E. Curtius, op. cit., t. II, p
LESBOS
qu'un mélange de plomb, de cuivre et d'argent, appelé communément billon1. Ce monnayage, qui commence au viie siècle, se prolonge jusque vers le milieu du ve, époque où il est remplacé par des pièces d'argent de bon titre.
L'attribution de ces monnaies de bas argent à Lesbos, après avoir été longtemps contestée, est devenue certaine à cause des trouvailles qui se sont faites d'une manière constante à Lesbos. Les types de ces pièces conviennent bien à cette île ; enfin, argument décisif, plusieurs d'entre elles portent la légende AE et môme AEZ^ initiales du nom de Lesbos 2.
Cette légende, formée ainsi du nom de l'île et non pas du nom de Tune des villes, autorise à classer à Lesbos in génère tout ce monnayage anonyme. On ne donne à Méthymne et à Mylilène que les monnaies qui portent les noms de l'une ou L'autre de ces villes. Il est néanmoins certain que les pièces sans nom de ville ont été frappées dans l'atelier de la capitale de l'île, Mylilène .
Les monnaies de bas argent de Lesbos sont étalonnées suivant plusieurs systèmes différents, imposés par les relations commerciales si actives et si répandues que les ports de l'île entretenaient avec toutes les villes de la côte. Le fait que nous avons constaté la même variété de systèmes pour les monnaies de bas argent de Phocée, nous est un sûr garant que, dès cette épo-
1. Voyez le présent Traité, Première Partie, t. T, p. 3G3 ; Fr. Lenormant, La monnaie dans l'antiquité, t. II, p. 197.
2. La légende ÀE a été considérée parfois, mais à tort, comme étant la syllabe initiale du nom de
que primitive, Phocée et Lesbos étaient déjà commercialement et monétairement associées. Le traité d'alliance monétaire que conclurent à la fin du ve siècle, Phocée et Mytilène, pour la frappe en commun des hectés d'électrum, et dont le texte nous a été conservé, ne fut que la consécration d'une tradition déjà lointaine, ou le renouvellement d'arrangements antérieurs entre les deux villes 3.
A Lesbos, nous trouvons des pièces d'argent taillées suivant un système spécial que nous avons appelé étalon lesbiaque et dont la base est un statère ou tétradrachme de 15 gr. 36 *. Nous avons vu ce système appliqué à la taille de i'électrum de Lampsaque 5 et à quelques pièces de bas argent de Phocée.
D'autres pièces suivent l'étalon milésiaque, dépendant d'un tétradrachme normal d'environ 14 gr. 40. Il en est qui se rattachent au système euboïque (drachme de
4 gr. 3G), au système éginétique (drachme de 6 gr. 28), au système persique (drachme de
5 gr. GO), enfin au système phocaïque (drachme de î gr. environ). Les monnaies du trésor d'Auriol dont les types sont copiés, en partie, sur ceux de Phocée et de Lesbos, présentent une pareille variété de taille.
Les divisions théoriques du système lesbiaque qui n'est qu'une réduction de l'étalon phocaïque sont les suivantes pour l'argent :
Lebedos (Mionnet, Supplément, t. VI, p. 228).