PHOSPHATE DE CHAUX
2PhO,^
3Ca,
La cendre d'os bien calcinés, réduite en poudre fine, avec les mêmes précautions que le spath calcaire, donne un produit très-blanc qui peut quelquefois remplacer le sulfate de baryte ou le gypse dans leurs mélanges avec les couleurs minérales.
S02 Ba
SULFATE DE BARYUM.
" > 0*. Spath pesant, blanc fixe.
Le sulfate de baryum est une substance essentiellement de filons. Il est très-répandu, notamment en Angleterre (Gumberland), à Freyberg en Saxe, à Iberg, au Hartz, en Savoie, à Almaden en Espagne, à Felsobanya en Hongrie, etc., et constitue des masses fibreuses, saccharoïdes ou compactes.
Ce sel est complètement insoluble dans l'eau, inattaquable à l'air et aux acides; il résiste aux émanations sulfureuses. Sa blancheur est souvent remarquable. Ces qualités, jointes à sa parfaite innocuité et à son bas prix, le feraient rechercher comme couleur blanche dans la peinture, s'il n offrait pas un défaut capital. Quelque ténue que soit la poudre préparée
(1) Dufrénoy, Traité da minéralogie^ t. II, p. 272. — Gentele, Lehi^uch der Farbenfabrikatioriy p. 9.
par les moyens mécaniques les plus énergiques, elle est trèspeu couvrante.
Ainsi il faut cinq fois plus de sulfate de baryte naturel que de céruse , pour affaiblir au même degré un échantillon d'outremer. Malgré cela il sert quelquefois dans la fabrication des papiers peints.
II n'en est plus de même du sulfate de baryum précipité chimiquement ou blanc fixe. Le dépôt, s'il est formé dans des conditions convenables de dilution et de température, possède, en raison de sa texture amorphe particulière, une propriété couvrante très-remarquable.
On le prépare, d'après M. Kuhlmann, en versant de l'acide sulfurîque à 30° Baume dans une solution froide de chlorure de baryum, marquant 24 à 25° Baume et contenue dans des cuves doublées de plomb. Le précipité est lavé méthodiquement par décantation, et livré au commerce en pâte renfer- • mant 30 à 32 pour 100 d'eau, ou en pains séchés à l'air. •
Si l'on opérait à chaud et avec des liqueurs trop concentrées, le sulfate prendrait une texture cristalline qui lui ferait perdre une partie de ses qualités.
M. Kuhlmann obtient économiquement le chlorure de baryum, soit en dissolvant le carbonate naturel (withérite) dans l'acide chlorhydrique, soil en calcinant dans un four à réverbère un mélange de chlorure de manganèse (résidus de la préparation du chlore), de sulfate de baryum et de charbon et en lessivant la masse.
cran, + ^^ " G* 4- C* =- Cl«Ba^ + SMn + 4C0
M. Pelouze propose de faire bouillir un mélange de carbonate de baryum naturel avec la quantité suffisante d'acide sulfurique étendu et quelques centièmes d'acide chlorhydrique.
Le chlorure formé incessamment est décomposé par l'acide sulfurique, et l'acide chlorhydrique remis en liberté peut
continuer son action. Le sulfate de baryum naturel ou artificiel se mélange fréquemment à d*autres couleurs (1).