MM. Barclay Ilcad {llist. numor., p. 353) et
Peroy C.ardncr [Num. C/iron., 1879, p. 224 et 226; Catal. Peloponn.i p. 58) font débuter le monnayage d'Elis seulement après 480.
4. Pour les développements, voyez le présont Trailé, au tome 11 do la l'remïere partie (sous presse).
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la queue étalée en éventail, tenant dans ses serres une tortue dont il déchire la tête à coups de bec.
1^. hOHinHVAO. Zeus nu, barbu, debout à droite, la jambe gauche en avant; delà main droite levée il brandit le foudre; il tient le bras gauche avancé, la main ouverte et sur son poignet est posé un aigle, les ailes soulevées, qui détourne la tête pour regarder le dieu. Carré creux.
JR. 23 ; statère éginétique, 12 gr. 03 (Berlin) Pl. XXXIX, fig. 1 ».
1255. — Aigle volant à gauche en tenant dans son bec et ses serres un serpent qui s'enroule autour de lui et cherche à le mordre.
1^. hO>mHV\0. Zeus nu, barbu, debout à droite, la jambe gauche en avant; de la main droite levée il brandit le foudre; il tient le bras gauche avancé, la main ouverte et sur son poignet est posé un aigle, les ailes soulevées, qui détourne la tête pour regarder le dieu. Carré creux.
M 26; statère éginét., 1 1 gr. 78 (Paris) Pl. XXXIX, fig. 2.
Le statère unique (n° 1254) du cabinet de Berlin, présente cette particularité que l'aigle emporte une tortue, et non point un serpent, un lièvre, un agneau ou même une tête de cerf, variantes ordinaires des monnaies d'Élis. La tortue est, en effet, au nombre des animaux que l'aigle attaque et dévore 2. Comme il ne peut la déchirer à cause de l'extrême dureté de sa carapace, il la saisit dans ses serres, s'élève dans les airs avec elle et la laisse tomber d'une grande hauteur sur un rocher. Après avoir ainsi fracassé la carapace, l'aigle se repaît du cadavre. On se souvient de l'anecdote relative à la mort d'Eschyle (en 456 av. J.-G.) ; un aigle emportait dans les airs une tortue qu'il laissa tomber, pour la briser,
1. Lambropoulos, Zeit. fur Num., t. XIX, p. 204 et pl. III, 1 . On a lu a tort sur cette pièce et la suivante, OAYMPIKOU (avec M au lieu de N).
2. Il n'y a pas lieu de voir dans la tortue de notre statère d'Olympie, un emblème de TAstarté sjdonienne, ni même de la rapprocher de la tortue
sur le crâne dénudé du poète qu'il prit pour un caillou luisant 3.
Les statères nos 1254 et 1255 ont des revers identiques; ils sont à peu près contemporains, c'est-à-dire de la fin du vie siècle ou des premières années du ve, si l'on en juge par leur style, par leur légende qui est rétrograde et dont les lettres ont une forme primitive, par le type de Zeus dont l'image trapue offre tous les caractères de l'archaïsme péloponnésien de la seconde moitié du vie siècle. Nous avons ici la reproduction d'une statue de Zeus très archaïque, dont le type se retrouve, plus tard, dans le Zeus Ithomatas de Messène et le Zeus dTEgion, œuvres du sculpteur argien Agélaidas qu'on croit exécutées un
des monnaies d'Égine. Percy Gardner, Types of greek Coins, p. 24.
3. On connaît une gemme gravée qui représente cette scène de la mort d'Eschyle. Welcker, Aile Denhnuler, t. II, n° 337; Baumeister, Denkmaler des çlass, Aller tums, t. 1, p. 34, fig, 36,
ÉLIS ET OLYMPIE
peu avant Tannée 450. Dans les fouilles d'Olympie on a découvert plusieurs statuettes de bronze de style archaïque, qui reproduisent le type de nos monnaies l.
Ces monnaies ont donc une importance archéologique exceptionnelle, puisqu'elles sont antérieures à Agélaïdas. Elles établissent, pour l'histoire de l'art, les deux points essentiels suivants :
1° 11 existait à Olympie une statue archaïque de Zeus debout, l'aigle sur le poignet et brandissant le foudre, reproduite sur nos monnaies. Cette statue était antérieure à, Agélaïdas, et les figurines de bronze trouvées à Olympie, doivent être inspirées de cette statue, plutôt que du Zeus du mont Ithome ;
2° En exécutant pour les Messéniens sa statue de Zeus Ithomatas, Agélaïdas n'a point fait une œuvre originale ni créé un type nouveau dans l'art grec, comme on l'a cru généralement. Il n'a fait que copier la statue plus ancienne d'Olympie ou s'en inspirer étroitement.
Cette statue reproduite sur nos monnaies était peut-être l'œuvre du sculpteur éginète Aristonoos, si toutefois on est autorisé à en rapprocher ce passage de Pausanias: « En avançant un peu, vous trouvez, tourné vers l'Orient, un Zeus qui lient un aigle d'une main et un foudre de l'an Ire; il a sur la tête une couronne de fleurs. Celte statue qui est l'œuvre d'Aristonoos d'Égine a été dédiée par les habitants de Métaponte. On ne connaît pas le maître de cet Aristonoos et on ignore à quelle époque il florissait lui-même. »
1. Ausgrabunyen zu Olympia, Part. V, pl. XXVII; Olympia, die Bronzen, pl. VIII, n° 44; p. 18 et suiv., nos 43 et 43a; M. Collignon, Uist. de la sculpture grecque, t. I, p. 318, fig. 160,
Il paraît pourtant certain qu'Aristonoos élait antérieur à Ouatas, fils de Micon, dont la période de grande production se place entre 490 et 4G0. 'Aristonoos faisait partie de cette pléiade de sculpteurs éginétes dont on connaît les noms par Pausanias et qui tlorissaient à la fin du vie siècle et au commencement du vc 1 : c'est bien la date que l'on doit assigner à nos monnaies elles-mêmes 2. Je préfère" cette hypothèse à celle qui rapprocherait notre type monétaire de la statue colossale de Zeus, en or repoussé, qui fut consacrée à Olympie vers 029 par Cypsélos, tyran de Corinthe 3.
La légende OAYNI1IKON «les deux pièces qui précèdent, les rapproche des monnaies des Héneens qui ont APKAAIKON et des autres séries monétaires, aujourd'hui connues en assez grand nombre, qui donnent à La légende une forme d'ethnique en -IKON. Par exemple : 0E2TTIKON (à Thespies); BIIAATIKON chez les Bisaltes) ; 2EPMVAIKON àSermylé ;(t>nKIKON en Phocide); AAA(J>IKON àDelphes ; OAII- TIKON àPhaestos :4>ENIKON a Phénée); fTANOPMITIKON [à Panorme) ; NEOPO- AITIKON & Naples . On trouve aussi la même forme adjectivale sur des monnaies de Carie, de Pamphylie et de Cilicie ; elle ne répond donc point à un usage local; elle est universelle dans le
1. .M. Collignon, Uist. de la sculpture grec<juc, t. I. p. 282; Ililzig et II. Blumner, Pausanias, Eliaca, p. 429.
2. Ernest Curtius {Zeit. fur Nam., t. 11, p. 2G5) a voulu placer les [monnaies que nous venons tic décrire à une époque beaucoup trop basse et les rapporter à'un épisode de la guerre de Lépréoû (Thucydide, V, 31, 2), dans la seconde moitié du vc "siècle.
3. Pausanias, V, 2, 3; Strabon, VIII, 3, 30 ; G, 20; cf. ci-dessus, p. 786.
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monde grec. Cependant, il ne serait pas possible de lui trouver une explication qui convint à tous les cas et à tous les pays. Pour ce qui est de la Cilicie, Waddinglon pensait jadis que « la forme adjective en -IKON pourrait bien indiquer que la médaille a été frappée sous l'autorité d'un despote et non par une communauté libre; ainsi, ZOAIKON signifierait monnaie frappée à Soli; ZOAEflN, monnaie frappée par les citoyens de Soli l. » On aurait dans cette différence de formule un critère assuré pour distinguer les monnaies urbaines des monnaies satrapales. J'ai démontré ailleurs que cette interprétation n'est pas possible, même p >ur la Cilicie 2.
Dans tous les cas, elle ne saurait convenir aux pays où il n'y avait ni satrapes ni tyrans ou dynastes locaux; aussi, pour ces pays, on a pensé que les monnaies avec la forme adjectivale -IKON étaient des monnaies sacrées et non urbaines et qu'elles avaient dû être frappées par les administrateurs des sanctuaires les plus célèbres, avec les richesses métalliques amoncelées dans les caisses des temples. C'est ainsi que OAYNIIIKON désignerait les monnaies frappées par les administrateurs du temple de Zeus à Olympie ; APKAÀIKON, les monnaies du temple de Zeus au mont Lycée ; AAA4>IKON, les monnaies du temple d'Apollon à Delphes; OEiniKON, les monnaies du fameux temple d'Eros à Thespies 3.
1. Waddington, Mélanges de numismatique, t. I, p. 13-14. Cette opinion a été adoptée par Six (Num. Chron., 1888, p. 116-117; par Imhoof-Blumer, Griech. Miinzen, p. 186, et par A. de Sallet, Zeit. fia* Num., t. IV, p. 146.