‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 65 sur 1006 · Autres exemplaires, 0 gr. 65; 0,63; 0,61 [Londres · texte numérisé non relu

Autres exemplaires, 0 gr. 65; 0,63; 0,61 [Londres

Sur les monnaies du groupe que nous venons de décrire (n°s 138 à 142), la lête de griffon a remplacé le phoque ou la tête de phoque des pièces de la première série (nos 121 à 137). Mais le griffon ou la tête de griffon n'est pas un emblème exclusif de Phocée. Nous constaterons bientôt qu'il forme le type ordinaire des monnaies de Téos. Cependant, il ne saurait y avoir aucune incertitude de classement pour notre groupe (nos 138 à 142), puisque les pièces qui le composent ont en symbole, derrière la tète du griflbn, un petit phoque. Cet emblème est la marque de râtelier de Phocée comme le thon est la marque de l'atelier de Cyzique.

Comment expliquer l'introduction à Phocée du type de la tête de griffon, emprunté manifestement à Téos? Le repeuplement de Phocée après l'exode de Tan 546 donne la réponse à cette question. Sous Darius (521-486), Phocée était déjà redevenue assez importante pour avoir un tyran.

Comment et par qui s'était effectué ce repeuplement subit? Les historiens ne le disent point; mais la numismatique autorise à croire qne ce fut par Téos; ce sont des Téiens qui vinrent habiter Phocée abandonnée.

Vers le même temps, les Téiens allèrent sur la côte de Thrace fonder Abdère, où ils introduisirent aussi leur type national du

1. B. Head, Calai. Ionia, p. 205, n0* 16, 17 et 18, et pl. IV, 12.

griffon. Puisque nous voyons, à la même époque, le griffon traditionnel de Téos s'introniser à Abdère et à Phocée, il nous est permis de croire que la nouvelle Phocée, elle aussi, ne fut qu'une colonie de Téos. Voilà comment il se fait que l'emblème héraldique des Téiens fait son apparition à Phocée et se substitue au phoque. On comprend aussi, du même coup, pourquoi le phoque se trouve ajouté, derrière la tête du griffon, en symbole accessoire, comme marque spéciale de l'atelier de Phocée.

Après le désastre de Ladé, en 494, et la fuite de Dionysios pour les parages occidentaux, une troisième Phocée se forma et grandit sous l'hégémonie des Perses. La destruction de Milet, de Chios, des villes de Lesbos, lui fut avantageuse; elle devint rapidement prospère. Elle commence, peu après 494, à émettre cette longue et magnifique série d'hectés d'électrum, épaisses, globuleuses, qui, bien avant le milieu du ve siècle, deviennent d'un style si charmant : pièces qui sont aujourd'hui la joie des collectionneurs et étaient célèbres dans l'antiquité même sous le nom de phocaïdes («pwxaiSsç, cpio/aïxoï axaxrtfiç, <rcaxr^zç, cptoxouxai, exxat cpwxatosç) . La frappe en persista jusque vers le temps d'Alexandre 2.

Le classement chronologique des hectés de Phocée est fort délicat; à de rares exceptions près, on n'a pour guide que le

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