SULFURES JAUNES D'ARSENIC
Il existe deux sulfures jaunes d'arsenic, correspondant aux deux oxydes, As*S^ et As^S*. Ils sont tous deux solubles dans les sulfures alcalins, l'ammoniaque et le carbonate d'ammoniaque et jouent le rôle de sulfacides assez énergiques.
Le quintisulfure n'a aucune importance pour nous. Sa formation par l'hydrogène sulfuré et l'acide arsénique est
(1) Bulletin de la Société d'encouragemenU 1842, 224.
(2) Pelletier, fluZ/e^m delà Société d'encouragement; 1827.
lente, surtout avec des solutions étendues. Sa couleur est plus pâle que celle du trisulfure, vis-à-vis duquel il n'offre aucun avantage.
On le fixe; en imprimant sur tissu une solution de sulfarséniate de sodium qu'on décompose ensuite par un passage en acide chlorhydrique faible.
Le sulfarséhiate se prépare lui-même économiquement par rébuUition d'un mélange de 1 partie de soufre, 1 ,5 partie d'orpiment et 8 parties de cristaux de soude; on purifie parcristallîsationle produitquise dépose par refroidissement.
Orpiment ou arsenic faune. — Il se rencontre dans le r^ne minéral en masses cristallines lamelleuses, à clivage facile, plus rarement en cristaux dérivant d'un prisme rhomboïdal droit ; particulièrement en Hongrie, en Saxe, dans les mines d'Andréasbei^ au Hartz. La couleur varie du jaune citron au jaune orange. La poudre d'orpiment est jaune, mais prend une teinte brun-rouge sous l'influence de la chaleur. Il est facilement fusible et volatil à 700**.
Les sulfarsénites alcalins sont représentés par la formule :
Ils sont fusibles et donnent avec les acides un précipité jaunes de trisulfure.
On prépare l'orpiment :
1** Par la combinaison de 2 atomes d'arsenic avec 3 atomes de soufre ; >
2** En chauffant un mélange d'acide arsénieux et de soufre et en sublimant le produit^ de la réaction. Il est alors mélangé à de l'acide arsénieux non décomposé ;
3* Par l'union du soufre et du réalgar ;
4** A l'état hydraté,, par la précipitation dq l'acide arsénieux additionné d'acide chlorhydrique, par un courant d'hydrogène sulfuré ; ou par la décomposition d'une solution de
Ha THAITg DES MATIÈRES COLORANTES.
sulfarsénite de soude sous l'influence d'un acide. M. Braconnot (1) a fixé le premier ce corps sur fibres textiles.
Paur atteindre ce but, on dissout dans l'ammoniaque le sulfure d'arsenic obtenu par précipitation, on imprègne les tissus de cette solution et on expose à l'air. A mesure- que l'ammoniaque s'évapore, le sulfure se sépare et adhère à la fibre, qu'il teint en beau jaune d'or brillant, inaltérable à la lumière et aux émanations sulfhydriques.
Le trisulfure hydraté nécessaire pour la préparation de cette couleur, s'obtient par la fusion d'un mélange de soufre, d'acide arsénieux et de carbonate de potasse; la masse est reprise par l'eau et le liquide précipité parl'acide sulfurique étendu. II ne reste plus qu'à dissoudre dans l'ammoniaque caustique, aprèslavage. Cette dissolution peut aussi s'imprimer après avoir été épaissie à la gomme adragante.
lO. ËchaDlUlon de sulfure d'arseaic.
Le jaune d'arsenic se distingue des autres couleurs analogues par sa complète volatilité. Cette propriété peut aussi servir à faire reconnaître des mélanges étrangers qui resteraient comme résidu. Le produit dissous dans l'acide chlorhydrique bouillant, additionné de chlorate dépotasse, donne une liqueur propre h l'essai par l'appareil de Marsh. Sur tissu, on peut mettre à profit, pour distinguer ce genre de (1) BrMonnot (H.), -Intia&i de chimie et de phyiigve, [î], t. XII, 388,
BfATIÈRES COLORANTES JAUNES. 2 41
teinture, la solubilité dans l'ammoniaque et la décoloration dans ce véhicule.
SULFURE DE CADMIUM. JAUNE DE CADMIUM.
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Le sulfure naturel est cristallisé en prismes à six pans ; il ne reçoit pas d'applications. Les sels de cadmium donnent par Fhydrogène sulfuré un précipité jaune clair, d'une nuance riche et solide, résistant à Tair et à la lumière. Il est soluble dans l'acide chlorhydrique concentré et chaud et dans l'acide nitrique, insoluble dans l'acide chlorhydrique étendu et dans le sulfhydrate d'ammoniaque. Le jaune de cadmium devient plus foncé par la chaleur. Il sert dans la peinture fine à l'huile. Le jaune métis est un mélange intime de sulfure de cadmium et de sulfate de baryum, obtenu en précipitant le sulfate du cadmium par du sulfure de baryum.
Le prix relativement élevé du jaune de cadmium provoque des falsifications par mélange d'autres couleurs jaunes. La présence du chromate de plomb est immédiatement révélée par la coloration brune qu'il prend par l'hydrogène sulfuré.
M. Lassaigne (l)a proposé l'emploi du sulfure de cadmium sur soie, A cet effet on immerge la fibre pendant IS à 20 minutes dans un bain de chlorurede cadmium, chauffé à50°, puis on passe en solution étendue et froide de sulfure de potassium.
L'application sur tissus de coton peut se faire d'après les mêmes principes. Le jaune de cadmium en poudre se prête aussi à la fixation comme couleur albumine.
Cette teinture résiste bien aux acides affaiblis et aux solutions alcalines.
On la reconnaît, le plus rapidement, en incinérant le tissu et en dissolvant la cendre dans quelques gouttes d'acide nitrique ; ce liquide étendu d'eau, donnera par l'hydrogène
(1) Lassaigne, Teinture de la soie en jaune doré. Annales de chimie et de physique, [2], XLY, 433.
ta TRAITÉ DES MATIÈIIES COLORANTES.
sulfuré un précipité jaune, insoluble dans le sulfhydrate d'ammoniaque.