‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 617 sur 1006 · Imhoof-Blumer, op. cit., p. 115 etsuiv · texte numérisé non relu

Imhoof-Blumer, op. cit., p. 115 etsuiv

CORCYRE

1285. — Pégase bridé bondissant à gauche, les ailes courtes et recroquevillées ; dessous, la lettre 'V.

1^. Tête casquée de Pallas à droite, comme ci-dessus. 19; stat. corinth., 8 gr. 37 (Paris) Pl. XL, fig. 6.

1286. — Pégase non bridé s'élançant à gauche, les ailes courtes et recroquevillées; dessous, la lettre A.

1^. Tête casquée de Pallas à gauche, comme ci-dessus. JR. 18; stat. corinth., 8 gr. 62 (Luynes) Pl. XL, fig. 7.

1287. — Pégase non bridé s'élançant à gauche ; dessous, la lettre \. 1^. Tête casquée de Pallas à droite, comme ci-dessus.

JR. 14 ; drachme cor., 2 gr. 6J , usée (Paris) Pl. XL, fig. 4.

Après un intervalle de temps d'un demi- reprend avec la marque \ puis A et enfin siècle environ, la frappe des monnaies aux AEY> sous le Pégase ; quelquefois on a en types corinthiens qui avait été suspendue, légende AEYKAAION-

§ IV. — Corcyre.

Corcyre (Kopxopa, Képxupa), qui passait pour être l'ancienne île des Phéaciens, aujourd'hui Gorfou i, la perle de la mer Ionienne, au seuil de l'Italie et en face de la côte d'Épire, fut de bonne heure convoitée par tous les écumeurs de mer et, en particulier, par les Eubéens de Chalcis et d'Ërétrie et par les Corinthiens qui la colonisèrent, en même temps que Syracuse, dès le vme siècle.

Vers 734, le corinthien Archias faisant route pour la Sicile, où il allait fonder Syracuse, toucha à Corcyre où il laissa Chersicratès, descendant d'Héraclès. Celui-

1. 0. Riemann, Becherches archéol. sur les îles Ioniennes. I. Cor fou (Fasc. VI] I de la Bibliolh. des Écoles françaises d'Athènes et de Rome).

£. E. Curtius, -Hist. grecque, t. I, p. 329 et 538.

ci ayant chassé les Liburniens autochtones et aussi les Érétriens, s'établit avec ses compagnons vers le milieu de la côte orientale, sur le promontoire où s'éleva la ville de Corcyre, capitale de l'île 2.

Corcyre fut bientôt l'une des puissances maritimes de la Grèce les plus considérables ; son commerce se développa rapidement, si bien que ses marchands devinrent, sur toutes les côtes méditerranéennes, les rivaux de ceux de Corinthe. Il s'ensuivit entre la métropole et sa colonie une guerre aussi longue qu'acharnée. Dès le temps des guerres lélantiennes, tandis que Corinthe

Les autres villes de l'île étaient Cassiopé, Phalacron, Leucimmé, Amphipagos ; elles ne paraissent pas avoir eu d'atelier monétaire.

CORCYRE

prenait parti pour Chalcis, Gorcyre se rangeait dans le camp tTÉrétrie avec laquelle elle avait, d'ailleurs, des traditions communes. Entre Corinthe et Corcyre les hostilités éclatèrent directement dans une bataille navale vers G65 *; puis, il y eut réconciliation. En G17, les Corcyréens, colonisant à leur tour, fondèrent Ëpidamne sur la côte cTIllyrie et choisirent même un Corinthien, Phaleos, comme œklste de la nouvelle ville 2. A la suite de nouveaux froissements, Périandre, tyran de Corinthe de 625 à 583, força Corcyre à, s'incliner devant la suprématie de sa métropole 3. Mais après la mort de Périandre, en 585, les Corcyréens se rendirent indépendants de Corinthe et ouvrirent un atelier monétaire 4. Ces circonstances politiques expliquent comment il se fait que Corcyre, à rencontre des autres colonies corinthiennes comme Àmbracie, Anactorion et Leucas, frappa, à l'origine de son monnayage, des

monnaies qui ne sont pas aux types corinthiens et ne suiventpas l'étalon de Corinthe.

Comme nous le constaterons tout à l'heure, les monnaies , populaires dans l'antiquité sous le nom de JLopxopaïoi a-z- TTjpeç 5, se rattachent originairement à un statère éginétique de 11 gr. 64, et leurs types sont, au droit, la vache allaitant son veau, qui rappelle le type des monnaies d'Érélrie et de Carystos 6; au revers, les deux fleurons juxtaposés et stylisés auxquels on a donné le nom de Jardins d'Alcinous. Mais en ce qui concerne les plus anciennes séries, il surgit de délicates questions d'attribution que nous devons signaler pour qu'on ne soit pas exposé à ranger à Corcyre des pièces qui, bien qu'étant au type de de la vache et son veau, ne paraissent pas appartenir à cette ville. Les pièces à ce type, ci-après décrites, forment en effet les trois catégories suivantes :

Groupe A [attribution incertaine. — Macédoine),

1288. — Vache debout à droite, et détournant la tète; son veau agenouillé sous son ventre est aussi tourné à droite ; en haut dans le champ, trois globules alignés.

1^. Carré creux partagé en quatre triangles par des diagonales. M. 18; statère, 10 gr. 02 (Paris) Pl. XL, fig. 8.

1289. — Vache debout à gauche, détournant la tète et allaitant son veau; dans le champ, trois globules.

I^- Carré creux en quatre triangles, comme ci-dessus. A 18; stat., 8 gr. 68 (Paris) Pl. XL, fig. 9.

1. Hérodote, III, 49 ; Thucydide, I, 13 : cf. E. Cur- 4. B. Head, Hist. numor., p. 2"5; Percy Gardner, tins, Hist. grecque, t. I, p. 539. Catal. Thessaly to Aetolia, p. 115.

2. Thucydide, I, 24. 5. C. I. Attic., t. 1, n° 223; cf. le présent Traité,

3. Hérodote (III, 49 et suiv.) raconte en détail Première partie, t. I, p. 191

l'intéressante histoire de Lycophron, hlsde Périan- 6. Comparez notre pl. XXXII, Gg. 1 à 6 et 14, 15. dre, mis à mort par les Corcyréens.

CORCYRE

1290. — Vache allaitant son veau, comme ci-dessus, mais tournée adroite, sur une base ornée d'un grènetis ; au-dessus, un seul globule.

fy. Carré creux en quatre triangles, comme ci-dessus.

M 19; stat., 9 gr. 78 [Paris) Pl. XL, fig. 10; — autre 9 gr. 32 [Berlin) ».

1291. — Vache debout à droite et détournant la tête; son veau agenouillé sous son ventre est aussi à droite; base ornée d'un grènetis (sans globule).

1^. Carré creux en quatre triangles, comme ci-dessus. M. 19 ; stat., 10 gr. 20 (Paris) Pl. XL, fig. 11 2; — autre ex., trouvé en Égypte, 10 gr. 06 3.

1292. — Variété, avec deux globules au droit.

JR- 19; stat., 9 gr. 25 (Luynes)\ — autres, avec trois globules, 10 gr. 03

[Berlin) ; 9 gr. 95 [Vienne) \

Des particularités essentielles caractérisent les pièces de ce premier groupe : la vache détourne la tête mais sans la baisser; tantôt elle allaite son veau, tantôt le veau lalutine ; des globules, en nombre variable, se voient dans le champ, comme sur des monnaies thraco-macédoniennes ; enfin, le carré creux partagé en triangles rattache ce groupe aux monnaies si nombreuses qui ont ce même revers et que nous avons classées à Athènes et à l'Eubée (Pl. XXXI, fig. 7 à 12 et pl. XXXIII); nous retrouverons le même revers sur des monnaies de Lété, de Mendé, de Néapolis et d'autres de la région Ihraco-macédonienne. Aucune de ces particularités ne se rencontre sur les monnaies qui sont sûrement de Corcyre. Au point de vue pondéral, les pièces groupées ci-dessus (nos 1288 à 1292) ne se rattachent pas au système corcyréen

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