‹ Traité des matières colorantesChapitre 17 sur 124 · LIN. COTON. LIN. COTON. LIN · texte numérisé non relu

LIN. COTON. LIN. COTON. LIN

Acide tartrique faiblement attaqués, fortement attaqués, fortement a

Acide citrique très-faib. attaqués. id. fort. att. I

Acide oxalique fortement attaqués, très-fort, attaqués, tout à fait <!

D'après lui, les solutions d'acides végétaux à 2 et à 4 p épaissies avec de la gélatine ou de la gomme , agissen énergiquement dans les mêmes limites de températur les solutions non épaissies. M. DoUfus, ayant pris la pi tion de laver les tissus après l'action de la chaleur, a co un effet inverse. Les échantillons imprégnés d'eau de g avec 4 p. 100 d'acide étaient même moins altérés que < 2 p. 100 non épaissis. M. Calvert affirme encore qu l'influence du vaporisage les effets de désagrégation soi intenses qu'avec la chaleur sèche. Ici encore M. A. I arrive à un résultat contradictoire.

Ces différences obtenues par deux chimistes série

peuvent tenir qu'aux conditions d'expérience qui n'étaient pas les mêmes dans les deux séries de recherches. M. DoUfus pense avec raison que M. Calvert s'est exagéré le danger qu'il y a à employer des acides organiques dans les couleurs vapeur sur coton, car beaucoup de ces préparations contiennent plus de 4 p. 100 d'acide sans exercer la moindre influence fâcheuse. Les acides que l'on introduit dans ces couleurs sont, il est vrai, souvent neutralisés par des bases, ce qui empêche en partie leur action destructive.

L'acide acétique, même cristallisable, vaporisé sur un tissu, ne donne lieu qu'à une très-faible altération. M. Calvert se sert de l'action très-difTérente qu'exercent les acides minéraux étendus sur les fibres végétales et animales pour distinguer dans les tissus la nature des fils. Ainsi, en imprégnant une étoffe chaîne coton d'une solution faible d'acide sulfurique ou chlorhydrique et en chauffant, tous les fils de coton se déchirent avec la plus grande facilité, tandis que la laine garde sa solidité. On a aussi utilisé ce fait pour détruire le coton dans les vieux chiffons mi-laine, et faire rentrer la fibre animale dans la fabrication des filés. .

Le papier non collé plongé une demi-minute dans l'acide sulfurique à 66* Baume, lavé ensuite à l'eau, puis à l'eau additionnée d'ammoniaque, prend l'aspect et la consistance d'une membrane animale.

C'est d'après cette observation que se prépare le papier parchemin ou parchemin végétal, qui rend de si grands services dans les expériences de dialyse (1).

Ce produit découvert par MM. Poumarède et Figuier, étudié au point de vue industriel par MM. Gaine, Barlow et Hoffmann, a presque le même aspect que le parchemin animal , la même couleur , le même degré de translucidité, la même consistance, tantôt cornée, tantôt fibreuse ; il a comme

(1) Pharm. Journal^ t. XVIII, p. 273. Poumarède et Figuier. — Comptes rendus de V Académie des sciences, {Mémoire sur le ligneux, U XXIII, p. 9 18, 1846.)

lui beaucoup de cohésion, car on peut, sans le briser, le ] plusieurs fois en sens inverse. Il est très-hygrométriqv gagne encore en souplesse et en ténacité par l'absorp d'humidité. Plongé dans reau,il devient mou et gras au cher. L'eau ne filtre pas à travers le parchemin végétal, r elle transsude par endosmose. Sa ténacité est une fois ; forte que celle du papier ordinaire.

Le procédé de Gaine consiste à plonger du papier sans c dans de l'acide sulfiirique à 66° Baume, étendu de la me de son volume d'eau.

MM. Barlow et Hoffmann ont prouvé qu'en se trans] mant le papier garde la composition de la cellulose et ne tient pas d'acide sulfurique.

Dans des conditions à peu près semblables, la cellulose papier semble se désagréger partiellement et se changer matière amylacée, car elle bleuit par l'iode après une i mersion de quelques instants dans l'huile de vitriol, tan que cette propriété n'appartient pas à la cellulose ordinal

L'acide nitrique concentré et froid, ou un mélange d'à des nitrique et sulfurique , ou encore un mélange de s pêtre et d'acide sulfurique, transforment la cellulose, Sc changer sensiblement son aspect et sa couleur, en un p: duit très-inflammable, la pyroxyline. Ce corps nouveau re ferme, à côté des éléments de la cellulose, ceux d'un compc oxygéné de l'azote. On s'explique par là la facilité avec quelle le produit brûle sans le concours de l'oxygène et développant beaucoup de gaz.

Dans l'acide azotique fumant chargé de vapeurs rutila tes , le coton se désagrège et se dissout en partie. On év cet inconvénient par l'addition d'un volume suffisant d'aci sulfurique, qui offre le double avantage d'absorber les v peurs nitreuses et d'augmenter la concentration du quide.

Suivant les conditions de temps, de concentration des a( •des, ou de température, on n'obtient pas toujours les mém

résultats. La composition chimique des produits nouveaux peut en effet varier.

Le coton-poudre a d'abord été envisagé comme un produit nitré analogue à la nitrobenzine ou à la nitronaphtaline ; mais ses réactions ne s'accordent pas avec cette manière de voir. Il coiTvient plutôt de considérer la cellulose comme un alcool poly atomique dont les dérivés nitriques 'représenteraient les éthers nitriques.

M. Béchamp (1) admet l'existence de trois corps définis et représente leur composition par les formules

C^^H^Az^O^e Ci2H^«Az*Oi8 C^^hibazSO^o

qui peuvent se traduire ainsi, la formule de la cellulose étant écrite sous la forme :

2(CW)r

1° Cellulose trinitrique 3(Az02) } 0^^ formée en vertu de l'équat.

Hio

Cellulose. Cellulose trinitrique.

t° Cellulose quadrinitrique 4{AzO^) ! 0*^

3° Cellulose quintinitrique 5(AzO^) ! 0*° ou véritable pyroxyline

Chauffé à 150° environ, le fulmi-coton détone et brûle sans laisser de résidu. Les produits de sa combustion sont l'eau, l'azote et un mélange d'acide carbonique et d'oxyde de carbone. A 100"*, il se décompose lentement; même à la température ordinaire, il finit par s'altérer, et l'atmosphère des

(t) Béchamp, Annales de chimie et de physique, t. XXX VII, p. 207 [3], 1853, et t. XL VI, p. 338, 1856.

flacons où on le conserve se remplit de vapeurs nitrei

La pyroxyline , insoluble dans Teau et Talcool , se dis facilement dans Téther alcoolisé, l'éther acétique, Tacél Tacétate de méthyle et l'esprit de bois brut. Les liqi ainsi obtenus sont visqueux et filants à l'état concen étendus sur une surface, ils laissent, après l'iévaporatio dissolvant, le fulmi-coton sous forme d'une mince pell transparente; on leur donne le nom de coUodion, sui à celui préparé par l'éther. Les applications du collodio photographie et en médecine sont bien connues.

M. Béchamp (1) est parvenu à régénérer la cellulose au pens du coton-poudre par l'ébullition avec une solution centrée de protochlorure de fer ; il se dégage du bioxyde d'c et il se précipite du peroxyde de fer. En dirigeant un cou d'hydrogène sulfuré dans une solution de pyroxyline l'esprit de bois saturé d'ammoniaque, le liquide se pren une masse gélatineuse, contractile, de cellulose régéne

Le fulmi-coton n'a pas pu détrôner la poudre ordii dans la charge des armes à feu; il possède, en effet, des priétés trop brisantes. Mais il sert avantageusement da: travail des mines, surtout lorsqu'on le mélange à du sî tre pour rendre la combustion plus complète (Combes).

La cellulose normale est soluble dans une liqueur aqu contenant de l'oxyde de cuprammonium. Si l'on fait ag liquide cuprammonîque surle coton, ce dernier s'agglul devient gommeux et gluant, et finit peu à peu par se dis dre complètement, surtout si on l'agite avec une baguet verre, à condition toutefois que le dissolvant ait été emp en quantité suffisante. La liqueur obtenue, étendue d' est facile à filtrer. En sursaturant ensuite par l'acide cl hydrique, le sel de cuivre est décomposé en chloruri cuivre et d'ammonium, et le coton forme un précipité t volumineux, semblable à de l'hydrate d'alumine; cette s

(1) Loc, cit.

stance paraît être de la cellulose désorganisée, mais sans variation dans la composition chimique ; mise en . suspension dans Teau et lavée, elle ne se colore pas par Tiode.

Le papier et le lin se dissolvent dans le même agent, quoique plus lentement (i).

M. Schweitzer, auteur de cette intéressante découverte, prépare Toxyde de cuprammonium, en dissolvant l'hyposulfate basique ^e cuivre dans l'ammoniaque ; il obtient ainsi une cristallisation d'hyposulfate double de cuivre et d'ammonium ; le liquide surnageant les cristaux est formé en majeure partie d'une solution d'oxyde cuprammonique :

4AzH^Cu,,

Il est possible de se procurer le dissolvant de la cellulose d'une manière plus prompte en agitant du cuivre au contact de l'air, avec uùe solution d'ammoniaque caustique, jusqu'à ce qu'un échantillon prélevé dissolve facilement le coton. Le réactif de Schweitzer n'agit pas sur le fulmi-coton.

Le fluorure de bore noircit la cellulose, mais non la cellulose nitrique.

Les alcalis caustiques et carbonates ea solutions étendues ou moyennement concentrées sont sans action sensible, même à chaud.

D'après les observations de M. Ed. Schwartz, un tissu de coton, bouilli en lait de chaux, s'affaiblit sensiblement s'il n'est pas en même temps préservé complètement du contact de l'air (2). Ces observations ont une valeur pratique dans le blanchiment. Le même affaiblissement s'observe lorsque les fibres sont en contact avec des substances qui s'oxydent lentement à l'air.

Les alcalis caustiques concentrés gonflent la cellulose à froid et à chaud et ne la désagrègent que lentement et

(1) Bulletins de la société industnelle de Mulhouse^ t. XXVUI, p. 376.

(2) Persoz, Impression des tissus^ t. I, p. 311. Ed. Schwartz, Bulletins de la société industrielle de Mulh., 1. 1, p. 197 i t. VIII, p. 268.

cVune manière superficielle surtout si elle est comp

L'hydrate de potassium donne à chaud avec la celli humectée d'eau un dégagement d'hydrogène ; il distil] l'esprit de bois, et il reste du formiate, de l'acétate et du bonate de potassium.

Le chlore et les hypochlorites étendus et à froid sont î inoffensifs, mais à doses plus fortes et surtout sous l'influ d'une élévation de température, ils déterminent une vé ble combustion qui se révèle d'abord par un affaiblisse! de la fibre, puis par une dissolution complète.

D'après M. Gladstone la cellulose est susceptible de s' à la potasse caustique pour former une combinaison l'eau détruit immédiatement, mais qui résiste à l'actior l'alcool absolu.

De cette étude générale de la cellulose envisagée con base des fibres textiles végétales, passons à l'examen dei verses variétés de matières filamenteuses, en plaçant en ] mière ligne le coton, dont l'usage est aujourd'hui si répai que sa consommation dépasse de beaucoup et masque pi que entièrement celle du lin et du chanvre.-

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