‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 290 sur 1006 · Strabon, XIII · texte numérisé non relu

Strabon, XIII

CNIDE

§ IV. — Cnide.

Cnide (Kvt'Soç, ethnique Kvtôioç) s'étendait au pied du promontoire Triopion (le cap Crio), à l'extrémité de la longue et étroite presqu'île qu'on appelait la Chersonèse de Carie, et qui s'avançant pour donner la main, en quelque sorte, aux îles de Cos et de Nisyros, fermait le golfe Céramique au sud. Halicarnasse se trouvait en face de Cnide, de l'autre côté du golfe. Cnide avait deux ports qui, d'ailleurs, communiquaient l'un avec l'autre par un canal l.

Des Doriens venus de Lacédémone colonisèrent cette ville qui fut l'une des principales de l'hexapole dorienne, devenue pentapole après l'exclusion d'Halicarnasse 2. Le sanctuaire d'Apollon Triopien, centre de cette amphictionie, se trouvait voisin de Cnide; il en reste des ruines.

Dès l'origine, les monnaies de Cnide sont au type de l'Aphrodite que les Cnidiens adoraient sous les noms de AwpTxiç, 'Axpotlot et EuTrÀoia 3. Ces épithètes, de même que les types monétaires, attestent que cette déesse n'avait rien d'oriental et était purement hellénique. Son culte dut être importé

du Péloponnèse par les colons doriens.

Favorisée par sa situation presque insulaire, Cnide fut de bonne heure un centre commercial important. Ses vaisseaux fréquentaient les bouches du Nil et elle fut au nombre des métropoles grecques qui fondèrent Naucratis. Lors de la conquête de l'Asie-mineure par Cyrus, les Cnidiens eurent d'abord quelque velléité de résistance; mais avertis par des oracles, ils se soumirent sans coup férir, à Harpage, le lieutenant de Cyrus 4. C'est sous l'hégémonie peu gênante des Perses que Cnide commença à battre monnaie.

La pièce la plus ancienne que l'on ait proposé, conjecturalement, de classer à Cnide remonte au moins au milieu du vie siècle ; elle nous donne une des premières représentations de la figure humaine que l'on rencontre sur les monnaies 5; la physionomie de celte tête de femme, la forme rudimentaire de l'œil et de l'oreille surtout, rappellent la fameuse stèle de Dorylée qui est contemporaine 6.

698. — Tête d'Aphrodite à gauche, l'œil globuleux, taillé en amande, l'oreille démesurée, ornée d'un pendant rond et grossièrement dessinée, les cheveux retombant sur le cou. Style rude et primitif.

1^. Deux carrés creux côte à côte et de dimensions très inégales.

JR. 20 sur 16; statère éginét., 9 gr 92 usée (Londres) Pl. XVIII, fig. 9.

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