‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 190 sur 1006 · Zeit. fur Num., t. V, p. 103 et pl. Il · texte numérisé non relu

Zeit. fur Num., t. V, p. 103 et pl. Il

5. Percy Gardner, Samos, p. 42, no 5 et pl. J, fig. 15 (extr. du Num. Chron., 1882).

SAMOS

à Messana. Les monnaies de Messana aux types samiens sont dans le système attique et ne portent plus le nom de Samos.

Ainsi, les monnaies décrites ci-dessus (n°3 463 et 464) ne sauraient être postérieures à l'établissement des émigrés samiens à Zancle-Messana en 494. On peut même prétendre que ces monnaies ont été frappées à Samos à l'usage des colons qui. allaient prendre la mer en 494; nous savons que les villes métropoles fournissaient l'argent de premier établissement aux colons qu'elles envoyaient au loin, et c'est ainsi que s'explique la présence des monnaies samiennes dans une trouvaille faite à Messana, colonie de Samos; la composition du trésor d'Auriol nous fera faire la même constatation pour la colonie de Massilia. Le navire qui est représenté derrière la tète de taureau, est Limage de la galère qui transporta les colons samiens à Zancle-Messana. C'est une samène (aàfjiaiva), construite suivant le type de la fameuse samène que Polycrate avait fait exécuter par son ingénieur Rhoïcos, fils de Philès, et qui était le plus grand navire qu'on eut jamais vu. Ce type de navire fut copié dans la suite, si bien que le nom de Samène devint un terme générique pour désigner une forme spéciale de navire que Plutarque définit : « La samène (Sàjxatva) est un vaisseau samien que sa proue basse et ses flancs larges et creux rendent propre pour la haute mer, et fort léger à la course. On lui a donné ce nom parce que le premier vaisseau de cette forme fut construit à Samos par ordre du tyran Polycrate »

La Samène qui figure au revers de nos tétradrachmesn0 463 et 464 (Pl. XI, fig.30)

\. Plutarque, Périclès, 26; cf. Cecil Torr, Ancient Ships, p. 65, note 147,

a une proue terminée en tête de sanglier : or, c'est la forme qu'Hérodote donne aux navires samiens en 519 ; c'est aussi celle des vaisseaux de Phasélis et d'Athènes vers l'an 500 *. Cette forme enfin est encore celle de la Samène sur des monnaies de Samos frappées sous l'empire romain 2.

Les observations qui précèdent démontrent qu'il faut faire commencer dès l'an 594 la longue série des tétradrachmes de poids samien qui ont pour types, au droit, le mufle de lion de face, et au revers la tête ou la protomé de taureau de profil à droite, accompagnée de la légende 2 A ou JAM ION. Ce monnayage dont le style avancé peut étonner dès le commencement du ve siècle, se prolonge jusqu'en 439 et nous n'en traiterons pas dans le présent volume.

Au moment de l'expédition de Xerxès contre la Grèce, en 480, le tyran de Samos était Théomestor, fils d'Androdamas et successeur d'Eaque II3. Les désastres de Xerxès délivrèrent Samos de la domination perse et la firent entrer, après Mycale, dans la confédération athénienne. C'est, sans doute, à partir de ce moment que furent frappées les drachmes et les hémi-drachmes de style ancien qui nous révèlent une association monétaire et commerciale entre Samos et Clazomène. Nous faisons allusion, ici, aux petites pièces qui ont, au droit, la protomé de sanglier ailé (type de Clazomène), et au reversée mufle de lion de face (type de Samos), dans un carré creux '\ Les plus anciennes de

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