutions alcalines ou sous l’influence du bichromate.
L’hydrogène sulfuré décolore l’hématéine sans la transformer en hématine, en se combinant avec elle. Il est probable que par l’intervention d’un réducteur plus énergique, tel que l’acide iodhydrique, ou arriverait à régénérer l'hé— mâtine aux dépens de l’hématéine.
En résumé, la matière colorable du campêche fonctionne
32 ü TRAITÉ DES MATIÈRES COLORANTES.
comme un phénol susceptible de donner des combinaisons avec les bases et les radicaux d’acides. Ses propriétés générales sont très-voisines de celles de la brésiline, sans toutefois permettre la confusion. Peut-être arrivera-t-on à transformer l’hématine en brésiline, en faisant entrer dans sa molécule le radical phényle.