‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 445 sur 1006 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

pourrait penser, par exemple, à Eunostos, parce qu'au temps d'Alexandre-le-Grand, le roi de Soli s'appelait Eunostos : l'un de ses ancêtres a bien pu porterie même nom.

Telles sont, en résumé, les bases, assez fragiles, du classement de ces médailles aux rois de Soli. Mais les motifs pour reporterces piècesàGolgos sont-ils mieux fondés?

Le principal des arguments de Six en faveur de Golgos, c'est qu'un certain nombre de ces pièces portent le signe A (==xo, yo, yo), dans lequel il propose de reconnaître l'initiale de rôXyo; ou roXyo». Six fait aussi valoir que le type du mythe de Géryon qui figure sur quelques-unes de ces monnaies, convient particulièrement bien à Golgos, et qu'enfin, sans ces pièces, Golgos, ville très importante, serait dépourvue de toute suite numismatique. La description qui va suivre nous éclairera sur la valeur problématique de ces arguments. Faisons seulement remarquer que la plus grave objection qu'on puisse faire à ce classement, — on s'en rendra compte en jetant un coup d'œil d'ensemble sur notre pl. XXVII — c'est le manque d'unité dans les séries monétaires qu'on veut ainsi attribuer en bloc à Soli ou à Golgos. Il parait évident que nous avons au moins trois groupes différents. Sur notre planche XXVII, les pièces u088, 9, 10 forment un premier groupe. Les pièces 11 à 15 constituent un second groupe. Enfin les nos 16 à 20 qui ont, au droit, une tête de lion ou un lion en arrêt et rugissant, et au revers, la croix ansée pareille à celle de Salamine, semblent former un troisième groupe. Toutes ces pièces appartiennentelles donc au même atelier? C'est bien douteux. Peut-être, chacune des deux villes, Soli et Golgos, doit-elle y trouver son lot.

GOLGOS

960. — Héraclès marchant à grands pas, à droite, à travers une forêt indiquée par deux pins garnis de branches et de feuilles; de la main gauche tendue en avant, il tient son arc (visible seulement en partie) ; la main droite levée, qui n'est pas venue à la frappe, brandissait la massue.

1^. Taureau à droite; au-dessus, une grande branche de laurier. Carré creux bordé d'un grènetis.

M 16; tétrobole persique, 3 gr. 55 (Berlin) Pl. XXVII, fig. 8 !.

Les types de ce tétrobole seraient un argument précieux en faveur de l'attribution à Golgos, si Golgos était la moderne Athiénau, parce qu'ils reproduisent une scène analogue à un bas relief découvert dans cette localité par Cesnola.

Tout le monde connaît la statue colossale d'Héraclès, rapportée par cet archéologue au musée de New-York, et dont le piédestal est décoré de bas relief représentant divers exploits mythiques du dieu 2. La plus intéressante de ces sculptures met en scène l'enlèvement des troupeaux de Géryon 3. On voit Héraclès nu, debout sur une marche d'escalier, la peau de lion sur le dos. Il s'avance en brandissant sa massue de la main droite, la jambe gauche en avant. A ses pieds, dans une caverne, les troupeaux de Géryon, gardés par le berger Eurytion et le chien à trois têtes, Orthros, déjà percé d'une flèche. Eurytion, debout à l'entrée de la caverne, détourne la tête du côté d'Héraclès en faisant de la main droite un geste de frayeur, tandis qu'il tient du bras et de la main gauche un

1. Six, Nian. Chron., 1897, p. 206, n° 2 et pl. IX, 10; Hill, Cyprus, p. xlvi et pl. XXV, 10.

2. Cesnola, -Cyprus, p. 132 et pl. XII; cf. Perrot et Chipiez, Hist. de Vart dans V Antiquité, t. III, p. 573.

3. Ce bas relief, que nous avons déjà eu l'occasion de citer à propos d'une monnaie d'électrum (cidessus, p. 76) a été reproduit par Colonna-Ceccaldi, dans la Revue archéol., t. xxiv, 1872, pl. XXI; P. di Cesnola, Cypem, 1879, p. 112 et pl. XXIII-

arbre tout entier, un pin derrière le feuillage duquel il cherche à dissimuler au terrible dieu la vue du troupeau.

Or, Six a remarqué fort ingénieusement que la même scène est figurée en abrégé sur notre médaille (n° 960), face et revers.

La forêt dans laquelle se passe cet épisode du mythe d'Héraclès est représentée par les deux pins que nous voyons, au droit, s'élever de chaque côté d'Héraclès et, au revers, par le grand rameau à larges feuilles qui s'étend au dessus du bœuf symbolisant à lui seul tout le troupeau de Géryon 4. Héraclès est exactement dans la même attitude sur le bas relief d' Athiénau et sur la médaille ; celle-ci paraît inspirée de l'œuvre sculpturale et même, comme le bas relief est mutilé, le type monétaire peut aider à en reconstituer certains détails, tels que l'arc et la massue. Peut-être la médaille a-t-elle été frappée à l'occasion de l'érection de cette colossale statue d'Héraclès dans le temple de la ville (Golgos?) représentée par les ruines d'Athiénau.

XXIV; Roscher, Ausfûrl. Lexicon der Mythologie, au mot Gerioneus, p. 1635; Perrot et Chipiez, Hist. de l'art dans l'Antiquité, t. III, p. 574; M. Percy Gardner propose d'y reconnaître plutôt le mythe d'Héraclès et Cacus {Jornal of hellen. studies, t. XIII, 1893, p. 74).

4. Le mythe de Géryon a été souvent figuré sur les monuments chypriotes. G. Perrot, op. cit., t. III, p. 575-576.

GOLGOS

961. — Hermès nu, marchant à dr., muni d'ailes recroquevillées aux talons ; il étend le bras gauche (la main droite tenait sans doute le caducée .

1^. Taureau débouta droite; au-dessus, A (== *o, '/?, y0?). Carré creux. JR, 20; statère persique, 1 1 gr. 60 (La Haye) Pl. XXVII, fig. 10

962. — Hermès, la chlamyde sur le dos, le reste du corps entièrement nu, marchant à gauche ; il étend la main droite et il tient son caducée de la main gauche ramenée sur sa poitrine. Dans le champ à gauche, *W (Ba.Sa-Xa). Grènetis au pourtour.

1^. Tête barbue de Zeus Àmmon, à gauche, muni des cornes de bélier. Carré creux limité par un grènetis.

JR, 28 ; stat. pers., 10 gr. 82 (Paris Pl. XXVII, fig. 9; — autre ex. du môme coin, 1 1 gr. (les deux ex. provenant du trésor d'Idalion) \

® Il

No 963.

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