‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 520 sur 1006 · A. Joubin, La sculpture grecque, p · texte numérisé non relu

A. Joubin, La sculpture grecque, p

LA RÉFORME d'hIPPIAS

avec les sculptures contemporaines dans lesquelles les historiens de l'art se sont efforcés àl'envide montrer l'infiltration des procédés et du style des écoles iono-insulaires.

Parmi ces sculptures attiques en marbre, de la seconde moitié du vie siècle, il est un bas-relief trouvé dans les ruines de l'Acropole, dont nous ne pouvons nous dispenser de faire reproduire la partie essentielle *. L'influence ionienne y est caractéristique. La déesse, vue de profil, a un casque pareil à celui de nos monnaies ; comme type de visage féminin, c'est le même nez pointu, très allongé, qui continue le front, en ligne droite ; c'est le même œil fendu en amande, le même retroussis des lèvres proéminentes, le même menton large et ferme, le même demi-sourire si expressif et qui s'efforce de traduirela bienveillance sereine de ladéesse accueillant ses adorateurs 2. Manifestement, le bas-relief et les médailles sont contemporains et inspirés du même prototype, traduisent la même influence ionienne.

D'autres pièces, peut-être postérieures à Hippias, donnent à la déesse un visage assez apparenté à celui de La tête d'Athéna en marbre quiprovient du fronton du temple d'Athéna Polias 3. Par une comparaison attentive faite sur place, aux musées

1. Voyez ci-contre. L'ensemble du bas -relie! qui représente une scène d'offrande à Athéna, est reproduit notamment dans : Pierre Paris, La sculpture antique, p. 145, fig. 64; G. Perrot, Hist. de l'art dans l'antiquité, t. VIII, p. 621, fig. 31 i.

2. M. Lechat, après avoir montré, sur ce bas-relief, Athéna précieuse et maniérée à la mode ionienne, fait remarquer que le bas-relief est en marbre des îles. H. Lechat, La sculpture at tique avant Phidias, p. 284.

3. M. Collignon, op. cit., t. I, p. 316; G. Perrot, op. cit., t. VIII, p. 557; cf. W. Lcrmann, Athenatypen, p. 5.

d'Athènes, en présence des originaux, on pourrait proposer d'autres rapprochements non moins caractéristiques entre les types monétaires de la seconde moitié du vie siècle ou des premières années du ve et les nombreuses statues féminines exhumées des fouilles de l'Acropole. Les exemples que nous avons cités suffisent pour permettre d'aflirmer que, dès la seconde moitié du vie siècle, la gravure des coins monétaires suit pas à pas les développements de lastatuaire et reflète les mêmes influences l.

Or, cet art sculptural de l'Attique a l'époque des Pisislratides, les historiens se plaisent à démontrer qu'il est, pour ainsi parler, sous le joug de l'étranger. On a retrouvé les signatures des artistes appelés de l'Orient hellénique, alors en pleine période de splendeur, pour tenir à Athènes école de sculpture, comme Théodoros de Samos, Archermos de Chios, Aristion de l'iiros, Endoios qui était aussi un Ionien J.

De 540, époque où Pisislrate triomphe définitivement des factions rivales, jusqu'en 511, date de l'expulsion d'Hippias, Athènes jouit d'une extraordinaire prospérité qui devait la conduire, après Marathon, à être la première des villes grecques 3. Les sculptures en marbre de Paros, exécutées sur les ordres de Pisislrate et de ses fils, pour l'embellissement de rilécatompédon,

1. Voyez l'analyse détaillée de toutes les particularités du type monétaire d'Athéna et les rapprochements, peut-être un peu trop étendus, proposés par M. Lermann, non seulement avec les statues du vic siècle, mais avec les bronzes et les figures des vases peints de la même période. Lermann, op. cit., p. 5 à 9.

2. G. Perrot, op. cit., t. VIII, p. 351 et suiv.; Max. Collignon, Hist. delà sculpture grecque, t. I, p. 336.

3. II. Lechat, La sculpture grecque avant Ffrir dias, p. 206 à 215.

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sont, — on en juge par leurs débris — les œuvres d'artistes des écoles iono-insulaires ou d'artistes athéniens formés par eux.

C'est la même influence que nous révèlent nos types monétaires. Déjà nous avons signalé le mufle de lion samien au revers des monnaies d'Érétrie de cette époque. A Siphnos où brillait dans tout son éclat l'art ionien dit des îles, nous trouvons avant la fin du vie siècle, sur les monnaies, une tête humaine (Apollon?) qui a la plus frappante analogie d'expression avec celle d'Athéna sur les tétradrachmes athéniens contemporains 1 ; on y distinguerait peutêtre seulement un peu plus de douceur dans les traits, détail qui n'est pas pour infirmer notre théorie.

Sur les monnaies que, d'après l'ensemble des considérations qui précèdent, on doit attribuer à la fin de la tyrannie de Pisistrate ou à celle de ses fils Hipparque et Hippias, la légende AGE se présente sous deux variétés essentielles qui ont donné lieu à des remarques paléographiques intéressantes. Ces deux formes sont AO£ et A0£.

Les monnaies qui ont le thêta avec une croisette au centre, ©, sont beaucoup plus rares que les autres (Pl. XXXIV, fig. 15, 16 et 17) 2. Six a prétendu que le thêta à croisette, ©, était plus ancien que le thêta avec point central, ©. C'est même là une des raisons qui ont porté ce savant à classer en tête de la série athénienne les monnaies à la légende À©£> et à regarder indistinctement comme postérieures, quel que soit leur style rude ou primitif, toutes les pièces

1. Brit. Mus. Crète and aegean Islands, pl. XXVII, fig. 11 et 12.

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