‹ Traité des matières colorantesChapitre 82 sur 124 · LA PESÉE, LE MÉLANGE OU LES MASSES · texte numérisé non relu

LA PESÉE, LE MÉLANGE OU LES MASSES

On a un arche ou pétrin en bois, on y met :

KaoUn 60 kil.

Sulfate de soude 19

Soufre 25

Charbon de bois 12

Sel de soude 28

En tout 134 k. de mat.

que Ton remue en tous sens avec une petite pelle à main, et pour achever de rendre ce mélange très-intime, après l'avoir ainsi brassé, on le passe sous une broie, et on le tamise avec un tamis à trame moins serrée que ceux ci-dessus décrits. Telle est la composition du bleu, ou, plus exactement, du vert d'outremer. Il n'y a pas à s'écarter de la moindre quantité de ces doses, qu'une longue pratique a déterminées mathématiquement.

En langage d'usine, ce brassin de composition pesant 134 kilogrammes s'appelle une masse, et cette masse remplit 30 creusets. Comme le four est construit pour recevoir 360 de

ces creusets, il en résulte qu'il faut faire successivement 12 masses pareilles, soit 1608 kilogrammes de composition pour avoir la charge d'une cuite.

' Il pourrait sembler au lecteur qu'on aurait plus d'avantage de faire d'une seule opération ce brassin de 1608 kilogrammes, plutôt que de s'y prendre à douze fois successives pour l'obtenir. Il n'en est cependant pas ainsi : pour qu'il soit aisé de mêler intimement les matières, il est nécessaire de procéder par petites portions ou masses de la force de celles que je viens d'indiquer plus haut. Car, dès qu'ils sont mis en contact, le soufre et la soude caustique du sel tendent à se combiner pour former dû sulfure de sodium. De cette réaction naissante^ résulte une élévation de température qui serait assez considérable pour déterminer la fusion, puis l'empâtement et même l'inflammation de la masse, si, trop volumineuse pour être manipulée rapidement en tous sens, on ne pouvait combattre cet échauffement par l'aération d'un brassage énergique.

EMPOTAGE.

Au fur et à mesure qu'une masse est faite, on l'empote chaude encore, avec cette seule précaution : qu'après avoir rempli les creusets jusqu'au ras du bord, on ne les tasse pas autrement qu'en leur imprimant de légères secousses, sur les flancs (et de la paume de la main)^ et on les porte au four.

RENFOURNEMENT DES tREÛSETS, OU LA CUITE DU

Page 1