VI
La très ancienne ville de Phères (*épat) se trouvait à l'extrémité sud-est de la Pélasgiotide, non loin du lac Bœbéis, à l'ouest du mont Pélion. Elle était à 90 stades de la petite ville de Pagases qui lui servait de port sur le golfe Pagaséen 2. Dans la donnée mythologique, Phères est fameuse comme ayant été la résidence d'Admète et de son fils Eumélos 3. Mais on ne sait rien de l'histoire de Phères avant le dernier tiers du ve siècle, époque où cette ville se déclara du parti d'Athènes, au début de la guerre du Péloponnèse 4. Phères avait alors, comme antérieurement sans doute, un gouvernement aristocratique et Lycophron, tyran de Phères, aspirait à la domination sur la Thessalie
Phères.
toute entière 5.
Au nord de la ville se voyait, jaillissant d'un rocher, la fameuse fontaine Hypérée (Tuepsia) 6, qui est représentée sur les monnaies sous la forme d'une tête de lion de la gueule duquel jaillit une nappe d'eau. C'est un aspect de la légende relative à cette fontaine que nous présentent les monnaies dont le type est une protomé de cheval s'élançant des flancs d'un rocher. Ici, nous avons une allusion directe au mythe de Poséidon rapporté plus haut : ces images monétaires attestent que Poséidon Hippios était honoré à Phères d'un culte particulier 7.
Les plus anciennes monnaies de Phères remontent à peine à 480.
1427. — Le héros Thessalos nu, le pétase rejeté sur la nuque, domptant un taureau qu'il saisit par les cornes et qui bondit à droite. Grènetis.
OEfcA. Cheval bridé, s'élançant au galop à gauche, sa longe trainant à terre; dans le champ, à droite, l'orifice de la fontaine Hypérée, sous la forme d'une tête de lion d'où s'échappe un jet d'eau. Carré creux.
1. W. Wroth, Num. Chron., 1891, p. 123. 5. P. Monceaux, Fastes éponymiques, p. 16.
2. Strabon, IX, 5, 15. 6. Pindare, Pyth., IV, 221 ; Strabon, IX, 5, 18 ;