STATÈRES EN PLOMB DORÉ
pl. IX. Les mufles de lion qu'on voit sur les pièces fig. 20 et 21, sont d'un art achevé et délicat; le soin avec lequel le coin monétaire a été exécuté contraste avec la gravure des pièces précédentes. Ces dernières pièces représentent Fart samien contemporain de la trouvaille, vraisemblablement le temps de Polycrate, vers 530 *.
On sait que lorsque Polycrate eut abandonné son alliance avec Amasis, pour favoriser les projets de Cambyse contre l'Egypte, lesSamiens mécontents réussirent à intéresser à leur cause les Lacédémoniens dont la flotte vint bloquer Samos. Polycrate en fut réduit à négocier et à acheter l'éloignementdes navires ennemis.
Peut-être sommes-nous en présence d'un lot de monnaies d'électrum avec lesquelles Polycrate paya la retraite des Lacédémoniens. Ainsi s'expliquerait la composition hétéroclyte de la trouvaille: les pièces de bon style sont celles que Polycrate fit frapper en temps normal avant le siège ; les
piècesde style hatif, d'imitation ou sans type bien défini ont pu être frappées pendant le siège, sous la pression des événements.
Quelques-unes de ces monnaies (par exemple pl. IX, fig. 2) ont, dans les poinçons du revers, des images qui rappellent les petites figures que nous avons signalées au revers des électrums primitifs de Milet (Pl. I, fig. 12, 17 et suiv.).
Il y a aussi dans la forme des carrés creux samiens des particularités qu'il importe de signaler : les statères ont deux rectangles creux (Pl. IX, fig. 2 et 14); les hémi-slatères ont un rectangle et un petit carré ou un petit triangle (Pl. IX, fig. 1, 3, 4, 16, 22, 25). Les divisions inférieures ontseulement un carré creux.
Nous verrons bientôt que les types essentiels des monnaies d'argent de Samos sont le mufle de lion de face, les bajoues écartées, et la protomé de taureau. Ces monnaies d'argent sont taillées suivant l'étalon euboïque comme nos pièces d'électrum.