Herm. Weber, Num. Chron., 1899y p
iS et 16 et pl. XVI, 3 et 4.
4. B. Head, Catal. To.nia, p. 329 et pl. XXXIII, 3 et 4 ; le carré creux de ces deux exemplaires est encore très archaïque et le flan globuleux.
5. Autres exempl., Brit. Mus. Ionia, p. 329, n0' 13 à 16 et pl. XXXII, 5,
ÈRYTHRÉES
vie siècle; elles étaient assez répandues pour qu'elles fussent transportées en abondance parle commerce maritime jusqu'en Égypte; nous savons, d'ailleurs, qu'il y avait une colonie de Chiotes à Naucratis. Les dernières pièces que nous venons de décrire (nos 477 à 479) sont d'un style déjà avancé, qui rappelle les pièces d'électrum et la brillante école artistique de Chios, à laquelle nous avons fait allusion plus haut1. La forme du carré creux ne permettrait pas de placer ces pièces après la ruine et le dépeuplement de l'île en 494. L'atelier de Chios demeura fermé durant un certain nombre d'années, mais à la suite des désastres de Xerxès en 480 et lorsque Chios fut entrée avec tant d'ardeur dans l'alliance athénienne, la frappe des pièces aux anciens types reprit et même redoubla d'intensité. Les différences avec les pièces antérieures à 494 consistent dans le style du sphinx el dans la forme du carré creux du revers qui
est moins profond, plus plat, orné d'un champ granulé.
Il faut signaler aussi pour cette époque postérieure à notre cadre chronologique, la présence d'initiales de noms de magistrats et l'apparition du tétradrachme au même type, avec un large croisillon en bandeaux plats séparant les petits carrés creux du revers. Cette belle pièce constitue un nouvel étalon du poids réduit de 15 gr. 29 (au lieu de 15 gr. 88) 2.
Sous l'hégémonie athénienne, après 479, nous voyons de même qu'à Sainos, des monnaies d'alliance frappées par Chios et des villes voisines ; au droit, toujours le sphinx ailé, levant une patte; au revers, dans un carré creux, tantôt une tête de lion de profil (type de Milet ou de Ialysos) ; tantôt la tête de Gorgone de face 3; tantôt une tête barbue casquée (type de Calymna) : il y en a d'autres encore.
§ V. — Èrythrées.
Erythrées ('EpoOpa-j, bâtie au fond d'une anse qui se trouve en face de Chios, entre les monts Mimas et Corycos, dominait la péninsule qui sépare le golfe de Smyrne de celui d'Éphèse. Hérodote (I, 142) la cite au nombre des grandes villes de l'Ionie. D'après la légende rapportée par Pausanias (VII, 3, 7), elle fut fondée par Erythros, fils du crétois Rhadamanthe ; des Ioniens conduits par Cnopos, fils de Codros, vinrent se mêler aux colons crétois, auxquels s'étaient