‹ Traite des monnaies grecques et romaines; (volume 2)Chapitre 733 sur 1006 · POTIDÉE · texte numérisé non relu

POTIDÉE

L'attribution de ces dernières pièces à Scioné (nos 1634 et 1635) n'a été fixée que tout récemment, grâce à la découverte de l'exemplaire reproduit sur notre pl. LU, fig. 4, où la légende, parfaitement lisible, paraît bien être 2KI0- Auparavant, ces pièces ont été attribuées d'abord à une prétendue ville de Cithron en Thessalie 4, puis à Cithos de Lesbos ou aux incertaines de cette île 2. Sur la foi de ces dernières attributions nous avons fait reproduire un

exemplaire de ces pièces au milieu des monnaies de Lesbos, sur notre pl. XV, fîg. 11 3. Mais l'attribution à Scioné est confirmée par l'observation suivante : après les batailles de Platées et de Mycale en 479, et l'expédition de Gimon sur les côtes de Macédoine, Scioné devenue membre de la symmachie athénienne 4, comme ses voisines, frappa des monnaies qui ont, au revers, le même casque accompagné de la légende IKifl, et plus tard, IKinNAlHN.

§ XIX. — Potidée.

Potidée (n<m$«ia) en Chaleidique, sur la côte du golfe Thermaïque, au point où la péninsule de Pallène se rattache au continent, fut originairement une colonie de Corinthe. Son nom, remarque M. Head, dérive clairement de celui de Poséidon, d'où le type de Poséidon sur ses monnaies 5. Mais bien que la ville fut un port de mer, c'est Poséidon Hippios, c'est-àdire le Poséidon qui, des régions macédoniennes et thessaliennes, passa successivement en Béotie et en Arcadie au cœur du Péloponnèse. C'est le dieu des sources jaillissantes dont le cheval est le symbole ; nous en avons expliqué plus haut l'origine, le mythe et les attributs 6.

Lors de la retraite lente et vengeresse des Perses à travers la Macédoine et la Thrace, après Platées, en 479, le satrape Artabaze vint, au nom de Xerxès, assiéger Potidée qui s'était déclarée pour les Grecs. La ville ne dut son salut qu'à une intervention de Poséidon qui, par un énorme flux et le reflux de la mer, fit périr une partie des assaillants. Les Perses avaient, disait-on, mérité ce châtiment divin en profanant le temple et la statue de Poséidon qui se trouvaient en avant de la ville (êv t^j 7rpoa<7T£ty) 7. On doit croire que c'est l'image de cette statue de Poséidon Hippios qui figure sur les monnaies de Potidée 8.

1. A. de Longpérier, Œuvres, publiées par G. Schluniberger, t. II, p. 58.

2. B. Head, Hist. numor., p. 486; Imhoof-Blumer, Monn. grecq., p. 277 et pl. E, 27; W. Wroth, Catal. Troas, p. 174.

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