‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 509 sur 1006 · Voyez ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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3. Beulé, Monnaies d'Athènes, p. 15, rappelle qu'en 1788, le Cabinet des Médailles de Paris, dont l'abbé Barthélémy était alors conservateur, reçut de notre consul dans le Levant, Cousinéry, 26 monnaies de cette catégorie. Cousinéry les avait achetées à Athènes et choisies dans un lot de pièces semblables récemment découvertes à Athènes même (Cousinéry, Voyage en Macédoine, t. II, p. 121 à 129). Ces pièces étaient aux types de la chouette (pl. XXXIII, 1 et 2), du cheval ou d'une moitié de cheval (pl. XXXIII, 3 à 7), de l'osselet (pl. XXXIII, 13), de la roue (pl. XXXIII, 14 k 20), de la triskèle à jambes humaines (pl. XXXIII, 10 à 12), de la tète de Gorgone (pl. XXXIII, 7 à 10); enfin, une pièce ayant au droit la tète de Gorgone et, au revers, la tète de lion de face dans un carré creux, comme les nos 14 et 17 de notre pl. XXXI). Des pièces à ces types divers ont été trouvées plus récemment en Attique, en particulier à Eleusis; et quant aux trouvailles du même genre que signale M. Kohler dans les envi-

ÊISISTRATË

euboïco-altique, le style, la fabrique, les types mêmes qui, tous, se rattachent sans effort à des souvenirs légendaires, à des traditions de l'Attique *. Ce sont bien là, il nous semble, ces vieux didrachmes euboïques que Solon débaptisa, pour ainsi dire, et dont il fit des drachmes sans rien modifier à leur fabrique et à leur aspect : Solon, nous le répétons conformément à la tradition, n'a inventé aucune monnaie nouvelle, d'où il suit qu'il est impossible, parmi les types que nous venons d'examiner, de dire ceux qui sont de l'époque où il fut investi de la dignité d'archonte et fît sa réforme pondérale.

Si quelques pièces, comme celles qui sont aux types de la triskèle, de la roue, du scarabée, paraissent moins bien que les autres, rentrer dans la série athénienne, il faut

néanmoins et de toute nécessité, reconnaître que ces pièces elles-mêmes furent frappées par des villes qui étaient commercialement associées avec Athènes et avec Érétrie.

Toutes ces villes étaient assez étroitement unies pour introduire dans leurs relations réciproques l'usage de monnaies du même poids et reconnaissables par la même forme du carré creux.

L'étude du monnayage primitif en électrum de la côte d'Asie-mineure a provoqué les mêmes remarques, attestant, lui aussi, l'existence d'une association entre plusieurs villes, et en quelque sorte d'une confédération commerciale et monétaire.

D'autres pays comme la Macédoine et la Grande Grèce nous fourniront, pour la période primitive de leur monnayage, l'occasion d'observations du même genre.

§ II. — Pisistrate. — La tête d'Athéna et la chouette.

Les monnaies au type de la tête casquée d Athéna au droit, et de la chouette dans un carré creux, au revers, succèdent brusquement aux séries pré-soloniennes et soloniennes dont nous venons de traiter. A quelle époque et comment s'est produite cette révolution dans les types monétaires athéniens; quels sont les événements qui l'ont provoquée ; quel est le personnage à qui l'on doit ces emblèmes nouveaux appelés à une si prodigieuse fortune puisqu'ils devaient se perpétuer presque sans changement durant plusieurs siècles ?

rons d'Erétrie (Mittheilungen de l'Institut archéol., Athènes, t. IX, 1884, p. 354-362), loin d'infirmer notre classement à Athènes, elles ne font que le confirmer, étant donné ce que nous savons des relations étroites et prolongées d'Érétrie et d'Athè-

Quand on range dans l'ordre chronologique les séries monétaires d'Athènes du vie siècle et de la première moitié du ve siècle, en se basant sur l'aspect de plus en plus perfectionné du type de la tête d'Athéna, on s'aperçoit que ces types archaïques ne sont point aussi immobiles qu'on pourrait le croire de prime abord. Ces images d'Athéna s'améliorent graduellement à chaque émission, au fur et à mesure que l'expérience technique des graveurs se développe elle-même ; après les premiers essais rudimentaires, œuvres

nés, sous les Pisistratides.

1. Il va sans dire que nous admettons que la monnaie d'Egine au type de la tortue circulait aussi sur le marché d'Athènes, en abondance, à côté de la monnaie athénienne nationale.

PISISTRATE

d'artisans vulgaires, la gravure des coins monétaires ne tarde pas àpasser aux mains de véritables artistes et à se mettre, pour ainsi parler, à la remorque de la grande sculpture, et elle nous présente un développement corrélatif et concomitant. C'est ainsi, comme nous allons le constater, que les plus anciennes séries monétaires se rapportent à ce qu'en sculpture, on appelle aujourd'hui «lepremierarchaïsmeattique », d'inspiration purement autochtone *; tandis que les séries plus avancées trahissent l'influence ionienne dont les historiens de l'art se sont complu à dégager les indices dans la plupart des statues et des bas reliefs de l'Acropole d'Athènes.

Les anciens numismates et Beulé 2, se sont demandé si le type de la tête d'Athéna fut créé par Pisistrate qui professait un culte particulier pour cette déesse ; ou au contraire, si ce ne fut-point l'expulsion des Pisistratides en 511 qui entraîna une réforme monétaire et la création d'un type nouveau : « la République, dit Beulé, voulut-elle avoir ses emblèmes propres, et répudiant ceux qu'avaient adoptés les tyrans, commença-t-elle à frapper des pièces à l'effigie de Minerve? l'histoire ne répond point à ces questions. »

Depuis Beulé, le problème a été bien souvent agité, et quelles que soient les divergences de vues, tous les savants sont tombés d'accord pour placer l'apparition de ces types nouveaux dans la période comprise entre 592, date de la réforme de Solon et 511, date de l'expulsion définitive des Pisistratides. Mais dans cet intervalle de 81 ans,

1. Henri Lechat, Au musée de V Acropole d'Athènes, p. 114; le même, La sculpture atlique avant Phidias, p. 8 et suiv.

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