‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 632 sur 1006 · B. Ilead, op. cit., p. G7, n° 3 et pl. XI · texte numérisé non relu

B. Ilead, op. cit., p. G7, n° 3 et pl. XI

ACR^PHIA

capitale de la Ligue béotienne et que ce rôle fut dévolu à Tanagre. Et, e» effet, — comme on le verra plus amplement au § IX consacré à cette dernière ville, — Thèbes subit, au bénéfice de Tanagre, une longue période d'abaissement qui dura depuis Fan 507 environ jusqu'en 457.

Après avoir été battue à plusieurs reprises par les Athéniens, soit lorsqu'elle s'allia avec les Chalcidiens pour rétablir Hiprias à Athènes en 507 *, soit lorsqu'elle voulut empêcher les Platéens d'abandonner sa suzeraineté trop dure, pour se mettre sous la protection d'Athènes, Thèbes fut forcée de renoncer à sa primauté sur les autres villes béotiennes. La présidence du xotvov fioianwv passa pour un certain temps à Tanagre. Les Thébains ressentirent une profonde amertume de cette humiliation; aussi, crurent-ils l'occasion venue de se ven-

ger lorsque les Perses se présentèrent pour marcher sur Athènes : ils se déclarèrent en faveur des barbares et entraînèrent avec eux une partie des Béotiens. A la bataille de Platées en 479, les Thébains se trouvaient, dans l'armée perse, directement opposés aux Athéniens 2. Mais, onze jours après la bataille, les Grecs victorieux se présentèrent sous les murs de Thèbes et forcèrent les habitants à mettre à mort les chefs qui les avaient entraînés dans le parti des Perses 3. C'est ainsi que Thèbes de plus en plus affaiblie, vit les autres villes béotiennes se ranger sous l'hégémonie d'Athènes; elle ne devait se relever que plus tard, en 457, par l'influence de Sparte. Elle commença alors la frappe de ses monnaies qui ont, au droit, le bouclier échancré et au revers l'amphore, emblème du culte de Dionysos.

§ III. — Acrsephia.

Le nom de cette ville revêt chez les auteurs anciens les formes variées qui suivent : 'Axpaicpia, 'Axpatcp tat, 'Axpaîcpiov, 'Axpaîcpvtov, xà 'Axpatcpvia. Elle était sur le bord oriental du lac Copaïs, au pied du mont Ptôon ; c'est aujourd'hui Karditza. Quoique fort ancienne puisqu'elle passait pour avoir été fondée par Athamas ou Acrœpheus, fils d'Apollon, la ville d'Acrsephia ne joua qu'un rôle effacé dans l'histoire. Pausanias dit qu'elle dépendait de Thèbes4 ; cependant elle jouit de l'autonomie politique, au moins avant et quelque temps après les guerres

Médiques, puisqu'elle frappa monnaie dans cette période.

Acrœphia avait un remarquable temple de Dionysos 5; mais on doit surtout mentionner le sanctuaire et l'oracle d'Apollon Ptoos, à 15 stades de la ville (à Perdicovrysi), où des fouilles importantes ont été exécutées. Les nombreuses statues archaïques découvertes par M. Holleaux dans ces fouilles forment, avec l'Apollon d'Orchomène, le premier chapitre de l'histoire de la sculpture en Béotie 6. L'oracle d'Apollon Ptoos fut un de ceux que fit consulter Mar-

\. Voyez ci-dessus, p. 672 et 757.

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