Hérodote, V
TANAGRE
Peu après, les Thébains croyant interpréter un oracle de la Pythie delphique sollicitèrent l'alliance des Ëginètes pour se venger des Athéniens : ils furent défaits encore une fois *. Hérodote n'entre pas dans les détails de cette seconde campagne ; il nous dit seulement que Thèbes fut durement traitée. Vers la même époque, un autre événement nous montre que l'hégémonie de Thèbes était péniblement supportée par les autres villes de laBéotie : les Platéens, impatients de secouer la tutelle thébairie, placèrent spontanément leur ville sous la protection d'Athènes ; il s'ensuivit une nouvelle guerre dans laquelle les Thébains furent encore vaincus 2. Tous ces faits, bien que peu connus, expliquent pourquoi, dans cette période obscure et troublée de l'histoire de la Béotie, c'est à Tanagre que
furent frappées les monnaies du xotvov poicirc&v. Tanagre, sous l'influence athénienne, remplaça Thèbes comme capitale de la confédération.
A n'en pas douter, c'est cette ingérence persistante des Athéniens dans les affaires de la Béotie qui porta les Thébains à se déclarer pour les Perses et à leur faire bon accueil lorsque ceux-ci parurent aux frontières du nord ; nous avons dit plus haut comment Thèbes fut, après Platées en 479, châtiée de cette trahison envers la Grèce. Vers le temps de l'invasion des Perses, Tanagre inaugura, pour le revers de ses statôres, à la place de la roue, le type de la protomé de cheval, emblème probable de Poséidon Onchestios, le dieu protecteur de l'amphictyonie béotienne 3. En voici le plus ancien spécimen :
1373. — Bouclier échancré sur les côtés, le marli orné de rayons.
ï^-. AH— AT (= Tava). Protomé de cheval, bondissant à droite; carré creux.
M 19; stat. éginét., 12 gr. 41 (Paris) Pl. XLI, fig. 28.
La légende TANA(-Y?a''tov) en caractères archaïques et rétrogrades permet de croire que cette pièce est antérieure à 480; cette légende fait, en quelque sorte pendant à la légende 0EBA('<H du statère n° 1325.
Postérieurement à 480 on continua à frapper des statôres au même revers de la protomé de cheval, mais avec une légende dont les lettres sont moins archaïques.