‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 272 sur 1006 · Apollod., I · texte numérisé non relu

Apollod., I

la nymphe Sinopé forme, à partir de la fin du ve siècle, le type presque constant des drachmes sinopéennes. Mais pour la période qui nous occupe, il n'en était pas encore ainsi et les premiers groupes monétaires de Sinope nous présentent seulement, comme dans beaucoup d'autres villes, des types héraldiques empruntés à la nature ou au principal objet du commerce.

Les invasions cimmériennes, l'établissement de la domination perse en 546 et la chute de Milet elle même, en 494, ne portèrent nulle atteinte à la prospérité de Sinope. Aussi, il est difficile de dire, en considération de ces graves événements, à quelle époque précise commence le monnayage de Sinope. D'après le style des pièces, si l'ouverture de l'atelier monétaire de Sinope ne remonte pas jusqu'au temps de la fondation de la colonie milésienne en 630, il paraît toutefois évident qu'elle eut lieu dès avant l'an 500. J. P. Six, dans sa monographie des émissions monétaires de Sinope *, fait débuter les monnaies seulement en 480, après l'invasion de Xerxès en Grèce. Mais cet événement, si important pour l'histoire de la Grèce propre et celle des villes de l'Asie-mineure occidentale, ne put avoir le moindre contre-coup sur une ville comme Sinope qui, après comme avant les désastres de Xerxès, continua à demeurer sous la domination perse. Sans aucune hésitation nous placerons les premières pièces de notre pl. XVIII dès avant l'an 500 2.

Ces pièces sont d'épaisses drachmes d'argent, à flan irrégulier, globuleux, d'une rudesse exceptionnelle; elles sont taillées

1. Numism. Chronicle, 1885, p. 15 et suiv. % WBB, Recueil général) t. I, p. 178.

SliNOPE

suivant le système éginétique réduit : de rares exemplaires seulement pèsent plus de 6 grammes. C'est à cause de cette réduction qu'on a pensé que les premières pièces de Sinope n'étaient pas antérieures à 480.

Mais il ne faut pas oublier qu'à Égine même, dès avant l'an 500, les didrachmes à la tortue dépassent rarement G gr. 20. En outre, à Sinope aussi, nous rencontrons quelques drachmes qui atteignent jusqu'à G gr. 43, poids qui, au point de vue pondéral, justifierait le classement de ces exemplaires au vie siècle. Le style des pre-

mières pièces enfin dénote la seconde moitié du vie siècle.

Le type de la tête d'aigle présente de nombreuses variétés : l'examen de notre planche les fera mieux saisir que des remarques descriptives ; parfois celte tête affecte la forme d'une tête de poisson. Le flan est globuleux el irrégulier ; le carré creux, partagé en quatre petits carrés, se transforme graduellement, de manière à présenter une surface granulée, avec deux des petits carrés plus profonds que les deux autres.

658. — Tête d'aigle à gauche, le bec allongé, l'œil globuleux; dessous, un petit dauphin à gauche.

fy. Carré creux partagé en quatre compartiments.

JR. 19 sur 15; drachme éginétique, 6 gr. 45 (Munich) Pl. XVII, fig. 1

659. — Môme description, le bec de l'aigle moins allongé; le carré creux moins archaïque.

JSL 14; drach. égin., 6 gr. 21 (Berlin) Pl. XVII, fig. 2 \

660. — Même description, la tête de l'aigle allongée, le bec effilé. JR. 18 sur 13 ; drach. égin., 6 gr. 05 (Paris) Pl. XVII, fig. 3 \

661. — Tête d'aigle à g., très arrondie (se rapprochant de celle d'un poisson), le duvet strié, le bec ayant la forme d'un petit éperon; dessous, un dauphin à gauche.

1^. Carré creux partagé en quatre compartiments dont deux sont plus profonds que les deux autres.

JR. 16 sur 12 ; drach. égin., 6 gr. 05 (Paris) Pl. XVII, fig. 4 ;.

662. — Variété; au revers, deux carrés creux rapprochés par leurs angles, et aux angles contigus, un globule.

1. WBR, Recueil général, p. 180, n° 1 et pl. Nitm. Zeit. de Vienne, t. II, 1870, pl. XI, 3. XXIV, 6. 3. WBR, op. cit., p. 180, no 3 et pl. XXIV, 7.

2. WBR, op. cit., p. 180, n» 2; Prokesch -Osten, 4. WBR, op. cit., p. 180, n° 5 et pl. XXIV, S.

399 sinope 400

16; drachme égin., 5 gr. 98 [Paris) Pl. XVII, fig. 5 l.

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