‹ Traité des méthodes techniques de l'anatomie microscopique; histologie, embryologie et zoologieChapitre 90 sur 138 · Potasse caustique. Soude caustique. Acide nitrique · texte numérisé non relu

Potasse caustique. Soude caustique. Acide nitrique

— Un moyen très efficace pour séparer les parties molles des parties du squelette qu'on désire étudier à part (appendices des Arthropodes, spicules d'Épongés ou d*Êchinodermes, etc.) consiste à les faire bouillir ou macérer pendant un temps prolongé, dans une solution concentrée d'un de ces réactifs.

528. Eau de Javelle. Eau de Labarraque. — Noll {ZooL Anzeig., 1882, p. 528) recommande Teau de Javelle (solution d'hypochlorite de potasse) pour la corrosion des parties molles des Eponges. On en ajoute quelques gouttes à une portion d'épongé sur le porteobjet. Les parties molles sont détruites au bout de vingt à trente minutes. On traite la préparation avec de Tacide acétique, pour éloigner les précipités qui peuvent s*étre formés, et l'on passe par des alcools successifs à Tessence de girofle et au baume.

Looss (Zoo/. Aiizeig,, 1885, p. 333) trouve queTeau de Javelle ou bien Teau de Labarraque (solution d'hypochlorite de soude) suffit à dissoudre complètement la chitine en peu de temps à l'aide de la chaleur. A cet effet, il faut employer les solutions commerciales concentrées et bouillantes.

Si Ton prend des solutions allongées avec 4 à 6 volumes d'eau, et que Ton y fasse macérer des organes chitineux pendant vingt-quatre heures ou plus selon leur grosseur, la chitine n'est pas dissoute, mais devient transparente, molle, et perméable par les solutions colo-

rantes, aqueuses aussi bien qu'alcooliques. Les structures les plus délicates, telles que les terminaisons nerveuses, ne sont pas altérées par ce traitement, selon Looss. On peut avantageusement traiter de cette manière les Nématodes et leurs œufs (objet dont la résistance est bien connue).

On a prétendu que Teau de Javelle peut être appliquée à la préparation de pièces calcaires. Nons sommes convaincus que pour peu que le calcaire soit délicat, il doit s'y dissoudre.

529. Méthode de préparation par corrosion (Altmann, Arch. f, mik. Anal. y 1879, p. 471). — Les corps gras, et surtout les corps gras qui ont été durcis par Tosmium, résislent beaucoup plus longtemps que les autres éléments des tissus à l'action de l'eau de Javelle. Si donc on introduit un corps gras dans les tissus, par injection ou par imbibition, qu'on le durcisse par Tacide osmique, et qu'on soumette ensuite les tissus à la corrosion par l'eau de Javelle, on obtient, après destruction des tissus, une reproduction en graisse noircie des espaces dans lesquels on l'avait introduite.

On comprendra facilement l'application de ce principe aux injections. On injecte de l'huile d'olive ; on durcit l'huile en jetant la pièce dans l'acide osmique à 1 p. 100 ; on traite ensuite la pièce par l'eau de Javelle ; et les parties molles ayant étant détruites, on lave la préparation à la glycérine et on la monte dans le même milieu. Nous renvoyons à l'article cité pour les détails du mode opératoire pour la préparation d'injections de l'iris, de la choroïde, de la peau, du mésentère, des corpuscules de la cornée, etc., de la Grenouille et d'autres animaux. Le procédé se montre surtout d'un bon secours pour l'injection d'organes très pigmentés.

On trouvera un excellent abrégé de ce travail avec planche dans Journ. Roy. Mie. Soc. y 1879, p. 610.

DÉCALCIFICATION

530. Emploi des décalcifiants. — Pour avoir les meilleurs résultats il est important de n'employer que du matériel qui a été bien fixé et durci secundum artem^ et il ne faut pas avoir trop de confiance en les réactifs qui sont réputés durcir et décalcifier en même temps du matériel frais (Fish, Réf. Handb. Med. Sci. Supp. p. 425).

531. Réactifs décalcifiants. — Nous empruntons le résumé suivant à l'article de Busch sur la Technique de l'Histologie du Tissu Osseux dans Arch. f. mik. AnaL, 1877, p. 481.

Le réactif le plus employé pour la décalcification est V acide chlorhydrique. Son action est très rapide, même quand on le prend très dilué, mais il a l'inconvénient de causer des gonflements très sérieux

dans les tissus. Pour parer à cet inconvénient, on peut le combiner à l'alcool, ou à Tacide chromique. Ou bien on peut prendre une solution à 3 p. d 00 et y faire dissoudre 10 à 15 p. d 00 de sel de cuisine. Ou bien (Waldeyer) on peut employer une solution de 10 p. 100 avec 0,1 p. 100 de chlorure de palladium.

V acide chromique est également très employé. Il a les deux inconvénients d'avoir une action très lente et de ratatiner fortement les tissus. Pour celte raison on ne doit jamais l'employer en solutions de plus de 1 p. 100, et pour des structures délicates on doit prendre des solutions beaucoup plus faibles.

U acide phosphorique a été recommandé pour des os jeunes.

Les acides acétique^ lactique et pyroligneux ont une action assez énergique, mais ils causent des gonflements sérieux.

V acide picrique a une action très lente, et n'est propre que pour de très petits objets.

Vacide nitrique est, selon Buscn, préférable à tous ces réactifs. 11 agit d'une manière efficace, ne produit pas de gonflements, et n*altère pas les éléments des tissus.

532. Acide nitrique (Busch, toc. cit.). — On allonge 1 volume d'acide nitrique pur, de la densité de 1,âo, avec 10 volumes d'eau. C'est cette concentration qu'on emploie pour les os volumineux et durs; pour les os jeunes, il est bon de l'allonger encore jusqu'à 1 p. 100.

On procède ainsi : on met les os d'abord pendant trois jours dans l'alcool à 95^ ; puis on les met dans l'acide nitrique, qui doit être renouvelé tous les jours, pendant huit à dix jours. U faut les sortir de l'acide aussitôt que la décalcification est complète, autrement ils seront jaunis. On les lave pendant une heure ou deux dans un courant d'eau et on les met dans l'alcool à 95° qu'on renouvelle après quelques jours.

Les os jeunes et fœtaux doivent être mis en premier lieu dans une solution contenant 1 p. 100 de bichromate de potasse et 0,1 p. 100 d'acide chromique ; on les décalcifie ensuite avec de l'acide nitrique de 1 à 2 p. 100, auquel on peut ajouter un peu d'acide chromique (0,1 p. 100) ou de chromate de potasse (1 p. 100). En les mettant ensuite dans l'alcool on obtient la coloration verte connue,

533. Acide nitrique et alcool. — 3 p. 100 d'acide nitrique dans l'alcool à 70°. Il faut laisser macérer dans ce liquide pendant quelques jours à quelques semaines. Nous ne savons qui a recommandé ce

mélange. C'est uq réactif important. En eflet, Tacide nitrique exerce facilement, même dans les solutions faibles, une action gélatinisante sur le tissu osseux : l'addition d'alcool {ou d'alun) sert à ralentir cette action. (Fisn, dans Réf. Handb. Med, Sci.j Supp., p. 245.)

534. Acide nitrique et alun (Gage, cité d'après Fisu, loc. cit.). — Solution saturée d'alun allongée de moitié d'eau et additionnée de 5 p. 100 d'acide nitrique. Changer tous les deux ou trois jours. Pour le tissu dentaire ce mélange donnerait de meilleurs résultats que le mélange alcoolique.

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