B. Head, Calai. Ionia, p. 350, n° 8 et pl. XXXIV, fig
4. Percy Gardner, Samos, p. 27, n° 2 et pl. I, 6; Head, Ionia, p. 350, n° 11 et pl. XXXIV, 6.
SAMOS
Le style vigoureux et souple à la fois des types de ces pièces, la science anatomique et la liberté d'allure qui caractérisent ces figures de lion et de taureau, peuvent justifier la grande réputation qu'avaient acquise les œuvres de Rhœcos, de Théodoros et de Mnésarchos. Si Ton compare le mufle de lion de la pièce de notre pl. XI, fig. 19, par exemple, avec le mufle de lion, aussi de face, des monnaies de Milct (pl. XI, fig. 10 et 11) on constate que le style de Samos est bien plus avancé que celui de Milet; il a plus de souplesse et de naturel; il est plus hellénisé et a conservé moins de traces des influences orientales.
D'où vient ce type singulier de la peau de lion de face, la mâchoire inférieure fendue et écartée? 11 est à remarquer que ce sera, plus lard, de la même façon que les monnaies nous présenteront la peau de lion sur la tête d'Héraclès. Sur les monnaies d'Alexandre le Grand, par exemple, le mufle de lion est placé au dessus du front du dieu ; la gueule ouverte contourne les oreilles;
puis, sous les oreilles et sur chaque joue, paraît la moitié de la mâchoire inférieure avec un des crocs de l'animal. C'est donc une dépouille de lion écorchée de la même façon que celle que nous voyons, pour la première fois, sur les monnaies d'argent de Samos, de la première moitié du vie siècle. Les artistes samiens pourraient bien avoir emprunté ce type monétaire à l'art de TÉgypte;M. Ph. Yirey a fait ressortir les données égyptiennes qui furent introduites par les Grecs dans le développement de leur mythe d'Héraclès. Des monuments égyptiens de l'époque pharaonique assez reculée représentent le dieu égyptien Bès accomplissant plusieurs des travaux d'Hercule. Il est grand tueur de lions et il a la tête couverte de la peau de lion, comme l'aura plus lard l'Héraclès grec *. C'est peut-être là qu'est l'origine du type monétaire de la dépouille de lion ; les relations commerciales et artistiques que nous avons signalées plus haut rendent admissible ce rapprochement.