CHAPITRE XIII LA GILIGIE
§ I. — Dynastes et satrapes de Cilicie.
La Cilicie est cette province maritime d'Asie-mineure, qui, placée au seuil des grandes civilisations orientales, fut appelée par sa position géographique, à jouer un rôle si important dans l'histoire du monde, gréco-asiatique.
Elle avait plusieurs excellents ports qui, en partant des pays d'où nous venons, c'est-à-dire de l'ouest, étaient Nagidos, Célendéris, Soli, Tarse, Mallos et Issos, sans compter d'autres, moins importants, qui furent, aussi longtemps que dura l'empire des Perses Achéménides, les quartiers généraux des flottes et des armées perses, soit que ces flottes voulussent se diriger du côté de Rhodes et des eaux grecques, soit qu'elles eussent a faire quelque expédition contre Chypre qui se trouvait en face d'elles et directement exposée à leurs coups, soit même que ces flottes eussent à se diriger contre l'Égypte.
Ce pays forma, à partir de la réorganisa- Tome n.
tion administrative de l'empire perse par Darius, vers 515, la 4e satrapie de l'empire ; Hérodote (III, 90) nous apprend que Darius en tirait anniiclli'iiit'iit MO chevaux blancs et 500 talents sur lesquels il prélevait 140 talents pour la solde de la cavalerie cantonnée dans cette région. Malgré cette contribution, la Cilicie jouissait sous les Perses, comme la Lycie et la Pamphylie, d'une grande autonomie administrative.
Elle conserva toujours ses usages locaux, sa langue qui était un dialecte araméen, sauf dans les ports colonisés par les Grecs; elle ne cessa d'avoir des dynastes héréditaires, comme la Lycie, la Carie et d'autres régions de I Asie-mineure.
On connaît, dès avanl la conquête du royaume de Lydie par Cyrus en 546, les noms des dynastes héréditaires de la Cilicie. Ces princes ont porté, presque tous, un nom que les historiens grecs ont transcrit s-jiwsatç. Comme ce nom de famille est sûrement commun à plusieurs person-