Hérodote, I, 46 et suiv. et
4. Hérodote, II, 180; V, 62; Schœmann, Antiquités grecques, t. II, p. 36.
DELPHES
sont moins anciennes que les premières séries phocidiennes qui ont un carré creux sans type, au revers. Il n'est pas possible même, d'après leur style avancé, de les faire remonter jusqu'à la reconstruction du temple qui suivit l'incendie de 548. M. Svoronos place le début du monnayage delphique vers l'an 520; je crois plus prudent de descendre après 500 et même de lui assigner environ la date de 490, en consi-
dérant ses plus anciens et plus remarquables produits (nos 1392 et 1393) comme émis, à l'instar du décadrachme d'Athènes, à la suite de la victoire de Marathon, et pour la célébrer La tête de bélier, la tête de bouc, le trépied, la patère lustrale sont des types qui font allusion aux sacrifices offerts à Apollon, soit pour se rendre le dieu propice et apaiser son courroux, soit plutôt à titre d'actions de grâce.
1392. — DAA0IKOM (rétrograde). Deux tètes de béliers juxtaposées, la section du cou ornée d'un grènetis; dans le champ, deux dauphins. Grènetis.
1^. Grand carré creux partagé en quatre compartiments par une large croix à branches égales ; chacun des compartiments est encadre de trois carrés inscrits et en retrait les uns sur les autres; au centre de chacun d eux, un dauphin en diagonale.
JR. 28; tridrachme éginétique, 17 gr. 90 [Paris) Pl. XLII, fig. 16; — autre ex., 18 gr. 07 [Berlin) 2.
1393. — DA/0IKOM. Tête de bélier à dr. ; dessous, un dauphin. Grènetis. Ç*-. Carré creux partagé en quatre compartiments comme le précédent,
mais dans chaque compartiment, il y a une croisette à la place du dauphin. JR 22 ; didrachme éginétique, 12 gr. 08 (Londres) Pl. XLII, fig. 19 \
On a pensé, peut-être trop ingénieusement, que le revers des deux pièces (nos 1392 et 1393; représente le plafond lambrissé du temple d'Apollon, les cpa*cvt&- [iolich ou caissons (lacunaria, laquearia) \ La forme archaïque des lettres atteste que ces curieuses pièces remontent au début du ve siècle. Il est à peine conjectural de les
rapporter à la victoire de Marathon. Qu'y a-t-il de plus rationnel, en effet, que de supposer les Athéniens faisant au dieu de Delphes, après Marathon, de riches présents avec une partie du butin pris sur les Perses, comme ils le firent après Salami ne et Platées? C'est donc avec l'argent ainsi offert au trésor sacré de Delphes et à l'occasion
1. A. de Sallet a proposé pour ces grandes pièces le début du ve siècle. Zeit. fiir Num., t. XIII, p. 61.
2. Henri de Longpérier, dans la Revue numismatique de 1869-1870, p. 149; A. de Sallet, Zeit. fur Numism., t. XIII, p. 61 et pl. 111, I; Head, Hist. num., p. 288 ; Svoronos, Bull, corresp. hellén., t. XX, 1896, p. 23, no 18 et pl. XXV, fig. 34 et 35.