Hérod., III
devenu à son tour suspect aux Milésiens, fut chassé et remplacé par Pythagoras.
En face de Milet s'élevait la petite île de Ladé : c'est là que se rassembla la flotte grecque, sous les ordres de Dionysios de Phocée, pour attendre le choc de l'ennemi *. Au dernier moment, les vieilles jalousies de ville à ville se réveillèrent; les tyrans négocièrent secrètement avec le grand Roi dans le but de conserver leur trône. Quand la flotte perse se présenta, les deux tiers des vaisseaux grecs s'étaient dispersés. Ceux qui restaient, principalement les Chiotes et les Milésiens, furent écrasés. La vengeance des Perses fut terrible: Milet fut réduite en cendres et tous les habitants mis à mort ou déportés à Anapé, à l'embouchure du Tigre; le sanctuaire d'Apollon Didyméen fut livré aux flammes 2.
C'était en 494. Milet détruite resta quelque temps sans frapper monnaie. Elle ne se releva que vers 478, époque où nous la voyons, comme toutes les villes ioniennes, s'allier aux Athéniens pour faire la guerre aux Perses. Nous aurons souvent, au cours du présent volume, l'occasion de faire allusion, pour l'intelligence de l'histoire monétaire, aux graves événements politiques que nous venons de résumer.
1. Hérod., VI, 11 et suiv.; E. Curtius, Hist. grecq., t. 11, p. 212.
2. E. Curtius, Hist. grecque, t. II, p. 214; G. Perrot, Hist. de l'art, t. VIII, p. 269 et 271, note; E. Pontrémoli etB. Haussoullier, Didymes. Fouilles de 1895 et 1896, in-4°, 1903.
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