MODIFICATIONS CONCERNANT LA CONSERVATION DES PIÈCES
663. Seiirwald [Zeii, /". wiss, Mik,, VI, 4, 1889, p. 443) pense que la détérioration des préparations faites provient de la solution du précipité de bichromate d'argent dans les liquides de préparation; — dans l'eau, dans des chlorures qui peuvent se trouver dans l'alcool, dans lexylol, dans la paraffine, même dans le baume. Il pense tourner la difficulté en additionnant tous ces réactifs de bichromate d'argent. Cela se fait en y ajoutant le sel en poudre jusqu'à saturation, même à la paraffine et au baume, et en employant la chaleur pour aider à la dissolution.
664. Samassa {op. cit., VII, 2, 1890, p. 26) fait observer qu'il est inexact que le bichromate d'argent soit soluble dans tous ces milieux, et pense qu'en conséquence l'explication de Sehrwald n'est pas la bonne. Il admet plutôt que le précipité se trouve être emporté peu à
peu, par parcelles, par la force mécanique des courants de diffusion provoqués lors du passage des pièces à travers les réactifs, et particulièrement par ces courants de longue durée qui sont la conséquence du séchage lent du baume sous un verre à couvrir. Il recommande donc simplement de monter les coupes sans ven^e à couvrir.
665. FicK [op. cit., VII, 2, 1891, p. 168) n'admet pas la théorie des courants de diffusion de Samassa. Il fait observer que le bichromate d'argent est bel et bien soluble dansTeau, surtout la chaleur y aidant. Et après des expériences minutieuses ad hoc, il conclut que c'e ^t Teau des réactifs ou de l'humidité confînée dans les préparations par le verre à couvrir qui détériore les coupes. Il faut donc éviter autant que possible de traiter les pièces par des réactifs aqueux; et il faut monter les coupes sans verre à couvrir, comme l'a proposé Samassa; ou bien les monter sur le verre à couvrir lui-même, en ayant soin de ménager un espace libre entre celui-ci et le porte-objet au moyen de supports (de cire, etc.). Ou bien, on peut monter sans verre à couvrir, quitte à en ajouter un plus tard, après qu'on a rendu le baume parfaitement anhydre en chauffant soigneusement à Tétuve.
Cette dernière manœuvre a été également recommandée par Huber [Anat. Anz., VII, 189-2, p. 587).
666. Greppin [Arch, f. Anat, u. Knlw,, 4889, Supp. p. 55 ; AnaL Anz.. IX, 3, 1893, p. 75) traite des coupes (préparées par la méthode lente) pendant quelques secondes parTacide bromhydrique (de 2 à 10 p. 100), ce qui les rendrait assez résistantes pour supporter un verre à couvrir. Nous avons déjà dit que Raniôa y Gajal et Sala n*approuvent pas ce procédé.
667. Méthode cI'Obregïa {Virchow'sArchiv., CXXlï, 1890, p. 387; Journ. Roy. Mie. Soc. 1891, p. 536). — On fait des coupes de matériel argenté, soit à main levée, soit à la paraffine ou à la cclloïdine, en ayant soin qu'en aucun cas les tissus ne subissent le contact d'alcool de moins de 94 ou 95 p. 100. On les passe par l'alcool absolu et on les porte dans un mélange de 8 à 10 gouttes de solution de chlorure d'or à 1 p. 100 avec 10 ce. d'alcool absolu. Ce mélange doit être préparé une demi-heure avant de servir, et doit rester exposé à la lumière diffuse du jour jusqu'à ce qu'on y mette les coupes. On met le tout alors à l'abri de la lumière. Les coupes y demeurent de quinze à trente minutes. On les lave rapidement dans l'alcool à 50 p. 100 d'abord, puis dans l'eau, et on les traite pendant cinq à dix minutes par une solution d'hyposulfite de soude k 10 p. 100. Enfin on lave bien à l'eau, etonpasseau montage sous verre à couvrir. On peut auparavant, si Ton
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veut, faire une coloration nu carmin ou à ThémaLoxyline, ou par le procédé de Pal.
La substitution de For à l'argent dans ces préparations avait déjà été tentée sans succès par Sehrwald (n® 663). Obregia pense que l'insuccès de Sehrwald est dû à ce qu'il avait employé le sel d'or en solution aqueuse.
On peut également appliquer ce procédé d'aurification à du matériel préparé par la méthode au sublimé de Golgi (plus loin n^ 701).
668. Méthode de Kallius {Anat.Hefte, II, 1892, p. 269 ; Zeit. f. tviss. Mik,, IX, 4, 1893, p. 477). — On fait une solution avec 230 ce. d'eau distillée et 20 ce. de révélateur photographique à l'hydroquinone, du commerce, (ce révélateur contient o grammes d'hydroquinone 40 grammes de sulGte de soude, 75 grammes de carbonate de potasse, et 230 grammes d'eau distillée). Au moment de l'employer on allonge encore cette solution d'un tiers à une moitié d'alcool absolu. On y met les coupes argentées, et on les y laisse quelques minutes; elles passent à un gris foncé ou noir. Pour savoir à quel moment la réduction est devenue complète, on jette une coupe dans une solution d'hyposulfîte de soude (à 1 pour o d'eau). Si la réduction est complète, il n'y aura pas de changement ; car l'hyposulfite dissout rapidement le chromate d'argent, mais n'attaque pas l'argent métallique. Aussitôt qu'on a obtenu une réduction complète, on met les coupes pour dix à quinze minutes dans de l'alcool à 70 p. 100, puis pour cinq minutes dans une solution d'hyposulCte de soude et de là dans une quantité considérable d'eau distillée, dans laquelle elles doivent rester pendant vingt-quatre heures et plus. On déshydrate et on monte sous verre à couvrir. On peut pratiquer des colorations au carmin, etc., si l'on veut.
Kallius a essayé d'autres révélateurs. Ils ont donné de bonnes réductions, mais ils produisaient une coloration diffuse rouge ou brune des tissus qui ne se laissait pas facilement éloigner.